La promesse brisée

Le gouvernement Couillard est surpris de l’ampleur de la réaction à sa décision de moduler les tarifs de garderie. On est surpris qu’il le soit, car voilà huit mois à peine le Parti libéral avait pris en campagne électorale l’engagement ferme de se limiter à indexer ces tarifs au taux d’inflation, cela tout en vitupérant contre la décision du gouvernement Marois de les hausser de 2 $ par jour.

Les électeurs auraient-ils voté contre le Parti libéral s’ils avaient su que cette promesse serait reniée ? Bien malin qui saurait le dire. Personne bien sûr ne s’attendait à ce que le gouvernement Couillard respecte tous ses engagements. Aucun gouvernement ne l’a fait. Mais d’entendre le premier ministre Philippe Couillard invoquer la réalité des finances publiques qu’il a découverte en arrivant au pouvoir étonne pour le moins puisque juste avant l’élection, les libéraux avaient contesté les prévisions budgétaires du gouvernement Marois et l’avaient forcé à se plier à une vérification de ses états financiers. Difficile de croire qu’il n’entretenait aucun doute quant à sa capacité de tenir cette promesse.

Aujourd’hui, le gouvernement est un peu paniqué. Il ne peut se permettre de reculer devant cette réaction alors qu’il se prépare à imposer aux Québécois une série d’autres décisions difficiles pour peu qu’il maintienne son objectif d’atteindre l’équilibre budgétaire dès l’exercice 2015-2016. Déjà, il avait un peu perdu la face une première fois dans le dossier des conservatoires de musique où il n’avait pu faire accepter la réforme proposée par la ministre de la Culture.

Si la transparence, dont il avait beaucoup parlé en campagne électorale, n’est pas un vain mot, le premier ministre doit mettre cartes sur table. Dire d’abord que ses promesses électorales ne tiennent plus, si ce n’est celle de rétablir l’état des finances publiques. Puis présenter un portrait global des réformes qu’il envisage. On devine qu’il a senti le besoin de mieux communiquer puisqu’une conférence de presse de la présidente de la Commission de révision des programmes, Lucienne Robillard, a été convoquée in extremis pour dimanche.

Cette conférence de presse devrait être l’occasion pour le gouvernement d’ouvrir son jeu et d’expliquer la démarche suivie pour établir ses priorités. Dans le dossier des garderies, il ressort que les impératifs financiers ont été déterminants. La ministre responsable a admis qu’aucune étude d’impact des changements apportés n’a été menée sur la participation des femmes au marché du travail. Si c’est ainsi que toutes les décisions sont prises, cela est inquiétant. La situation des finances publiques est-elle à ce point grave qu’on ne puisse prendre le temps de peser les choix à faire ? Les électeurs pourraient mieux comprendre que le gouvernement renie ses promesses électorales à la condition si on leur démontre qu’on n’est pas chaque fois en train de jeter le bébé avec l’eau du bain.

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1 commentaire
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 24 novembre 2014 05 h 44

    Surpris

    Certainement qu'il est surpris, habituellement quand ce docteur opère, le patient est sous perfusion et endormi.
    La question qui se pose maintenant est : Le sommes-nous ?

    Bonne journée.

    PL