Et la culture… ?

Le Conseil québécois du théâtre s’est invité dans le débat électoral en proposant à des personnalités publiques de rêver à haute voix sur le thème « si j’étais ministre de la Culture ». Belle idée, mais inutile de dire qu’aucun politicien ne s’est prêté au jeu. Même leurs interventions sur la culture dans le cadre de la campagne électorale ont été de l’ordre de l’exception.

Seul le Parti québécois a fait état d’engagements qui peuvent se rapprocher d’un programme culturel structuré. Il a pu s’inspirer des politiques initiées pendant ses 18 mois au gouvernement, dont une stratégie culturelle numérique plutôt bien accueillie. Québec solidaire, qui comme le PQ compte sur l’appui des milieux culturels, s’est engagé à promouvoir l’accessibilité à la culture.

À la Coalition avenir Québec et au Parti libéral, ce fut par contre le silence radio. Le mot « culture » revient souvent dans leur discours, mais c’est pour parler de la « culture de gestion du privé » à adopter en santé et en éducation pour dénoncer la « culture syndicale ». La culture avec un grand C ne fait pas partie de leur stratégie électorale, dont le cœur est la relance de l’économie et le redressement des finances publiques. Facile de comprendre qu’un futur ministre de la Culture caquiste ou libéral sera le parent pauvre de son gouvernement.

Le chef libéral, Philippe Couillard, l’a bien dit mercredi. Alors qu’on lui demandiait s’il comptait reconduire la stratégie culturelle numérique mise en œuvre par le ministre Maka Kotto, il répondit que tout dépendrait de l’état des finances publiques. Il n’y a pas de surprise là puisque même le gouvernement Marois n’a pas su tenir la promesse faite en 2012 d’augmenter de 13 millions le budget du Conseil des arts et des lettres.

Un gouvernement même désargenté peut néanmoins s’engager fermement pour la culture. L’argent n’est pas tout. Aujourd’hui, un des besoins les plus pressants a trait à la révision des politiques culturelles. En 1992, le Québec s’était doté d’une politique culturelle qui a depuis servi de feuille de route au développement de toutes les sphères de la culture québécoise. Par la force des choses, cette politique est 22 ans plus tard de moins en moins actuelle, ne serait-ce qu’en raison de l’irruption du numérique dans la culture, tant sur le plan de la création que de la diffusion. Sa mise à jour constituerait un nouveau point de départ.

De cela, pas un mot dans la plateforme du Parti libéral. Un simple oubli ? Si oui, c’est tout de même un oubli aussi impardonnable qu’incompréhensible de la part du parti à qui on doit cette politique culturelle de 1992. Ou est-ce « autres temps, autres priorités » ?
 
2 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 3 avril 2014 23 h 15

    Les vraies affaires

    Quelle importance a la culture quand la «classe affaires» est au pouvoir?
    «Ensemble, on s'occupe des vraies affaires»: ce slogan a le mérite d'appeler un chat, un chat.

  • Benoit Moreau - Inscrit 4 avril 2014 07 h 39

    Pas important

    Comme la langue ou la Charte, on s'en fout. C'est juste l'argent qui compte. Le jour n'est pas loin où le Devoir disparaitra lui aussi.