Liberté totale

Le Parti libéral a fait l’exercice de revoir sa position sur le projet de charte de la laïcité. Réexaminée d’abord par un comité spécial puis par le caucus des députés lundi, celle-ci demeure ce qu’elle était. À nouveau, on rejette tout compromis avec le gouvernement Marois sur la question de l’interdiction de signes religieux. En apparence, rien n’est changé, si ce n’est que Philippe Couillard a pu ramener par là ses députés à l’ordre.

L'exercice mené par le comité présidé par le député Gilles Ouimet ne visait d’aucune façon à changer la position défendue dès le premier jour de ce débat par Philippe Couillard et contenue tout entière dans son désormais célèbre « il faudra me passer sur le corps ». Il s’agissait plutôt d’une opération de gestion d’une crise interne pour reprendre le contrôle d’une troupe en train de perdre la bataille de l’opinion publique.

Le sens de l’opération ressort bien quand on voit que le seul changement de la position libérale porte sur l’interdiction du port de la burqa, du niqab et du tchador par les employés de l’État. Jusqu’ici, le Parti libéral rejetait toute interdiction du port de signes religieux ostentatoires. Le porte-parole en matière de laïcité, Marc Tanguay, acceptait même l’idée d’avoir une candidate libérale portant le tchador. Voilà que les libéraux y voient maintenant une manifestation de l’oppression des femmes.

Ce revirement est facile à comprendre. Selon l’expression de Jacques Parizeau, le député Tanguay s’était « autopeluredebananisé », entraînant avec lui son parti dans une glissade dont l’effet se mesure dans les résultats du sondage Léger-Le Journal de Montréal de ce lundi. Dans l’espoir de la stopper, Philippe Couillard a été contraint de piler sur le principe général qui inspire sa politique voulant qu’il ne doit y avoir, comme le prônent les chartes, aucune limite à la liberté de religion.

L’erreur de débutant commise par Marc Tanguay a donné des arguments à ceux qui doutaient de la justesse de la position de leur chef. Pour la députée Fatima Houda-Pepin, il y a des situations où le précepte légaliste voulant qu’il soit « interdit d’interdire » ne tient plus. Elle a mené une bataille visière levée pour amener son parti à combattre fermement l’intégrisme religieux sans réussir à vaincre la résistance de son chef. On ne sait de façon précise ce qu’elle prônait, mais elle ne pouvait gagner avec un chef qui perçoit tout compromis, même le plus petit, comme un reniement. Sa position, d’une admirable rationalité, ne peut souffrir aucun changement. Ne nous y trompons pas, l’interdiction du port du tchador et de la burqa à laquelle il a consentie n’est à ses yeux en rien un compromis, car une telle situation ne saurait se produire tant l’esprit des gens qui portent ces vêtements est contraire à un travail public.

Le chef libéral a retrouvé son autorité sur son groupe parlementaire. Maintenant présent à l’Assemblée nationale, il pourra lui-même mener la bataille contre le projet de charte. Mais de noter avec raison la députée Fatima Houda-Pepin, le mal est fait. Philippe Couillard s’est enfermé dans une position légaliste d’où il lui sera difficile de sortir. Pour lui, c’est une bataille pour des principes tels les droits et la liberté qui va au-delà de simples enjeux électoralistes, ce qui ne manque pas de faire sourciller les siens. Même son ami Benoît Pelletier l’invite à s’ouvrir au débat. Les positions de repli ne lui manquent pas, dont l’interdiction du port de signes religieux ostentatoires par des agents de l’État en exercice d’autorité, comme les juges et les policiers, comme recommandé par le rapport Bouchard-Taylor. Cela moins pour tendre la main au gouvernement que pour montrer qu’il est sensible au sentiment d’une majorité de Québécois. Car la rationalité qu’il affiche ne semble pas jusqu’ici soluble avec la politique.
96 commentaires
  • Carole Jean - Inscrite 22 janvier 2014 03 h 16

    Les positions du PLQ sous Couillard ne manquent pas de surprendre par leur conservatisme et par leur extrémisme.


    Le PLQ de Philippe Couillard n’a plus rien à voir avec le Parti libéral du Québec de Jean Lesage, de Paul Gérin-Lajoie ou de Robert Bourassa, lequel parti fut l’instrument privilégié de la Révolution tranquille par ses réformes éclairées et par ses efforts pour protéger la langue française. C’est un parti qui est aujourd’hui plus à droite que le parti conservateur de Stephen Harper. C’est peu dire.

    Sur la question de la Charte des valeurs pour défendre le principe de la neutralité et de la laïcité de l’État et celui de l’égalité hommes-femmes, par exemple, le PLQ de Couillard se situe même à droite du rapport Bouchard-Taylor, lequel préconisait timidement l’interdiction du port de signes religieux ostentatoires par des agents de l’État en exercice d’autorité, comme les juges, les gardiens de prison et les policiers.

    Sous Couillard, le PLQ annonce qu’il n’hésiterait pas à se faire complice de l’intégrisme religieux et il se trouve, en théorie et dans les faits, à rejeter le préambule de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec, lequel proclame que « l'égalité entre les femmes et les hommes et la reconnaissance des droits et libertés dont ils sont titulaires constituent le fondement de la justice, de la liberté et de la paix ».

    Sous un gouvernement Couillard, si cela n’allait jamais se produire, les intégristes religieux pourraient continuer à violer en toute impunité le principe fondamental de l’égalité hommes-femmes.

    Philippe Couillard, fort de son expérience de conseiller du gouvernement islamiste de l’Arabie saoudite, les appuierait. Il placerait le prosélytisme religieux réactionnaire au-dessus du principe de neutralité et de laïcité de l’État et au-dessus du principe de l’égalité hommes-femmes, et repousserait du revers de la main le droit qu’ont les citoyennes et les citoyens à ne pas être violentés dans leur conscience par des employés de l’État zélés et prosélytiques. Incroyable !

    On comprend pourquoi Philippe Couillard a mi

    • Nicole Bernier - Inscrite 22 janvier 2014 07 h 14

      Mme Jean, de prétendre que M. Couillard est plus à droite que M. Harper est une déformation de la réalité provoquée par un nationalisme étroit qui se résume, comme Bush l'a si bien dit: vous êtes avec moi ou contre moi, et quand vous êtes contre moi, vous êtes l'ami des terroristes. Bush a fait rire de lui sur la scène internationale, pour son manque de capacité d'analyse, mais on ne peut pas lui reprocher son incapacité d'agir. Actuellement, tout le Moyen-Orient vit les répercussions de cette ligne dure qu'il a imposé et que Harper, en hypocrite, comme vous l'avez signalé dans l'autre article (la photo à un million), est en train de consolider.

      Parce que vous ne prenez pas le temps de faire la différence entre les groupes canadiens et québécois religieux intégristes et les groupes religieux ouverts et engagées pour la justice sociale, parce que vous êtes incapables de faire la distinction entre les deux, vous donner le pouvoir aux conservateurs d'Harper. Par exemple l'Église unie du Canada et Kairos sont des organisations religieuses dont Harper a tout fait pour saboter leurs sources de financement parce qu'elles collaboraient de trop près avec les Palestiniens, de la même façon Harper a coupé les fonds des ONGs qui critiquaient la politique israéliennes, par contre, il fait voyager 225 personnes (?) à nos frais.

      De prétendre que tous les groupes religieux manquent de respect au principes du droit des femmes est une erreur qui ouvre la porte à l'intégrisme occidentale... lequel n'a pas la même forme et les mêmes couleurs, mais qui est beaucoup plus dangereux que celui qui vient du Moyen-Orient.

      L'incapacité de construire des consensus enracinés dans la diversité des croyances est la preuve que l'intégrisme occidental se développe. Alors qu'après l'Expo 67 on a cru que les Québécois s'étaient enfin ouverts sur le monde, une analyse comme la vôtre qui s'en prend à Couillard sur cette base, fait la preuve que la peur de l'étranger est néfaste, car rend aveu

  • michel lebel - Inscrit 22 janvier 2014 03 h 18

    Le débat est maintenant bien situé.


    Au contraire, je crois qe Philippe Couillard a bien fait de situer la question au plan des principes. La liberté de religion n'est pas une question qui se marchande ou se négocie comme il se fait pour la plupart des lois. Nous sommes ici dans une situation de grande exception. Il appartient au législateur et aux tribunaux de trancher le débat. Ce qui me semble sain et normal dans une démocratie.


    Michel Lebel

    • François Ricard - Inscrit 22 janvier 2014 06 h 42

      1- Des principes à cran variable. Selon M. Couillard, que vous approuvez, aucune restriction ne doit être imposée à la liberté de religion. Voilà pour le principe...qu'on ne respectera pas ni pour le tchador, ni pour la burka.
      Un principe accomodant...
      2-En donnant autant d'importance à la religion, on l'érige, finalement, en système de politique globale où la religion prime sur l'humanité. Ded là à nous imposer la charia, il n'y a qu'un pas. Comme le dit si bien le mot "islam", soumission de l'humanité à Dieu, à Allah, à Javeh. Qu'en est-il de ceux qui ne croient pas, des "mécréant", quand même nombreux ? Cette minorité importante n'aurait pas de droit? Pourtant vous n'avez de cesse de nous rappeler qu'un état de droit doit respecter ses minorités.

    • Normand Carrier - Inscrit 22 janvier 2014 07 h 04

      Même cette position molle le conduitait a la cour suprême car selon le barreau et les droits de la personne , toutes interdictions de signes religieux ne passeraient pas le test de la charte de droits et libertés fédérale ! Tant qu'a être obligé d'utiliser la clause dérogatoire allons-y pour autre chose que cette position molle et alambiquée ...
      Il est triste de constater que nous sommes dirigés par des juges non-élus dans ce pays .....

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 22 janvier 2014 07 h 32

      Gloire à M. Le Couillard !

    • Jean-Marc Simard - Abonné 22 janvier 2014 07 h 47

      "La liberté de religion n'est pas une question qui se marchande..."

      La Charte de la laïcité interdit aucune religion...Vous répétez à outrance votre fausse litanie que la charte québécoise interdit la liberté religieuse, dans tous vos commentaires...Avez-vous vraiment réfléchi à la question ou bien votre position est une publicité que vous répétez sans cesse afin de nous convaincre d'acheter votre point-de-vue...

    • François Dugal - Inscrit 22 janvier 2014 08 h 10

      Quand la "liberté de religion" empiète sur la neutralité de l'État, nous avons collectivement un problème.
      Pelleter la question dans le système judiciaire? Bienvenue dans le république des juges.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 22 janvier 2014 08 h 27

      L'orientation de fond de Philippe Couillard en était une de principe: pas question de faire des chicanes de guenille. On pouvait être d'accord, ou pas, trouver cela rigide ou légaliste. Soit. Mais il s'est enfargé dans ses lacets de bottines.

      Dans un souci de cohérence, il aurait dû, justement, rabrouer Marc Tanguay quand il a eu le mauvais goût de parler guenille, en novembre, plutôt que de pousser Mme Houda-Pépin dans les cables. Stratégiquement, Tanguay, il n'en a pas autant besoin que d'elle pour gagner des élections et il aurait sans doute accepté de bonne grâce de marcher sur sa peinture. Ce qui est plus grave, c'est que l'offusquation de Mme Houda Pépin était elle-même en bonne partie appuyée sur une fidélité réelle à une approche de principe, à laquelle monsieur Couillard aurait dû manifester plus de respect en l'occurrence.

      Au lieu de quoi il a transformé sa députée en martyr. Les pro-charte les plus sommaires s'en sont aussitôt emparés... Ce geste d'exclusion l'obligera, qu'il le veuille ou non, à monter dans l'arène des rixes à saveur purement idéologique, partisane, et à se livrer à des petits calculs opportunistes: déjà, on permettra ceci, on interdira cela...

      Tarabiscottée, la position définitive du PLQ l'est ainsi surtout par ce décadrage, dont les partisans de la position plus politique (que légaliste) se réjouiront, mais qui ne profitera pas du tout aux libéraux.

    • Sylvain Auclair - Abonné 22 janvier 2014 08 h 49

      Vous vous rendez compte, monsieur Lebel, que la position du PLQ demandera l'adoption d'une clause nonobstant?

    • enid bertrand - Inscrit 22 janvier 2014 09 h 21

      @Jean-Marc Simard
      Le Serment du Test n'empêchait pas non plus de professer sa religion. Il empêchait seulement les francophones du Québec d'occuper des emplois administratifs.
      Comme la mémoire peut être sélective.

    • michel lebel - Inscrit 22 janvier 2014 09 h 40

      @ M. Simard,

      Je n'ai jamais dit que la charte des valeurs interdisait une religion. Je dis que cette charte restreint indûment la liberté de religion en interdisant, entre autres, le port du voile islamique (hidjab) pour tout fonctionnaire durant ses heures de travail. Sur le plan juridique, je ne crois pas me tromper. Et à ce que je sache, on vit toujours au Québec sous un régime d'État de droit.


      Michel Lebel

    • Sylvain Auclair - Abonné 22 janvier 2014 09 h 49

      Monsieur bertrand,

      Le serment du Test INTERDISAIT aux catholiques de faire partie de la fonction publique; c'était d'ailleurs son unique but. Rien dans la Charte actuelle n'interdit aux musulmans, au sikhs et aux juifs de représenter l'État, puisque, déjà, la plupart d'entre eux ne portent aucun signe religieux, sauf lors de rites religieux. À ce que je sache, on ne demande pas aux musulmans d'affirmer qu'il y a plusieurs dieux ou que Mahomet n'est pas un prophète.

    • Jean Lapierre - Inscrit 22 janvier 2014 10 h 31

      Vous rendez vous compte jusqu'à quel point votre position d'appui à Couillard mène à des aberrations? En m'appuyant sur le grand principe fondamental de la liberté de religion, je pourrais pratiquer en public le nudisme pourvu que j'aie l'air sincère (c'est la Charte des droits et libertés qui me le garantit) en affirmant que cela fait partie de mes croyances religieuses. Du n'importe quoi.

    • michel lebel - Inscrit 22 janvier 2014 11 h 37

      @ Sylvain Auclair,

      Je n'aurais aucune hésitation à proposer, si nécessaire, l'utilisation d'une clause dérogatoire interdisant le port, en public, du niqab et de la burka. En Occident, la vie en société se fait à visage découvert. Le visage fait partie importante (essentielle) et intrinsèque de la sociablilté. Je tolérerais cependant le tchador en public, car le visage est découvert.
      Sur ce dernier point (le tchador), comme sur la fait de garder le crucifix à l'Assemblée, le Parti libéral est incohérent; il se goure. Il veut faire, dit-il, maintenant de la politique, tenir compte du citoyen moyen! Comme si le débat n'était pas politique depuis le début! Sauf évidemment qu'il y a aussi des droits et libertés qui sont en cause. Nous parlons, diable, de liberté de religion, de conscience, et d'expression!!
      Mais derrière tous ces droits et libertés, il y a la vie, les sentiments, la politique! Oui! Une évidence pour tous les "Watsons" de la terre, y inclus aussi, je le souhaite, pour les libéraux!! Au plan politique, je dis bien au plan politique, les libéraux aurait dû accepter la proposition de Bouchard-Taylor, reprise par le Bloc, quant à l'interdiction du port de signes religieux par les juges, procureurs de l'État, policiers et gardiens de prison. Mais le flair politique, sans renier vraiment ses principes, ne semble pas avoir été là. Dommage! Et le dommage est malheureusement fait.


      Michel Lebel

    • Sylvain Auclair - Abonné 22 janvier 2014 12 h 20

      Ceci dit, monsieur Lapierre, le projet de loi 60 est lui aussi bancal. Il laisse de côté la question du crucifix du Salon bleu, des cours de justice et des assemblées municipales, ainsi que les prières d'ouverture, ou encore les écoles religieuses subventionnées ou les heures de piscine séparées selon les sexes dans des piscines publiques.

    • Cyril Dionne - Abonné 22 janvier 2014 13 h 07

      Ah misère. Un retour en arrière de la civilisation exprimé par ceux à l'éthique géométriquement variable lorsqu'il s'agit de religion.

  • André Chevalier - Abonné 22 janvier 2014 03 h 38

    La raison doit se fonder sur la réalité

    « Sa position, d’une admirable rationalité, ne peut souffrir aucun changement.»

    La rigidité dogmatique n'est pas une manifestation de rationalité.

    • Diane Veilleux - Inscrite 23 janvier 2014 09 h 36

      Bien d'accord car la supposée rationalité semble camouffler de l'entêtement et un énorme égo, serait-ce un prérequis au leadership du PLQ?

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 22 janvier 2014 04 h 12

    Déléguer

    Je vous trouve très tendre ce matin M. Descôteaux à propos des «décisions» de Maître Couillard.

    Le monsieur ne veux pas gouverner, il veut administrer la Province !

    Il n'a pas reçu le mémo : Être premier ministre comporte -faire les lois- de son peuple.

    C'est loin de ce qu'il annonce. Le nouveau porte parole du PLQ délègue les responsabilités du gouvernement à toutes les autres instances de la Province la responsabilité de régler par eux-même, comme elles veulent, selon leur bon vouloir l'avenir du vivre ensemble de ceux qui ont le malheur de vivre ici.

    Une chance que l'esclavagisme à été aboli voilà quelques années parce que quelqu'un a -décidé- de faire une loi contre, même si c'était -légal- !

    Y a renversement des rôle à Québec, nous avons un maire qui se comporte comme un dictateur et un chef de parti Provincial qui se comporte comme un futur maire.

    Le «chacun pour soi» n'est pas un message très rassembleur même si c'est la seule façon de passer devant la cours. Mais l'Assemblée nationale n'est pas une cours, c'est le siège du Gouvernement, ce n'est pas un centre de triage !

    Je ne suis qu'un citoyen et sur mon mur de bureau il est écrit : «À moins que tu décides que c'est toi qui décides !» Jamais n'avons-nous eu de premier ministre fédéral ou provincial qui a décidé de ne pas décider, jamais ! Nous n'avons pas toujours été d'accord avec leurs décisions, mais «Ils ont décidé !»

    Bonne journée si vous le pouvez !

    PL

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 22 janvier 2014 08 h 51

      "Une chance que l'esclavagisme à été aboli voilà quelques années parce que quelqu'un a -décidé- de faire une loi contre, même si c'était -légal- !"

      En effet, monsieur, ce qui est légal n'est pas forcément légitime. Même quand une majorité est d'accord. L'esclavagisme serait un bon exemple. Les dispositions vestimentaires du projet de charte, un autre?

      On peut être d'accord ou pas, mais l'approche de Couillard n'est pas celle du chacun pour soi. Ce qu'elle veut, c'est de mettre les citoyens sous la protection du droit (et de l'effort de le rendre légitime et pas seulement légal) plutôt que de le surprendre aux aléas de la lutte partisane des parlements. Mon impression est que notre système réussit à maintenir un équilibre dynamique entre le législatif, l'exécutif et le judiciaire, quelles que soient les préférences des partis, qui les incitent à accorder plus de poids tantôt à l'un ou à l'autre.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 22 janvier 2014 11 h 55

      M. Maltais, où voyez-vous la différence entre «le chacun pour soi» et «le cas par cas» ? C'est une subtilité qui m'échappe.

      Les partis politiques, quel qu'ils soient doivent réapprendre à faire les lois et non pas seulement les suivre. Ils ne sont pas que des exécutants ! C'est tout ce que je dis et la «protection du droit» se doit d'être universelle donc ne pas représenter aucune tendance privée de ses représentants. Voilà.

      Bonne journée.

      PL

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 22 janvier 2014 13 h 53

      Le chacun pour soi se justifie seulement par le singulier, le cas par cas tâche de faire au singulier sa place dans une vision plus large.
      :)

  • michel lebel - Inscrit 22 janvier 2014 04 h 37

    Une forte pente à remonter!

    J'ajouterai ceci à mon premier commentaire: Philippe Couillard devra travailler très fort pour "vendre" le point de vue de son parti. Très fort! Ce point de vue est le résultat d'un travail de comité et il en a toutes les faiblesses: il est trop complexe et aussi trop à la pièce, comme l'interdiction, dans la fonction publique, de certains vêtements pour les femmes et la conservation du crucifix à l'Assemblée nationale. La partie n'est pas jouée pour le Parti libéral, mais retard indéniable il y a. L'heure de vérité est arrivée pour Philippe Couillard. À lui de renverser la vapeur! Il devra à tout prix simplifier son discours sur le sujet, s'il veut changer le courant dominant!


    Michel Lebel

    • Nicole Bernier - Inscrite 22 janvier 2014 07 h 23

      Personnellement, je lui conseillerais de cibler le concept d'intégrisme religieux des groupes d'Harper et de mettre en valeurs le travail pour la justice sociale de d'autres organisations enracinées dans la foi chrétienne... Il doit y avoir un débat sur les nuances, mais en recadrant le problème pour redonner la parole aux croyants québécois... Il faut que les politiciens arrêtent d'avoir peur de référer aux valeurs qui alimentent les croyants québécois pour réussir à casser l'influence de la gang des croyants conservateurs à la Harper...

      Dissimuler les problèmes sous le tapis ou réduire leur complexité ne sont pas des solutions, par contre, il est clair qu'il doit trouver une explication basée sur une métaphore accessible à tous, croyants et athées, permettant de concilier les intérêts contre la droite...

    • François Dugal - Inscrit 22 janvier 2014 08 h 14

      "Ce qui se conçoit bien s'émonce clairement,
      Et les mots pour le dire viennent aisément."
      Boileau, l'Art Poétique.

    • Yann Ménard - Inscrit 22 janvier 2014 08 h 30

      Je ne vois pas pourquoi Couillard devrait faire tout ça. Si on se fie à votre commentaire précédant, de toute façon ce seront les juges qui devront décider et, au final, nous gouverner...

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 22 janvier 2014 08 h 55

      C'est cet "à la pièce" qui me déçoit. La première "patch", il l'a mise sur la bouche de madame Houda Pepin, en novembre, prélevée sur le tchador fort mal inspiré de Marc Tanguay.

    • André Le Belge - Inscrit 22 janvier 2014 11 h 53

      Parabole du pharisien et du publicain!
      Les Pharisiens formaient un parti religieux qui jouissait d’un grand respect auprès du peuple juif. Ceux-ci insistaient sur l’application de la loi à tous les détails de la vie quotidienne et s’imposaient souvent une rigueur dépassant même celle que la loi exigeait.