Le «train Labeaume» sur les retraites - La bonne méthode?

Photo: Illustration Francis Desharnais

Régis Labeaume et Mélanie Joly, même ambition secrète ? Se faire élire, un jour, à un palier de gouvernement supérieur ? On le dirait parfois. Chez le puissant maire de Québec, cela se manifeste par des gestes qui dépassent les frontières de la capitale. Inondations en Montérégie ? M. Labeaume y dépêche certains de « ses » cols bleus. Catastrophe de Lac-Mégantic ? Il s’y rend, tel un premier ministre, accompagné de pompiers pour « aider ». « Rien de ce qui est québécois ne m’est étranger » semble être la devise de M. Labeaume.

 

Ainsi, dimanche soir, sans surprise, il a donné à sa réélection à 74,1 % une interprétation référendaire et panquébécoise. À ses yeux, elle signifiait le début d’une révolte qui s’étendra au Québec entier, « quel que soit le palier de gouvernement », afin de régler le problème des déficits des régimes de retraite. « Et c’est ici même à Québec que le mouvement est lancé », a-t-il insisté.

 

Le problème est criant, certes. Jean-Robert Sansfaçon l’illustrait en cette page récemment : le déficit des caisses de retraite prive Montréal de l’équivalent des dépenses annuelles du service des incendies, soit 350 millions. Québec a dans le passé transféré des millions dans ces trous noirs causés entre autres par des congés de cotisation inconsidérés de la part des employeurs. Du reste, il manque aux villes les instruments d’une négociation équilibrée.

 

Mais Régis Labeaume a-t-il la bonne méthode ? C’est-à-dire mettre l’équivalent d’un fusil sur la tempe des employés municipaux. Leur dire à la fois qu’il faut négocier, mais qu’il restera « inflexible » ?

 

Lundi, peu de maires semblaient enclins à monter dans le « train Labeaume », selon l’expression du nouveau premier magistrat de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin. Cela a même suscité de premières frictions Labeaume-Coderre. Le second recommandant à l’autre de « se calmer » ; le premier dénonçant le « power trip » de l’ancien ministre fédéral. En fin de journée, les deux personnages primesautiers ont promis de tout régler en copain-copain autour d’un café dans la métropole.

 

Ce n’est là que du théâtre, évidemment. La vraie solution, tous savent qu’elle doit émaner de Québec. Or, les ministres Gaudreault (Affaires municipales) et Maltais (Emploi) semblaient, lundi, encore vouloir gagner du temps, malgré les heures de réflexion déjà consacrées au rapport D’Amours. Ils ont pourtant intérêt à agir afin d’éviter les affrontements inutiles que risque de provoquer la mise en marche du « train Labeaume ».

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