Élections partielles - Signal d’alarme

Ce n’est qu’un petit détail, mais tout de même symptomatique de l’état du Parti conservateur au Québec. Les reportages sur les quatre élections partielles de lundi ont presque tous passé sous silence les résultats du candidat conservateur dans Bourassa, Rida Mahmoud, battu à plate couture. Avec seulement 4,7 % des voix recueillies, c’est comme si le Parti conservateur n’existait pas. Plus la peine d’en parler.

 

Bien sûr, Bourassa est l’ancien fief ultralibéral de Denis Coderre et les attentes des conservateurs n’étaient pas très élevées. À l’élection de mai 2011, leur candidat n’avait obtenu que 8,8 % des voix. Comme Denis Coderre n’est plus là, ils auraient néanmoins pu faire mieux, mais ils n’ont pas mené de véritable lutte. L’impression qui en reste est qu’au Québec, ils ne sont plus dans la course, l’exemple de Bourassa valant pour presque toutes les circonscriptions.

 

Le problème des conservateurs dans la série de partielles de lundi se nomme pour l’essentiel Stephen Harper. Le scandale du Sénat qui dure et perdure a laissé une trace indélébile dans l’esprit des électeurs, autant dans Toronto-Centre, Brandon-Souris, Provencher que dans Bourassa. Si le premier ministre avait pu croire que les électeurs appréciaient le redressement moral qu’il a cherché à imposer aux sénateurs Duffy, Wallin et Brazeau pour avoir mis les mains dans l’assiette au beurre, force lui est de revoir sa lecture de l’état d’esprit des Canadiens à son égard.

 

Pour ceux-ci, l’affaire demeure ténébreuse, y compris le rôle joué par Stephen Harper. Personne n’a oublié qu’il a lui-même tendu dans un premier temps l’assiette au beurre aux sénateurs gloutons pour ensuite chercher à les punir en leur coupant leur ration. Dans les quatre circonscriptions, le message aura été le même : la confiance envers le gouvernement Harper s’effrite.

 

Le deuxième problème des conservateurs s’appelle Justin Trudeau. Clairement, il existe un courant Trudeau dont ils ont pu mesurer la force. Le jeune chef libéral a fait campagne assidûment. Dans Bourassa, Emmanuel Dubourg lui doit une partie de sa victoire. Dans Brandon-Souris, un fief conservateur manitobain qui lui a échappé de justesse, sa présence a fait une différence notable. En 2011, le Parti libéral avait terminé derrière le Parti vert avec 5,4 % des voix. Tout un revirement.

 

Les élections générales auront lieu dans un peu moins de deux ans. Tout peut arriver. Justin Trudeau a les qualités, mais aussi les défauts de sa jeunesse. Stephen Harper le combattant ne baissera pas les bras même s’il sait maintenant que ses troupes n’ont plus la force qu’ils ont déjà eue. Reprendre le terrain perdu sera difficile.

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2 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 26 novembre 2013 23 h 16

    Le scripteur

    Monsieur Trudeau-fils est un comédien de formation: il récite un texte.
    Tant que le scripteur va, tout va.

  • Nephtali Hakizimana - Inscrit 29 novembre 2013 02 h 39

    «Si la tendance se maintient...»

    Si je comprends bien, «si la tendance se maintient», nous risquons d'avoir M. Trudeau fils comme Premier ministre du Canada. Ainsi va le Canada! Toutefois, je ne regrette pas l'échec des conservateurs.