La valse économique

La première vraie journée de campagne électorale a commencé avec force, jeudi matin, par la présentation de l’équipe économique du Parti libéral et l’explication du cadre financier de la Coalition avenir Québec. L’occasion est belle d’inviter les partis au réalisme dans leurs propositions.

En recrutant Jacques Daoust, Carlos Leitao et Martin Coiteux, trois personnalités respectées du milieu des affaires, le chef libéral, Philippe Couillard, s’assure d’une relève équivalente au tandem Raymond Bachand-Clément Gignac.

 

Lors de la présentation de son équipe économique, M. Couillard a pris l’engagement de créer 250 000 emplois d’ici cinq ans s’il est élu, le 7 avril, soit une moyenne correcte de 50 000 par année qui n’a cependant rien d’extraordinaire. Il en a profité pour critiquer l’approche péquiste, qu’il juge trop interventionniste. Ce à quoi il oppose des mesures qui visent d’abord à favoriser un climat propice aux investissements : réduction du fardeau fiscal des entreprises, rehaussement des dépenses d’infrastructures, relance du Plan Nord…

 

En somme, le chef du PLQ nous dit que son gouvernement s’inscrirait dans la continuité du gouvernement Charest. Il faut croire qu’une année et demie dans l’opposition, c’est bien court !

 

Mais pourquoi pas s’il est convaincu que c’est la meilleure façon de réduire les écarts de productivité et de croissance qui séparent toujours le Québec de la moyenne canadienne ? À lui cependant d’expliquer pourquoi un tel rattrapage n’a pas eu lieu au cours des neuf années Charest…

 

En fait, il faut creuser pour trouver des différences majeures dans la façon de gérer l’économie chez ces deux grands partis. Les péquistes sont un peu plus interventionnistes, un peu plus à gauche aussi, sans plus.

 

Sur la gestion budgétaire, les deux partis se rapprochent aussi. On a même entendu M. Couillard critiquer le gouvernement pour avoir ralenti la croissance des dépenses en santé et augmenté les tarifs des garderies.

 

En fait, c’est du côté de la Coalition de François Legault qu’il faut se tourner pour entendre les premières salves plus audacieuses en ce début de campagne. Hier, M. Legault a promis de réduire le fardeau fiscal des ménages de 1000 $ en abolissant progressivement la taxe santé et la taxe scolaire, tout en rétablissant l’équilibre budgétaire dès cette année. Une bonne nouvelle !

 

Cela dit, c’est au chapitre du financement de ces mesures que la CAQ devient beaucoup moins crédible. Il est question de sabrer l’aide aux entreprises et l’actuelle politique économique, de comprimer les dépenses en informatique et d’optimiser les approvisionnements pour un total de 826 millions de dollars cette année. Voilà quatre initiatives pleinement justifiées, mais très peu réalistes à court terme.

 

Puis il y a l’annulation de la hausse prévue de 37 000 emplois dans la fonction publique pour une économie annuelle d’un demi-milliard supplémentaire cette année et de 2,3 milliards dans trois ans. Or, à notre connaissance, il n’a jamais été question d’une telle augmentation de postes à temps plein au Québec, à moins d’y inclure les sociétés d’État dont les résultats attendus tiennent déjà compte d’importantes compressions. On peut toujours presser le citron, mais il faudra abolir des programmes. Lesquels, qu’on en discute ?

 

La campagne commence à peine. Si les partis veulent qu’on les écoute et surtout qu’on les croit, il faudra être plus précis et plus respectueux de l’intelligence des électeurs.


 
18 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 7 mars 2014 03 h 22

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    J'aime bien la nouvelle façon que les médias télévisés traitent l'information donnée par nos partis politiques cette année. Ils ne nous laissent pas tout fin seul avec ce flot de promesses plus ou moins crédibles à essayer de voir ou deviner qui dit vrais ou qui dit faux. Il est grand temps que ces vendeurs de brume rencontrent la réalité. Merci beaucoup.

    Question : Pourquoi est-ce que ça prend un trépied de banquiers chez les Libs pour nous représenter le même projet qu'en 2012 ? Pourquoi déranger des hommes si puissants pour nous annoncer que bon an mal an, il y a toujours 50 mille emplois qui se créent par année ici au Québec ? Et pourquoi ces hommes ont-ils accepté la job de paravents ? Ça a pris 5 minutes à Marceau pour tout défaire leur argumentaire.

    Ce trio vient nous dire que les investisseurs n'aiment pas l'incertitude, que ça les rend nerveux. Ce n'est tout de même pas une nouvelle. Mais il y en a d'autres qui perçoivent des opportunités dans le changement. À nous de choisir les bons.

    Bonne journée.

    PL

  • Pierre Labelle - Inscrit 7 mars 2014 05 h 38

    Insulte à l'intelligence!

    Autant Legault que Couillard nous prennent pour des valises, pour ne pas tout simplement dire; pour des imbéciles. Bon, de la part du premier je peu essayer de comprendre, il nous a dit que cette campagne "était le combat de sa vie", alors j'ai hâte au 7 avril, il fera parti du passé. Sa position de: "perdu d'avance" ne lui donne cependant pas le droit de balancer n'importe quel chiffre en l'air et ainsi induire la population en erreur, alors qu'une majorité d'économistes sérieux et chevronnés, nous disent que l'atteinte du déficit zéro pour cette année est impossible, lui et son comptable de Lévis prétendent avoir la solution miracle. Tant qu'à Couillard, il est égal à lui même, il emprunte à son prédécesseur les formules tapes à l'oeil, 250,000 emplois, le plan nord etc.... Il nous parle d'un PLQ renouvelé, avec qui, Fournier, Moreau, Thibeault, St-Pierre, Hamad, Paradis, Bolduc. On peut dire que comme renouveau on a vu mieux, il dit détester le gouvernement Marois, bizarre car moi j'ai eu dans un passé pas si lointain le même sentiment vis à vis le gouvernement Charrest, ce sentiment semble d'ailleurs avoir été partager par une majorité d'électeurs le 4 septembre 2012. Si je rénove ma maison j'utilise des matériaux neufs.

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 7 mars 2014 12 h 47

      M.Pierre Labelle et M. Pierre Lefebvre...

      Le département de HEC de l'Université de Montréal a présenté tout récemment, un rapport très pessimiste sur l'économie québécoise..

      M. Paizeau en a pris connaissance, et, en économiste reconnu, pour la première fois a émis des grands doutes sur la trajectoire de l'économie québécoise dans le futur...

      Ce serait bien que vous étoffiez vos déclaration par des sources sûres!

    • Jean-Marc Simard - Abonné 7 mars 2014 15 h 44

      @ Mdm Wandelmaier

      Croyez-vous vraiment que les rapports du HEC soient crédibles ? Personnellement je ne le crois pas, puisque pas assez objectifs et trop entachés d'idéologie néo-libérale...

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 8 mars 2014 04 h 13

      Mme Wandelmaier, n'importe lequel rapport est une indication du «passé», certains d'entre nous les prennent comme point de départ pour faire mieux au lieu de comme limite. C'est une question de point de vue. L'immobilisme n'est pas une option !

      Bonne journée madame.

      PL

  • Josette Allard - Inscrite 7 mars 2014 06 h 21

    Couillard et 250000emplois

    Fabuleuse annonce en effet. Les statistiques de l'emploi au Québec pour les dix dernières années démontrent une création d'emploi de 47000 emplois par an , bon an mal an. Wow! Tout un objectif.

  • Pierre Couture - Inscrit 7 mars 2014 07 h 03

    Réalisme pour réalisme

    Réalisme pour réalisme, M. Legault devrait promettre d'abolir carrément l'impôt sur le revenu. Cela nous ferait économiser beaucoup plus...<

    Comme il ne nous dit pas crédiblement comment il financerait les 1 000 dollars qu'il nous promet, il n'aurait même pas besoin de nous dire comment il supprimerait l'impôt général...

  • Denis Miron - Inscrit 7 mars 2014 07 h 39

    Valse ou rodéo? Job à vendre...

    Entre se priver d’entrer fiscale ou s’endetter pour payer des routes aux corporations qui veulent exploiter les ressources du nord (PLQ) et subventionner ces mêmes corporations par des baisses de tarifs d’électricité ou pour protéger des jobs (PQ) quand le marché est à la baisse, en quoi l’un est-il moins interventioniste que l’autre?

    Étant donné que ce n’est pas tout le monde qui a les moyens de s’acheter un job, faut croire que l’état a un rôle à jouer. Le marché est un cheval sauvage, l’état doit apprendre à le monter. Job à vendre…