L’Ontario ose

Le NPD ayant refusé d’appuyer le budget du Parti libéral minoritaire de Kathleen Wynne, les Ontariens iront aux urnes le 12 juin. Au centre des enjeux, la création d’une caisse de retraite publique complémentaire au Régime de pensions du Canada. De quoi inspirer nos libéraux québécois frileux.

En décembre dernier, le gouvernement de Stephen Harper mettait fin de façon abrupte aux discussions entreprises avec les provinces pour bonifier le Régime de pensions du Canada (RPC) et par conséquent celui du Québec, le Régime des rentes du Québec (RRQ). Même si le Québec pourrait très bien aller de l’avant seul pour améliorer la couverture du régime, il vaut mieux que l’un et l’autre soient harmonisés pour faciliter la vie des salariés et des entreprises.

 

À cause de ce refus d’Ottawa qui a choisi la voie de l’épargne volontaire gérée par le secteur privé, les libéraux ontariens ont décidé de prendre les devants en proposant à leurs électeurs la création d’un tout nouveau régime public complémentaire auquel participeraient et contribueraient les employés et les employeurs là où il n’existe aucun régime collectif.

 

À l’heure actuelle, le RPC-RRQ fournit une rente à vie, indexée annuellement, qui couvre l’équivalent de 25 % du salaire de fin de carrière d’un retraité. Ce qui est nettement insuffisant pour vivre.

 

Grâce au régime proposé, un salarié ontarien dont le revenu est de 45 000 $ recevrait 17 090 $ de prestations par année après 40 ans de contributions, soit 10 680 $ du RPC et 6410 $ du nouveau régime provincial, pour une couverture de près de 40 % de son revenu de travail.

 

Comme les salariés et leur employeur verseraient chacun 1,9 % du salaire jusqu’à 90 000 $ par année, contrairement au RPC qui s’arrête à 52 000 $, la rente perçue pourrait atteindre 25 300 $, soit le maximum actuel du RPC qui est de 12 500 $ et le complément maximum de 12 800 $ du régime provincial.

 

Conçu pour s’harmoniser à terme avec le RPC, le plan ontarien pourrait être repris par un gouvernement fédéral plus ouvert au changement si les autres provinces adhéraient aussi à l’idée.

 

Le Québec, qui gère son propre régime des rentes en harmonisant ses paramètres avec celui du Canada, pourrait suivre l’exemple ontarien.

 

Le gouvernement du Parti québécois a rejeté du revers de la main la proposition du rapport D’Amours de créer une « rente de longévité » qui ne plaisait pas non plus au reste du pays.

 

Quant au Parti libéral qui avait créé la commission D’Amours, il n’a jamais été chaud à l’idée de bonifier le RRQ à cause du coût pour les entreprises et de l’apparence de taxe déguisée pour les salariés.

 

Tous les deux ont donc préféré suivre Ottawa en lançant le Régime volontaire d’épargne-retraite (RVER) auquel les entreprises de plus de 5 employés sans régime collectif existant devront inscrire leur personnel à partir de 2017.

 

Malheureusement, parce que l’employeur n’aura pas à contribuer à la caisse, que les fonds confiés au secteur privé coûteront plus cher à administrer et que les employés pourront s’en retirer facilement, la formule est vouée à l’échec. D’autant qu’à 25 ou 30 ans, l’idée de préparer sa retraite apparaît encore comme le plus ringard des choix financiers à cause de cette vie devant soi qui conserve ses airs d’éternité.

 

Le projet ontarien ne fera sans doute pas long feu si le parti de Mme Wynne est battu le 12 juin prochain. Ce serait malheureux puisque voilà un compromis intéressant pour accroître massivement l’épargne des prochaines générations.

3 commentaires
  • Gilles Théberge - Abonné 6 mai 2014 07 h 20

    Vous avez raison

    Oui, à 25 ou 30 ans épargner pour la retraite peut sembler être une idée saugrenue. C'est vrai qu'on à la vie devant soi. Mais c'est vrai aussi qu'à cet âge, on a pas tant que ça d'argent, et qu'on a bien des dépenses en perspectives.

    Ça fait longtemps que ma maison est payée vous savez...

  • Yves Corbeil - Inscrit 6 mai 2014 10 h 30

    Régime de pension

    Ces programmes était passablement nouveau quand j'étais jeune et comme plusieurs je n'y ai pas adheré. J'avais tellement de projets et de choses à me procuré que j'ai même négligé le programme de la compagnie qui n'était pas obligatoire quel erreur. Je me disais c'est aujourd'hui que j'ai besoin de mon argent pas quand je vais être vieux et plus capable d'en profiter.

    Alors comme parent aujourd'hui nous avons le devoir de renseigner nos enfants à ce sujet et plusieurs d'entre nous seront la preuve vivante que si tu fais rien aujourd'hui tu va en payé le prix plutard car pour beaucoup d'entre nous on est plutard.

    Ta compagnie t'offre un plan, il y en a même qui contribue à égalité jusqu'à un certain pourcentage, pose toi pas de question embarque au maximun. L'argent qu'on ne voit pas ca fait pas mal et on s'habitue a vivre avec ce que l'on a dans son compte.

    Pour tous ceux qui en on les moyens il faut faire un effort, même un petit montant ca va faire des petits avec le temps.

    Et pour ceux ou c'est vraiment impossible d'épargner le moindre sous, nos dirigeants doivent faire le maximun pour sensibilisé le 10% de notre population qui en font trop.

    La distribution doit être plus juste et de toute façon ça prends pas un cours en économie pour comprendre que tout cet argent sera retourné dans l'économie car nous sommes des consonmateurs avant tout, donc la roue va tourné plus.

  • Simon Chamberland - Inscrit 6 mai 2014 21 h 35

    Commençons par la base

    Les moins de 40 ans ne devraient pas faire confiance au RRQ ou au RPC. Il n'est pas certain qu'il restera de quoi à leur retraite. Alors avant de bonifier, pouvons nous commencer pas s'assurer que les jeunes contribuants auront la base à leur retraite ? Parce que présentement, avoir 25 % du salaire à la retraite c'est inespéré.