Le fédéraliste

Philippe Couillard a été économe de mots durant la campagne électorale. Il a égrené ses promesses électorales au jour le jour sans toutefois les rassembler dans un programme présentant sa vision de l’avenir du Québec. Sur des sujets vitaux, comme les relations fédérales-provinciales, qui par définition sont un élément majeur de l’activité gouvernementale, on ne sait rien ou presque de l’attitude qu’il adoptera. Comme tous les premiers ministres du Québec qui l’ont précédé, il lui faudra un jour monter au front constitutionnel. Le fédéraliste inconditionnel qu’il est aujourd’hui le sera-t-il un peu moins, comme cela est arrivé aux Daniel Johnson père, Jean Lesage, Robert Bourassa ?

 

Dans son premier discours postélectoral, le premier ministre élu a déclaré jeudi qu’il entend faire du Québec un « partenaire très actif » du Canada, ce qui ne nous en dit pas plus, sinon qu’on doit comprendre que c’en est terminé de la gouvernance souverainiste du gouvernement Marois. Mais encore ?

 

À moins qu’il veuille que le Québec soit une province comme les autres, Philippe Couillard fera sans doute comme tous ses prédécesseurs. Il défendra les compétences et pouvoirs du Québec, réclamera sa juste part des budgets de la péréquation et du financement des programmes de santé et d’éducation postsecondaire et exigera le respect des compétences du Québec.

 

C’est ce qu’a fait le gouvernement souverainiste de Pauline Marois en prenant le leadership d’un front commun des provinces contre la décision d’Ottawa de rapatrier le contrôle des programmes de formation de main-d’oeuvre. Cela s’est conclu à la veille du déclenchement des élections par une entente particulière pour le Québec. C’est aussi ce qu’avait fait le gouvernement libéral de Jean Charest en septembre 2004 en obtenant du gouvernement fédéral une entente particulière sur la santé laissant le Québec définir ses propres priorités et objectifs. Le communiqué officiel faisait état d’un fédéralisme asymétrique permettant l’existence d’ententes et d’arrangements adaptés à la spécificité du Québec. Ce n’était pas la première entente asymétrique à être signée, mais c’était la première fois que l’on consacrait l’expression fédéralisme asymétrique dans un texte officiel, ce que Jean Charest avait présenté comme une percée.

 

Le problème avec Philippe Couillard, c’est que dans le peu qu’il a dit, on trouve une chose et son contraire. Ainsi, il affirmait à l’automne 2012 partager les vues du constitutionnaliste et ancien ministre libéral Benoît Pelletier, qui lui-même se définit comme un autonomiste. Depuis, il s’en est distancé. En campagne, il a promis un jour de prendre le bâton du pèlerin pour convaincre le Canada de réintégrer le Québec dans la Constitution. Le lendemain, il retraitait, laissant entendre qu’il ne voyait pour les quatre prochaines années que le statu quo. Tout cela est pour le moins ambigu. Maintenant qu’il est premier ministre, il doit donner un signal clair quant à ses ambitions. La personne à qui il confiera le ministère des Relations fédérales-provinciales nous donnera une première indication à cet égard.

13 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 18 avril 2014 22 h 04

    Un fédéraliste

    "J'irai vous défendre à Ottawa."
    Pourquoi doit-il toujours nous défendre quand un premier ministre fédéraliste québécois va à Ottawa?

  • Jean-François - Abonné 19 avril 2014 05 h 19

    Couillard couillonné...

    Plus les jours passent, plus Philippe Couillard semble couillonné pour constituer son conseil des ministres; son "beau" problème de cette semaine semble de plus en plus être une chasse aux sorcières.

    Propre, pas popre?

    Là est la question!!!

  • Normand Carrier - Abonné 19 avril 2014 07 h 05

    Signera-t-il la constitution sans conditions ?

    Dans le peu qu'il a dit , Couillard a affirmé qu'il ferait en sorte de reprendre le dialogue sur le rapatriement unilatérale de la constitution .... Mais comme il y a unanimité au Canada anglais de ne rien donner au Québec et de ne rien discuter , Couillard est rentré dans sa tanière et il faudra savoir combien de temps entrera-t-il en hibernation ?
    Le seul choix que le ROC lui laisse est d'être une province comme les autres ou de quitter la fédération ...... Nous sommes tous anxieux de connaitre ses positions face au contentieux fédérale-provinciale dont ont eu a faire face tous les premiers ministres du Québec tous partis confondus .....

    • Gilles Théberge - Abonné 19 avril 2014 10 h 28

      Il ne le fera pas. Il faudrait que les autres le veuillent. Il faudrait qu'il y ait débat. Il faudrait qu'il y ait négociations. Il faudrait que l'on gagne quelque chose sinon à quoi ça sert ? Or l'expérience passé a démontré que dans toutes les négociations avec le Canada, le Québec a soit reculé soit s'est vu offrir des broutilles insignifiantes.

      Et dans toute négociation avec le fédéral sur leplan constitutionnel, le Québec a fait face à un refus quand c'était René Lévesque qui négociait pour nous, et Bourassa qui était quand même Québécois a perdu lui aussi.

      Quelqu'un pense-t-il que Couillard qui est le plus fédéraliste des politiciens Québécois va se battre pour transformer un Canada qui lui convient parfaitement?

      Voyons donc!

  • Claude Smith - Abonné 19 avril 2014 08 h 10

    Je trouve cela assez curieux

    Alors que les médias ne cessaient de taper le clou sur le référendum pendant la campagne électorale, ils ont été beaucoup moins persistants au sujet de la position du parti libéral dans sa relation avec le fédéral notamment sur le pla constitutionnel.


    Claude Smith

  • Jean Lapointe - Abonné 19 avril 2014 09 h 23

    Il n'a pas de pensée organisée et structurée.


    Il m'apparaît manifeste que Philippe Couillard n'a pas de pensée organisée et structurée sur le Québec.

    On le dit intelligent. Il semble se croire lui-même intelligent mais il y croit tellement qu'il semble penser qu'il n'a pas avoir à faire l'effort de s'informer avant de prendre position sur un sujet quelconque. Il se contredit donc sans s'en rendre compte.

    C' est comme si le monsieur pensait qu'il a la science infuse alors qu'il dit n'importe quoi. Il est tellement imbu de lui-même qu'il ne semble pas être conscient de ses propres limites.

    Il doit y avoir pourtant quelques personnes réellement intelligentes au sein du Parti libéral. Comment ces gens-là peuvent-ils accepter d'avoir un chef aussi ignorant sans rien dire et sans rien faire?

    C'est complètement irréel.

    • Clermont Domingue - Abonné 19 avril 2014 11 h 45

      Monsieur Lapointe,les Libéraux se sont contentés de Jean Charest.C'est tout dire. ( Je crois que le mot *avoir* est de trop dans votre deuxième paragraphe) Clermont Domingue

    • Veronica Gresini - Inscrite 21 avril 2014 14 h 55

      Qui il est - surévalué ou pas - fait amplement l'affaire, car avec lui : pas de référendum. Le reste n'est que broutilles... immobilisme et bonne morale des familles... depuis 150 ans, disent-ils....