Emploi - Plutôt bien!

Par ses réponses en montagnes russes aux questions économiques, le gouvernement du Parti québécois prête flanc à la critique, mais il est trop tôt pour juger de son influence réelle sur la croissance et l’emploi. Pour le secteur minier, par exemple, l’opposition et le milieu des affaires l’accusent d’être responsable du recul des investissements depuis un an. Or, il suffit de lire les pages financières des quotidiens pour comprendre que le phénomène est d’abord lié à l’évolution du prix des ressources à travers le monde.

 

Dans l’ensemble, on peut dire que les dernières données sur l’emploi publiées vendredi par Statistique Canada sont meilleures que ce à quoi on s’attendait pour le Québec. Ainsi, l’emploi a augmenté de 8600 en novembre, ce qui est peu, mais le taux de chômage a tout de même baissé de 7,5 % à 7,2 % parce qu’un certain nombre de chômeurs ont cessé temporairement de chercher du travail. Au Canada, l’emploi a progressé de 22 000 en novembre, ce qui est aussi très modeste.

 

Après un été difficile, c’était le troisième mois consécutif où l’on observait une hausse de l’emploi au Québec. Certains diront qu’il ne faut pas se réjouir trop vite puisque le nombre total d’emplois en novembre dépassait d’à peine 17 500 celui du même mois, en 2012. De plus, la totalité des nouveaux emplois était à temps partiel alors qu’il s’en est perdu 31 700 à temps plein. Pour être juste, rappelons que nous avions assisté au phénomène inverse le mois précédent avec 39 600 nouveaux emplois à temps plein et une perte de 5600 à temps partiel…

 

Au chapitre du taux d’emploi, cet autre indicateur prisé des analystes parce qu’il nous informe de la proportion de tous les citoyens de 15 ans et plus qui travaillent, il a grimpé sans interruption entre août et novembre pour passer de 59,7 à 60,5 %. Le résultat final est toujours moins élevé que dans l’ensemble du pays à 61,8 %, mais il se compare aux années qui ont précédé la grande crise.

 

Ce qui nous amène à rappeler que toutes ces analyses de la population active qui portent sur un seul mois comportent une marge d’erreur souvent supérieure aux variations observées. D’où l’importance de prendre du recul en utilisant les données d’au moins trois mois à la fois (moyenne mobile de trois mois) ou, mieux, la moyenne des douze derniers mois pour la comparer à la période correspondante de l’année précédente.

 

Si l’on se donne la peine de faire ce calcul, on voit que, d’octobre 2012 à novembre 2013 inclusivement, il s’est créé 57 600 emplois au Québec, soit 24 % du total canadien. Une performance somme toute acceptable. D’ailleurs, à moins d’un revirement important en décembre, il est probable que l’année 2013 se terminera sur un résultat supérieur aux 38 500 de 2011 et aux 30 800 emplois de 2012, les deux dernières années d’un gouvernement libéral.

À voir en vidéo