La dérive

Que la campagne électorale s’enlise ! On croyait qu’elle porterait sur la charte de la laïcité, elle a viré référendaire avant de faire un retour en arrière, toutes voiles dehors sur l’intégrité, comme si on était encore en 2012. Quels clichés tout cela augure pour le débat de ce jeudi soir !

Les gros mots et les accusations circulent si vite ces derniers jours qu’on ne sait plus trop qui a commencé. Philippe Couillard qui se fait le parangon de la transparence personnelle et qui se fait prendre la main dans un paradis fiscal ; François Legault qui dénonce la m… dans le camp libéral et les quotas de financement imposés aux députés péquistes ; le Parti québécois qui se plaint au Directeur général des élections à propos d’une activité de financement libérale datant d’avant 2012 sur laquelle enquête pourtant l’Unité permanente anticorruption…

 

Et tout ce beau monde se répond et en remet, exploitant au maximum les révélations journalistiques, comme celle qui a permis d’apprendre que le Parti québécois a aussi été rencontré par l’UPAC. Tout pour distraire l’électorat.

 

Il n’y a d’abord rien d’étonnant à ce que la direction du PQ ait été rencontrée par l’UPAC. Québec solidaire, qui l’a rappelé hier, avait elle-même démontré en 2010 que le recours aux prête-noms dans les firmes de génie-conseil avait servi à financer PLQ, PQ et ADQ. Tous n’étaient pas également atteints, mais tous étaient touchés. C’est pourquoi d’ailleurs le mandat de la commission Charbonneau vise large.

 

L’automne dernier, on avait appris que l’UPAC avait mené une perquisition à la permanence du PLQ en juillet, puis avait rencontré des anciens élus de même que le chef actuel, Philippe Couillard, et la directrice générale du parti. M. Couillard avait fait valoir qu’il s’agissait de « conversations de nature administrative » et les libéraux avaient bien expliqué la distinction entre perquisition, rencontre et interrogatoire. La réaction de Pauline Marois avait alors été sobre : « Je souhaite tout simplement que la justice suive son cours. » Et c’est le cas.

 

C’est maintenant le tour du PQ d’être rencontré pour se faire questionner sur sa structure de financement, comme le PLQ l’a été. Le PQ n’a par contre pas fait l’objet de perquisitions. Mais on est en campagne électorale, donc sobriété et retenue ne sont plus au rendez-vous. Philippe Couillard laisse dorénavant à la police le soin de faire les nuances entre ses différents types d’intervention et il ne craint pas de laisser entendre que d’autres opérations policières pourraient survenir au PQ. Des insinuations comme cela déplaisait tant à M. Couillard cet automne.

 

Même scénario du côté de François Legault et sa « révélation » des 80 000 $ qu’il devait aller chercher pour le parti quand il était ministre péquiste. Pourquoi ne pas nous avoir raconté cela aux élections de 2012, alors que se répétait à qui mieux mieux que le gouvernement Charest, lui, imposait une récolte de 100 000 $ à ses ministres ? La mémoire a été longue à lui revenir.

 

Et ne parlons pas de la plainte du PQ au DGE sur les 428 000 $ récoltés lors d’un événement de financement libéral ! La police enquête déjà, avec des moyens autrement plus importants que ceux du Directeur général des élections. Si le PQ s’inquiète tant du financement du PLQ, il n’avait qu’à laisser travailler la commission Charbonneau plutôt que de déclencher des élections.

 

Mais dans cette campagne sans argument, on est revenu au jeu de qui lavera le plus blanc. « Montre-moi tes revenus, ton patrimoine, ton argent » est le nouveau défi à relever, lancé par M. Couillard. Mal lui en prit. Les journalistes l’ont pris au mot et Radio-Canada révélait en fin de journée mercredi qu’il avait bénéficié des bons soins d’une banque de l’île de Jersey. On peut placer son argent légalement dans les paradis fiscaux, mais reste que ça fait mauvais genre auprès d’électeurs à qui on répète que l’État n’a pas d’argent. Vraiment, tout cela fait désordre et grand oubli des citoyens.

68 commentaires
  • Gaetane Derome - Abonnée 27 mars 2014 02 h 22

    L'oubli des citoyens.

    Justement quand on parle de ce probleme d'evasion fiscale,est-ce qu'on peut imaginer que c'est un premier ministre qui lui-meme profite des paradis fiscaux qui aidera a regler ce probleme? Et la,on oublie vraiment tous les citoyens de la classe moyenne qui paient des impots a l'Etat,financent les programmes sociaux et qui ne placeront jamais leur argent dans de tels endroits,de toute facon apres avoir tout paye ils n'en ont plus.
    L'evasion fiscale,ce sujet ne serait surement meme pas aborder s'il y a election de M.Couillard.

    • Cyril Dionne - Abonné 27 mars 2014 07 h 34

      Vous avez raison Mme Derome. M. Couillard n'est pas éthiquement outillé pour être premier ministre. Ce n'est pas seulement dû au fait qu'il a caché de l'argent dans un paradis fiscal, de sa relation nébuleuse avec Arthur Porter, des nombreuses magouilles au sein du Part libéral du Québec, mais de son comportement comme médecin après avoir profité d'un système d'éducation qui l'a formé et qui a payé 90% des ses coûts pour ensuite prendre le chemin de l'Arabie saoudite, pays notoirement reconnu pour son peu d'égard envers la démocratie, pour faire tout simplement de l'argent.

    • Maurice Turcot - Inscrit 27 mars 2014 07 h 46

      Sauf que M couillard n'était plus résident du Québec et n'y recevait aucun service. Tous mes expatriés devraient continués de payer des impôts ici???

    • Michel Savard - Inscrit 27 mars 2014 12 h 04

      Erreur, madame derome, ce n'était pas de l'évasion fiscale.

      On ne parle pas ici de quelqu'un qui travaille au Québec et qui place ses avoirs dans un paradis fiscal à l'extérieur; ça, c'est de l'évasion fiscalepar rapport au Québec. M. Couillard ne travaillait pas au Québec.
      De plus, M. Couillard a payé de l'impôt au Québec sur ce qu'il avait gagné à l'extérieur. Où est le problème ?

      Finalement, sachez que l'île de Jersey a été sur la liste noire des paradis fiscaux seulement en l'an 2000, soit 5 ans après que M. Couillard avait quitté !

    • J-F Garneau - Abonné 27 mars 2014 13 h 29

      Mme Derome, M. Couillard était non-résidant. Seul les Etats-Unis imposent leurs citoyens non-résidents peu importe où ils habitent.
      Cela n'a absolument rien à voir avec l'évasion fiscale.

    • Gaetane Derome - Abonnée 27 mars 2014 16 h 08

      M.Savard et M.Garneau,
      Il me semble que vous jouez avec les mots,a mon sens un paradis fiscal qu'il ait ete legal ou pas un certain temps,est un paradis fiscal.Vous parlez de lois,moi je parle d'integrite et de conscience.

    • Bernard Plante - Abonné 27 mars 2014 16 h 50

      «Cela n'a absolument rien à voir avec l'évasion fiscale».

      Non, cela indique simplement le niveau des valeurs d'une personne qui prétend pouvoir gérer les avoirs de l'ensemble des Québécois!

      Rien d'illégal. Juste immoral.

    • Olivier Mauder - Inscrit 27 mars 2014 19 h 12

      @ Maurice Turcot et J-F Garneau

      Sauf que Couillard n'a payé ni impôts en Arabie saoudite, ni impôts au Canada. Quand on voit qu'en tant que salariés, on est ponctionnés jusqu'à 50 % !

      Un potentiel premier ministre ne peut pas se comporter ainsi. On se rappelle l'affaire Cahuzac en France, ministre qui a mis son argent en Suisse.

    • Jean-Philippe Delorme - Inscrit 27 mars 2014 23 h 54

      En attendant, ne pas déposer son argent au pays est la démonstration d'un manque "crasse" de patriotisme car l'argent déposé dans nos banques leur permet d'accorder plus de prêts qui font rouler NOTRE économie. Cours d'économie 101. Ignorant ou cachottier; et ça veut être chef d'état....

  • Carole Jean - Inscrite 27 mars 2014 03 h 14

    Corruption quand tu nous tiens ! Ou corruption un jour, corruption toujours !


    Merci Mme Boileau de nous aider à y voir clair, car ce n’est guère facile. La tête nous tourne devant tant de révélations.

    En effet, quelle drôle de campagne électorale ! On ne sait plus où on s’en va. Comment pourra-t-on voter en toute connaissance de cause quand on semble sortir un chat du sac à chaque jour ? Combien de choses allons-nous apprendre après les élections ? Mais alors, on n’y pourra rien. Il y a risque que nous soyons royalement floués par cette élection qui, comme vous le dites, s’enlise.

    Est-ce que les politiciens vont commencer à répondre clairement aux questions et à nous dire toute la vérité ? Qui sont-ils ? Qu’ont-ils fait ? Que feront-ils s’ils sont élus ? Et surtout, qui les financent ? Dans le fond, on les connaît mal nos politiciens.

    Comme les sondages le place déjà Premier ministre du Québec, peut-on demander à M. Philippe Couillard : Vous et vos paradis fiscaux, vos renonciations à la résidence canadienne, vos serments à la Reine, vos relations avec l’Arabie saoudite, vos affaires avec Arthur Porter, vos cliniques de santé privées, votre sabotage du CHUM à Montréal, etc., pourriez-vous nous fournir votre curriculum vitae au complet et non pas à la pièce, pour qu’on puisse décider de vous embaucher ou non ?

    Présentement, le candidat Couillard est comme une boîte opaque d’où sorte toute sorte de choses. Il y en a combien d’autres choses à sortir et que nous ne connaissons pas ? C’est quand même incroyable que la politique québécoise baigne dans un pareil climat de corruption et de mensonges.

    On connaît mieux Mme Marois et M. Legault car ils sont sous le feu de la rampe depuis longtemps. Cependant, on aimerait quand même connaître les côtés sombres du financement de leur parti, et cela maintenant et pas par le truchement de la Commission Charbonneau. Quant à Mme David, elle devrait nous dire si son parti est oui ou non une succursale du parti fédéraliste NPD au Québec.

    • lise pelletier - Inscrit 27 mars 2014 09 h 22

      Pourtant cette campagne électorale au début était bien orientée de la part du Parti Québécois et de Mme Marois qui présentait ses nouveaux candidats de qualité.

      Qui est responsable ?
      Qui n'a cessé de parler,de dénigrer, de diviser avec le référendum ?
      Qui a traîné dans la boue et vilipendé P.K. Péladeau car il a brandit le poing en disant qu'il voulait faire du Québec un pays pour ses enfants ? Qui lui a demandé de se défaire de l'héritage de son père qu'il veut lui-même laissé aux siens ?
      Qui n'a cessé de poser la question à Mme Marois sur le référendum ? Qui n'a posé aucune question sur les programmes des partis ?
      Qui a occulté la campagne péquiste et n'a cessé de nous montrer M.Couillard ?
      Qui essaie d'influencer le vote par des sondages bidons ?
      Qui essaie de convaincre depuis hier les québécois qu'étant donné que c'est légal que M.Couillard ait mis son argent dans un paradis fiscal, on doit oublier ça ?

      Moi, je vais vous dire que cette campagne soulève mon indignation d'un degré à tous les jours ?

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 27 mars 2014 10 h 58

      Chausse-trappe.

      Étudions l'affaire : Couillard a offert et demandé de présenter les états financiers des participants il y a 48 heures, ceci tout en sachant que son aventure de paradis fiscal sortirait hier soir.

      Si les autres avaient obtempéré immédiatement, il aurait pu se camoufler derrière des allégations qu'il aurait sûrement porté envers eux, comme tous son groupe le fait à propos des visites de l'Upac chez les Péquistes en essayant de faire oublier les perquisitions qui sont passé chez-eux.

      Voyez-vous le genre ?

      C’est comme un jeu de se torturer la tête afin de trouver des pièges à ours pour que les autres se callent avant que ça ne leur arrive.

      Et vous voulez vraiment mettre notre avenir entre les mains de gens qui ont cette mentalité ???

      Petit détail supplémentaire : Les libéraux se trouvent tellement bon côté économique qu’ils pensent pouvoir faire monter le PIB du Québec à 4,5% quand au Canada, les meilleurs pronostiques sont à 1,7%. Avalez cette couleuvre-là en même temps… si vous pouvez.

      Bonne journée.

      PL

  • Josette Allard - Inscrite 27 mars 2014 03 h 58

    Plus que désordre

    Les paradis fiscaux, tout légaux soient-ils , privent les états d'importants revenus. C'est pour cette seule raison qu'ils ont été créés et plusieurs états essaient maintenant de mettre fin à cette situation.
    Le contribuable ordinaire, monsieur madame tout le monde , paie plus que sa part d'impôts et devrait s'inquiéter de ces questions, comme devrait le faire tout candidat au poste de Premier Ministre.

    • Danielle - Inscrit 27 mars 2014 11 h 43

      EXACT! Qu'un paradis fiscal soit légal me répugne. Ça s'appelle légitimer la magouille.

    • Loraine King - Abonnée 27 mars 2014 12 h 31

      Les paradis fiscaux ne privent pas nécessairement les états de revenus. Aux USA le Névada n'impose pas les revenus des citoyens et se finance entièrement des revenus de la taxe de vente et d'une taxe sur les gains dans les casinos. Si vous viviez au Névada et que vous ne fréquenteriez jamais les casinos on ne pourrait vous accuser d'évasion fiscale. La taxe sur les casinos, c'est comme la taxe volontaire de Jean Drapeau : on vous laisse le choix de la payer.

    • Guy Vanier - Inscrit 27 mars 2014 14 h 21

      Et y placer de l'argent c'est magouiller! Avons nous besoin d'un autre premier ministre PLQ magouilleur?
      Pas moi en tout cas......

    • Loraine King - Abonnée 27 mars 2014 14 h 44

      Il n'y a aucune magouille à offrir un taux de fiscalité moins élevé qu'ailleurs. Vous confondez évasion fiscale et paradis fiscal. Avec un taux d'imposition de 25,75 % pour des revenus supérieurs à 100 000 $, le Québec est un paradis fiscal aux yeux d'un Français qui pour le même revenu paie environ 41 % d'impôt.

      Est-ce que le Québec vous répugne? Trouvez-vous le Québec illégitime ?

    • Daniel Allard - Inscrit 27 mars 2014 15 h 43

      Si la loi n'est pas éthique dans son application changeons la et arrêtons de dire que c'eux qui agissent en toute légalité ne soient pas punis par simple méchanceté ou oportunisme politique.

    • Cyril Dionne - Abonné 27 mars 2014 17 h 24

      Après la récente révélation du paradis fiscal de Philippe Couillard et des nombreuses magouilles des libéraux, ne doit-on pas dire :

      « Une chose n’est pas juste parce qu’elle est loi ; mais elle doit être loi parce qu’elle est juste. »
      (Montesquieu)

    • Guy Vanier - Inscrit 27 mars 2014 20 h 16

      <Si la loi n'est pas éthique dans son application changeons la et arrêtons de dire que c'eux qui agissent en toute légalité ne soient pas punis par simple méchanceté ou oportunisme politique.>

      monseur Allard,
      pour changer les lois il faut être au pouvoir et si le bonhomme qui dirige le pays utilise le système, comment vas t'il faire pour changer une loi qui l'avantage?? mais qui mets à genoux de plus en plus la majorité des gens ordinaires et les pauvres.
      je ne votrerai jamais pour un type qui ne paie pas sont impôt au Québec après avoir été éduqué avec nos sous....

  • André Jacob - Abonné 27 mars 2014 06 h 12

    Malaises au sein du club des millionnaires...

    La misère des riches…

    Les chefs des principaux politiques du Québec se châmaillent sur la place pubique au sujet du dévoilement de leurs avoirs financiers. Les trois sont des millionnaires… et un éventuel chef, Pierre-Karl Péladeau, autre millionnaire, a fait son entrée en scène afin de veiller aux intérêts du peuple, dit-il. Ces personnages illustrent parfaitement quels intérêts ils représentent. La main sur le coeur, ils jurent se consacrer à travailler au bien-être du peuple québécois. En réalité, ils confondent les intérêts de la clase dominante, une infime minorité, et leurs propres intérêts. À les entendre, ils vont tous créer une richesse collective jamais vue et les dollars vont retomber sur le dos du bon peuple comme des étoiles filantes en or. Illusion! La clase dominante travaille d’abord pour l’accumulation de son capital et s’organise pour mettre en place ses pantins afin qu’ils orientent les politiques publiques selon sa conception du bien commun et du développement.
    Il faut croire que le bon peuple aime se laisser diriger par le club des millionnaires parce qu’ils se préparent à voter pour l’un d’eux. Beaucoup de gens semblent dire que les dirigeants de Québec Solidaire ne sont pas assez riches pour mériter leur vote… Alors que QS est le seul parti à parler véritablement de justice sociale et de développement durable. Tout de même, n’est-ce pas une GROSSE contradiction?

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 27 mars 2014 08 h 37

      J'aime bien votre commentaire, monsieur. Vraies affaires pour vraies affaires, ce que l'apparente dérive actuelle de la campagne remet à l'avant-plan, c'est, bien au-delà des petites passes croches auxquelles les partis majeurs se livraient pour se disputer les faveurs des milieux de vie, la question bien plus importante de la hauteur morale des motivations des aspirants au pouvoir.

      Moi, rien de ce que j'entends ou lis ne me surprend. Parce qu'il y a longtemps que je n'achète plus ce conte qu'on nous conte sur le dévouement des politiciens et l'importance de choisir en levant papatte les meilleurs d'entre eux. Dans nos sociétés, les parlements ne sont plus que des business qui font du business avec d'autres «créateurs de richesse» et qui se disputent les faveurs de l'électorat pour organiser la gestion de la pauvreté collective en évitant bien soigneusement d'irriter la richesse, de peur qu'elle aille se mettre encore mieux à l'abri, fiscal ou autre, de ses devoirs moraux à l'endroit du bon peuple.

      La passe, c'est que ce qui est en cause, ce ne sont pas tant les personnes, leurs avoirs et la couleur des bobettes de leurs conjointes. Je serais même prêt à dire qu'ils ne sont ni meilleurs ni pire que la moyenne des ours sur le plan de la moralité. La passe, c'est que le bon peuple va encore satisfaire sa très légitime aspiration à une plus grande justice sociale et au développement durable, très pathétiquement, en choisissant parmi les serviteurs des maîtres, ceux qui se donneront le mieux l'air de servir le peuple, à la condition qu'ils soient assez riches pour mériter leur place en-dessous de la table pour nous ramasser quelques miettes. Françoise, elle se présente bien, mais son linge cheapette ne convaincra jamais les créateurs de richesse de l'admettre dans leur club. Pourquoi voterait-on pour elle? On n'est pas des trous de cul, quand même. On en a, des réussites financières. Soyons fiers! Misère...

    • Léandre Nadeau - Inscrit 27 mars 2014 11 h 27

      Il y a des choses bizarres dans le bilan dévoilé ce matin par La Presse. On y apprend que Couillard aurait reçu des dividendes de 136 000 $ en 2012 sur des revenus totaux de 202 000$. S'agit-il d'un autre stratagème pour éviter l'impôt ? Comment est-ce possible de recevoir autant de dividendes alors que ses placements totalisent près de 75 000$ seulement ?

    • Gérard Pitre - Inscrit 27 mars 2014 12 h 56

      À André Jacob. QS a beau avoir de bonnes idées et parler de justice sociale, dans le contexte actuel de l'élection vous ne prendrez pas le pouvoir et le choix qui nous est offert est de choisir un parti le plus intègre possible et honnête pour gérer le Québec; et dans l'état actuel des choses, malgré ses erreurs de parcours et ses défauts, car nous n'vons jamais prétendu que nous n'en avions pas, le meilleur choix est le P.Q. Après 9 ans de corruption libérale vous les solidaires malgré vos bonnes intentions vous faites le jeu des libéraux et vous contribuez à les ramener au pouvoir, parce que votre force de frappe ne passe pas la rampe. Depuis les tout début de votre formation politique, vous n'avez jamais réussi à sortir du Plateau Mont-Royal et Gouin et vous ne réussirez pas plus le 7 avril, sinon quelques grenailles de plus: la raison en est bien simple, il n'y a jamais eu depuis la fondation de votre parti un mouvement de masse vers QS comme il y en a eu envers le P.Q en 68 au moment de sa formation. La première élection du P.Q en 70 ils ont fait élire 7 députés qui sont devenus l'Opposition officielle à Bourassa, en 73, il en ont fait élire 6 et 76 ils prenaient le pouvoir. Toute une différence avec QS. Commencez par avoir un mouvement de masse avant de vouloir prendre le pouvoir. Donc le choix est clair: si je vote QS je divise le vote souverainiste et je favorise le retour des libéraux, hors de question, si je vote caq je vote pour une médecine de cheval, or la médecine de cheval c'est fait pour les chevaux et l'État n'est pas une écurie, hors de question aussi, si je vote plq je vote pour le retour de la corruption, de la collusion et d'un possible retour de crise sociale comme on en a connue une en 2012, hors de question également. Que me reste-t-il de choix valable: pas complique, le P.Q, malgré ses lacunes. Entre deux maux on choisit le moindre. Le p,q n'est pas parfait et nommez-moi un parti qu'il l'est et pour paraphraser un personnage historique: «que

    • Raymond Turgeon - Inscrit 27 mars 2014 14 h 08

      Première de deux parties

      ''On en a, des réussites financières. Soyons fiers! Misère...''
      Parfaitement! Nous avons PKP.
      Désolé, monsieur Desjardins. Pardonnez-moi cette liberté; la formule est opportune, mais elle trahit un opportunisme avoué.
      Cela dit, je suis tenté de souscrire au cynisme de votre propos qui ne manque pas d’acuité.
      Difficile de croire à la sincérité de nos politiciens, particulièrement lors d'une campagne aussi dénuée de dignité. Cependant, sans que je ne m'attende à ce qu'une campagne ne s'élève très haut, il aurait pu en être tout autrement.
      Malgré que les gens qui observent de près (et avec une certaine objectivité) la scène politique savaient pertinemment que la souveraineté, à tort ou à raison, n'apparaissait pas plus à l'agenda du PQ que l'électrification du transport aérien, on a détourné l'orientation du débat électoral avec l'arrivée de monsieur Péladeau qui représente une sérieuse menace pour le PLQ, qu'on le veuille ou non.
      On a fait le choix délibéré de capitaliser sur la culture de la peur parce qu'elle a fait ses preuves, elle est profitable. Mais la qualité du débat a beaucoup souffert de cette dérive qui fait appel à la rage, ce qui laisse peu de place aux gens qui n'ont pas l'habitude d'y recourir, particulièrement sur la scène publique.
      Mais nous devons encore et toujours composer avec la matrice dont vous exposez les dérives, les tares et les travers avec un cynisme qui laisse peu d’espoir de voir la situation s’améliorer.

      Voir la suite

    • Raymond Turgeon - Inscrit 27 mars 2014 14 h 10

      Rturgeon, deuxième partie

      Il ne faut cependant pas cesser de croire que les individus et la société civile n’ont pas de pouvoir sur la suite des choses.
      Nous avons un poids; il faut le faire sentir.
      Qu’il soit ou non de la même allégeance politique que le député de son compté, le simple citoyen peut et doit lui transmettre ses suggestions et ses critiques favorables et défavorables aux gestes politiques posés ainsi qu’aux orientations proposées sur la scène politique.
      Tant et aussi longtemps que la classe politique croira qu’elle a le mandat virtuel dont elle rêve, la matrice ne risque pas de changer. C’est à nous de la ramener sur terre afin d’imposer qu’elle se consacre à la défense de l’intérêt public.
      Et si jamais la vraie souveraineté en venait à se fondre dans l’intérêt public, elle se réalisera.

    • Loraine King - Abonnée 27 mars 2014 14 h 52

      Remarquez Léandre Nadeau, que M. Couillard est en fait Dr. Philippe Couillard M.D.S.A., une entreprise dont la valeur au 30 juin 2013 est de 144 570$. C'est de cette entreprise qu'il doit tirer des revenus de dividendes autres que ceux de placements boursiers, obligataires, etc., donc des dividendes de son entreprise privée. Il faut s'en souvenir quand on parles des salaires des médecins. Très peu sont des salariés de l'état. Ce sont des fournisseurs de l'état, incorporés.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 27 mars 2014 16 h 36

      «Nous avons un poids; il faut le faire sentir.»

      Je suis bien d'accord avec vous, monsieur Turgeon... et il n'y pas de mais au bout de la phrase.

      Monsieur Pitre, j'habite une circonscription où mon vote QS risque d'entraîner l'élection d'un libéral et, partant, éventuellement, d'un gouvernement libéral ou même pire: libéral majoritaire. Pourtant, contrairement à la dernière élection, je ne voterai pas «stratégiquement» PQ. Ce n'est pas que ce parti me répugne. Je souhaite même qu'il soit élu... de préférence à l'autre.

      Alors quoi? Sans vous faire procès d'intention, c'est comme si vous me disiez que parce que l'exercice de ma liberté et l'expression de ma conviction n'auront que des effets indésirables pour les vôtres, je devrais y renoncer en votre faveur au prétexte que j'y trouverai plus mon compte qu'à l'abdiquer au service d'un autre.

      Comme électeur, cher monsieur, j'ai décidé de cesser de renoncer à ma vision des choses au bénéfice ou au détriment de celle des autres, comme le mineur et le faible qui choisit ses maîtres et ses guides, de ne plus écouter ceux qui me disent que dans ces conditions l'exercice de ma liberté est sans poids, sans valeur, sans légitimité.

      Le cynisme est l'attitude réactive de celui ou celle qui prend prétexte de sa colère pour se mettre au frais et regarder la programmation régulière. La colère appelle la dignité, celle-ci dût-elle s'exprimer dans un pauvre petit vote QS tellement désordre. Et à ceux qui diraient que ce n'est que bravade suicidaire, je vous laisse ce jugement par lequel vous montreriez trop bien que seuls vous importe vraiment chez vos semblables le suffrage qu'ils peuvent vous abandonner.

      « Nous avons un poids; il faut le faire sentir. »

    • Raymond Turgeon - Inscrit 27 mars 2014 23 h 15

      Je ne peux que saluer votre intégrité et votre cohérence, monsieur Desjardins

  • Hafida Oussedik - Inscrite 27 mars 2014 06 h 50

    quel role les médias ont-ils pour améliorer le débat ?

    On ne peut que déplorer le grand vide dans cette campagne. Les politiciens ne sont pas les seuls a blamer. Ils se pretent au jeu des médias qui focussent leur attention sur tous les aspects superficiels. Une citoyenne qui interpelle une premièere ministre dans un centre d'achat fera quasi la une et generera une kyrielle d'articles.
    Quel est le média qui a parlé d'équipe de candidats. Prenez par exemple le PQ. Madame Marois s'est entouré de plusieurs compétences de choix. N'y a t il pas matière a explorer cet aspect afin d'aider les citoyens a connaitre qui nous guouvernera.
    Il est facile de traiter les politiciens de marionettes et en ce momeent ils le sont, mais ne nous donnent-ils pas ce que l'on demande?

    • Louka Paradis - Inscrit 27 mars 2014 07 h 49

      Merci pour ce commentaire très juste. Les journalistes, pour la plupart, se cantonnent dans l'anecdote. Le contenu des programmes, la richesse des candidats à découvrir, cela exigerait un travail en profondeur, mais combien tous les citoyens en seraient gagnants ! Ce ne sont pas les chefs qui choisissent la une et les titres dans les médias : on les subit, jour après jour. Et ensuite, certains se permettent de
      caricaturer les politiciens en «petits cochons bien sales». Je suis perplexe.

    • Grace Di Lullo - Inscrit 27 mars 2014 09 h 03

      Vous avez 100% raison. Le travail des médias a été déplorable durant cette élection.

    • Diane Beauchamp - Inscrite 27 mars 2014 09 h 55

      Je suis tout-à-fait en accord avec ce que vous soulevez. Pourquoi ne peut-on pas compter sur un réel effort d'information des citoyens. Quel déficit démocratique!

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 27 mars 2014 17 h 05

      Je suis assez d'accord avec votre commentaire. Déjà, en 2003, Bernard Landry avait craché toutes ses dents tant le mettait en colère le comportement de ceux qu'il qualifiait de tyrans et qui manifestaient si peu de respect pour « le chef du gouvernement national du Québec ». Il n'est pas facile de faire la part entre ce qui ressortait de ses susceptibilités et de la volonté de contrôler le message au point de transformer les agences de presse en relais de la propagande partisane d'une part et de ce qui manifestait plus la surenchère sensationnaliste à laquelles se livraient les médias.

      Quoi qu'il en soit, force nous est de constater que les partis politiques ont cette fois-ci choisi de jouer le combat principal de leur carte en fonction de la sanction des juges journalistes à l'affût des révélations, des faux pas, des clips de bulletins de nouvelle, comme si le succès de leur campagne passait nécessairement par là. Ont-ils tort? Stratégiquement, je crois que non.

      Mais on aurait mauvaise grâce à tenir les médias pour seuls responsables d'une manière de faire à laquelle on a accepté de se prêter pour éviter que seul l'adversaire en tire profit. Surtout quand on commence à craindre de perdre à ce jeu de dupes.