Le Montréalais

Marcel Côté était perçu par plusieurs comme un militant, ce qu’il était bien sûr. Ce fédéraliste convaincu était un conservateur sur le plan économique. Il ne cachait surtout pas ses convictions. Tout au contraire, il les défendait vigoureusement et aimait se faire provocateur. Il n’y a pas de débats auxquels il n’a pas participé, tant politiques qu’économiques. Surtout ces derniers, en raison de sa formation d’économiste et des nombreuses études qu’il dirigea pour des entreprises et des gouvernements québécois, surtout libéraux, depuis la firme de recherche Secor qu’il avait cofondée.

 

Ce en quoi il croyait le plus, surtout ces dernières années, est Montréal, à tel point qu’il décida de se porter candidat à la mairie à l’élection de novembre dernier, s’appuyant sur une coalition arc-en-ciel de fédéralistes et de souverainistes, pour promouvoir sa vision du développement de la métropole québécoise. Même s’il avait fréquenté le monde politique toute sa vie, ce n’était pas un politicien. Sa campagne fut une anti-campagne aussi catastrophique, car il fut bon dernier, que rafraîchissante. Candide, il avait avoué qu’il ne recherchait pas un job, celui de maire. Ce poste n’était qu’un moyen pour mettre en oeuvre des idées.

 

Et des idées pour Montréal, cette machine à idées qu’était Marcel Côté en avait tant (et parfois trop) que celui qui devait gagner cette élection, Denis Coderre, ne cessait de les reprendre et de vouloir s’associer à cet intellectuel, ce qui finit par arriver au lendemain des élections. Car si Marcel Côté était d’abord un économiste, sa vision de la ville influencée par l’urbaniste américaine Jane Jacobs était englobante. Il voyait la ville comme un écosystème dont il fallait nourrir et orienter tous les éléments pour en faire un milieu de vie convivial. Il promettait une « révolution tranquille » à l’hôtel de ville pour réformer des services administratifs dont la lourdeur était devenue un boulet pour le développement économique de la ville.

 

Cette campagne électorale le sortit de l’ombre où il avait oeuvré jusque-là, le projeta sur le devant de la scène, mais il était depuis déjà longtemps engagé dans l’action, tout particulièrement dans le milieu culturel. Montréal, ville de savoir et de créativité était plus qu’un slogan. Il en avait fait le lieu privilégié de son militantisme, participant, toujours bénévolement, à des conseils d’administration de petits comme de grands organismes pour les aider à porter des projets, organisant des campagnes de financement auxquelles il contribuait personnellement ou allant frapper aux portes des gouvernements. Ce Montréal de la culture était sa passion. À ses yeux, elle incarnait l’avenir de sa ville.

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