La fidélité d’abord

Après huit années à titre de bras droit du premier ministre Harper, Jim Flaherty abandonne le poste de ministre fédéral des Finances au profit de Joe Oliver, jusqu’ici ministre des Ressources naturelles. Bilan en demi-teinte d’un disciple.

Ce qu’on retiendra surtout du passage de Jim Flaherty au ministère des Finances, c’est l’assurance qu’il dégageait dans les situations troubles comme la crise financière de 2008. Au point d’en nier l’existence…

 

Il faut dire que le Canada était alors en meilleure posture que la plupart des pays de l’OCDE à cause de son système financier mieux réglementé, héritage d’un passé auquel les conservateurs n’avaient heureusement pas eu le temps de s’attaquer.

 

Parmi les décisions qui méritent d’être soulignées, il y a celle, prise en octobre 2006, de mettre un terme à la vague de transformations des grandes sociétés en fiducies de revenus menaçantes pour la stabilité de l’assiette fiscale des gouvernements. Une menace qui devait être bien réelle puisqu’en agissant ainsi, les conservateurs brisaient une promesse électorale.

 

Il faut dire qu’ils ont vite été pardonnés par les entreprises après avoir réduit leur taux d’imposition sur les profits de plusieurs points de pourcentage. Si ces baisses avaient aussi pour conséquence de réduire l’assiette fiscale, elles avaient cette fois le mérite de s’inscrire dans la vision conservatrice.

 

Une autre promesse qu’il eut mieux valu oublier, celle-là, c’est la baisse de la TPS décriée par la majorité des économistes qui lui préfèrent une baisse de l’impôt sur les revenus de travail, plus équitable et efficace.

 

Toujours sur le plan des politiques fiscales, les Canadiens retiendront du passage de Jim Flaherty la création du CELI et une série de petits cadeaux ciblés, souvent inutiles, tels ces crédits pour la pratique d’une activité sportive ou culturelle et cet autre pour l’achat de titres mensuels de transport en commun.

 

En matière de politiques économiques, il faut se rappeler que M. Flaherty a mis beaucoup de temps à reconnaître les risques que la crise internationale faisait peser sur le pays. Il a même fallu la menace d’être renversé en Chambre pour que les conservateurs adoptent des mesures de soutien à la croissance.

 

Avec le recul, les mêmes conservateurs s’attribuent encore, cinq ans plus tard, dans des publicités télévisées, le mérite de ces mesures dont ils doutaient de l’efficacité pour faire face à une crise dont ils niaient jusqu’à l’existence, un mois auparavant.

 

L’an prochain, le Canada sera l’un des premiers pays occidentaux à revenir à l’équilibre budgétaire. L’exploit mérite d’être souligné, mais il apparaît évident que ce sont les provinces qui en feront les frais à long terme à cause de l’explosion des coûts de la santé, de même que les travailleurs saisonniers privés d’assurance-emploi et les futurs retraités qui devront patienter jusqu’à 67 ans pour toucher la Sécurité de la vieillesse.

 

Récemment, sachant qu’il allait bientôt quitter le cabinet, M. Flaherty s’est permis quelques réserves au sujet d’une autre promesse chère aux conservateurs, celle du partage des revenus entre parents d’enfants de moins de 18 ans. C’était la première fois que le fidèle disciple osait formuler une opinion opposée à celle du premier ministre.

 

Maintenant qu’il est parti, qu’il a été remplacé par M. Joe Oliver, le commis voyageur de M. Harper dans le dossier des sables bitumineux. Parions que la vie reprendra son cours normal au sein de ce gouvernement.

2 commentaires
  • Carole Dionne - Inscrite 20 mars 2014 10 h 44

    EST-ce que ...

    Le fonds de l'assurance Chômage, payé en partie par les travailleurs y aurait contribuer pour beaucoup?

  • simon villeneuve - Inscrit 20 mars 2014 12 h 18

    merci

    Bon resume