Charte des valeurs québécoises - Échec en vue

Le mouvement souverainiste québécois n’a jamais été unanime quant aux politiques d’intégration des communautés culturelles. Des divergences de vues importantes s’étaient exprimées au moment où la commission Bouchard-Taylor se penchait sur les accommodements raisonnables. Le débat sur la Charte des valeurs québécoises les a exacerbées. La rupture de Maria Mourani avec le Bloc québécois a rouvert la plaie ethnique.

 

 

L'expulsion de Maria Mourani du caucus bloquiste, suivie ce vendredi de sa démission, est survenue comme une surprise. Celle-ci vient non pas tant de la position adoptée par la députée d’Ahuntsic dans le débat sur la Charte des valeurs québécoises que des conclusions qu’elle en tire aujourd’hui, dont cette énorme question qu’elle pose :

 

« Est-ce que j’ai encore ma place dans ce mouvement indépendantiste là ? Est-ce que les gens comme moi qui viennent d’ailleurs, qui s’intègrent au Québec, qui deviennent des citoyens à part entière, ont leur place dans le mouvement indépendantiste ? Je n’ai pas de réponse. »

 

Cette question nous ramène tout droit à 1995 et à la déclaration du premier ministre Jacques Parizeau sur « l’argent et des votes ethniques » le soir de l’échec référendaire, accentuée par les interprétations qu’en ont faites ses adversaires. La plaie avait été pansée patiemment par les leaders souverainistes, tout particulièrement par Bernard Landry, du côté du Parti québécois, et par Gilles Duceppe, du côté du Bloc. Retour à la case départ.

 

Ces deux partis frères ont toutefois suivi des approches différentes. Ils ressortent bien des mémoires soumis à la commission Bouchard-Taylor en 2007. Celui du Bloc s’intitulait Bâtir le Québec ensemble, ce qui était déjà un programme. On soulignait la nécessité de développer un sentiment d’appartenance autour de « notre » identité et de l’acceptation de la différence des nouveaux arrivants. Le Bloc, à partir de là, a défendu une laïcité ouverte et inclusive. De son côté, le Parti québécois insistait sur l’intégration des immigrants à la société d’accueil et présentait la laïcité des institutions publiques comme un pilier de l’identité collective. Il recommandait dès ce moment que les représentants des institutions publiques oeuvrant dans des postes d’autorité et ceux en contact avec le public s’abstiennent de porter des insignes religieux.

 

Maria Mourani rappelait que sa famille avait choisi le Québec en raison de l’ouverture de la société québécoise. Comme d’autres nouveaux arrivants qui s’étaient intégrés au point de devenir souverainistes, la politique du Bloc reflétait ce qu’elle était. Le ralliement du caucus bloquiste à la position du Parti québécois obligeait la députée à renoncer à des convictions qu’elle avait partagées jusqu’ici avec les militants qui la suivaient dans son aventure politique. Perdant sa liberté de parole, elle n’avait d’autre choix que de se retirer du Bloc.

 

Il ne pouvait y avoir pire scénario pour les défenseurs du projet de Charte des valeurs. Maria Mourani devient une victime de la ligne de parti. Tout le discours du ministre Bernard Drainville se trouve nié. Le doute est créé quant à la sincérité de son invitation à réfléchir et à discuter collectivement.

 

Lui qui, il n’y a pas si longtemps, prônait le droit à la dissidence devrait se porter à la défense de madame Mourani et accepter sa contribution au débat. Autrement, on pourrait croire que d’emblée, il rejette le point de vue porté par la députée d’Ahuntsic et plusieurs autres souverainistes. Car elle n’est pas seule à rejeter les restrictions au port d’insignes religieux ostentatoires.

 

Le malaise autour du projet de charte est profond. Il tient beaucoup à la perception que l’on a des intentions électoralistes du gouvernement Marois de vouloir présenter coûte que coûte un projet de loi correspondant aux grandes lignes du projet Drainville. La façon choisie pour faire le débat (Internet et des appels aux bureaux des députés) est une façon de se dérober à de véritables échanges, alors qu’il y a tant à dire sur les valeurs québécoises, sur les enjeux juridiques, sur la diversité culturelle, sur la place grandissante de la religion dans la sphère publique. Le ministre Drainville doit aller en commission parlementaire pour entendre tous les groupes et confronter les points de vue. Sur une question aussi importante, on ne peut faire l’économie d’un tel exercice.

 

Le gouvernement Marois semble être en train de tout rater. Son projet de charte a du plomb dans l’aile et ses relations avec les communautés culturelles sont fragilisées. La première ministre Marois, et cela lui revient, doit clarifier les objectifs qu’elle poursuit dans ce débat dont elle doit garantir qu’il pourra se faire de façon libre et ouverte. Car celui-ci mérite d’avoir lieu. La société québécoise est mûre pour reconnaître le principe de la neutralité de l’État à l’égard des religions. Elle est capable de trouver les consensus nécessaires quant à son exercice.

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102 commentaires
  • Anne-Marie Bilodeau - Abonné 13 septembre 2013 23 h 10

    L'opinion publique favorable

    Le réseau de télévision Global a dévoilé les résultats d'un sondage Angus Reid effectué entre le 6 et le 10 septembre, indiquant un appui fort ou modéré de 69% des Québécois au projet de charte des valeurs. Même à Montréal, où la classe politique s'est insurgée contre le projet du gouvernement Marois, la charte recueille un appui majoritaire (41% l'appuient fortement). Mais c'est à l'extérieur du Québec que les données surprennent le plus : 44% des Albertains et 40% des Ontariens aiment le projet québécois de charte des valeurs.

    • Jean-Guy Mailhot - Inscrit 14 septembre 2013 15 h 56

      Dans la vie privée, dans la vie de tous les jours, au centre d'achat, au centre Bell, au stade Saputo etc etc , pas de problèmes avec les objets religieux ostentatoires. Je sens et respecte l'immigrant venu nous rejoindre et faisant parti du Québec.

      Mais est-ce que dans les services gouvernementaux je peux être servi par une personne à l'allure politiquement et religieusement neutre?

      Vous vous faites interpeller par un policier, ou par un infirmier à l'hôpital, vous arrivez à l'école à votre premier matin de l'année scolaire, etc etc, et cette personne a le profil ci-dessous, c'est un peu trop demander d'accomodements pour notre fonction publique québécoise qui se doit d'être neutre, non?

      http://imageshack.com/a/img560/3537/z8ng.jpg

    • Marc Collin - Inscrit 15 septembre 2013 04 h 17

      pleinement d'accord, faudrait que certain arrête de dire que ce n'est que les régions qui sont d'accord.... et que montréal ne l'es pas....

      les sondages le montre, la majorité appuie la charte.

      Québec doit mieux choisir ses immigrant.

    • Martin Maynard - Inscrit 15 septembre 2013 07 h 36

      Et en quoi ça dérange tant que ça de se faire servir par une personne d'une autre religion?
      Parce que c'est bien ça qu'il est question?
      Esr-ce qu'il y a vraiment menace? Est-ce que quelqu'un c'est fait mal servir par l'état à cause d'un signe? En supposant qu'il y ait des cas, est-ce qu'on observe une hausse des cas? Si oui, de combien?
      Où est l'urgence d'une telle charte si ce n'est que pour permettre au PQ de gagné quelques votes qu'ils étaient en train de perdre?
      On reprochait à Charest de diviser la polpulation à des fins électoralistes, le PQ n'est même pas subtil dans sa manière.
      Quel sera le prix social de cette division? Et combien ça va couter tout ça? Ne sommes nous pas "tannés" de payer pour les faux problèmes et débats?

    • Martin Maynard - Inscrit 15 septembre 2013 07 h 44

      Quand je vois tout le mépris, la xénophobie et la peur s'exprimer sur internets, je pense qu'il y a raison des inquiets. On voit que le débat dépasse largement la charte.

      C'est surtout quand on pense que ses commentaires viennent de gens qui n'ont aucun probleme de signe religieux. C'est déprimant!

  • Catherine Paquet - Abonnée 14 septembre 2013 06 h 42

    Des analystes bi-polaire ?

    Sommes-nous en présence de politiciens et de journalistes qui soufrirait du syndrôme de la bi-polarité, exhubérants un jour, déprimés le jour suivant? C'est en tout cas l'impression que donne Le Devoir depuis quelques jours...

    • France Marcotte - Inscrite 14 septembre 2013 10 h 11

      Oui, ça finit par avoir des inconvénients de ne pas vouloir dévoiler où on loge.

  • Robert Libersan - Abonné 14 septembre 2013 07 h 44

    Ce que le projet de Charte ne dit pas

    Je pense qu'un consensus se dégage au Québec à l'effet qu'une ou qu'un fonctionnaire de l'État ou d'organismes publics et parapublics n'a pas à afficher ses convictions politques.Si j'étais hospitalisé par exemple, ça m'irriterait que l'infirmière qui me soigne porte un macaron qui dirait son allégeance à telle ou telle cause politique.

    Il me semble que ça va de soi qu'il en aille ainsi pour les convictions religieuses de tous les serviteurs (hommes et femmes) de l'État. D'ailleurs, je viens de lire qu'en Turquie, où 90% de la population pratique la religion musulmane, le port de signes religieux est interdit dans la fonction publique. Pourquoi alors tout ce boucan au Québec ?

    En lisant les interventions des personnes qui manifestent leur opposition au projet de Charte, j'ai remarqué que les arguments invoqués s'appuient sur des raisons dont la Charte ne parle même pas. Quand je lis par exemple que «le projet de Charte va m'empêcher de pratiquer ma religion, va nier mon identité, va m'exclure de la société, etc, », je ne vois pas où la Charte contrevient à ces grandes libertés fondamentales.

    Une personne pourra afficher partout ses convictions religieuses sauf au travail si elle est un serviteur de l'État.Il me semble que c'est une proposition modérée, non ?

    Mais c'est bien connu que le hockey et la politique sont les sports préféres des québécois, qui aiment bien sur ces sujets déchirer leur chemise sur la place publique.Mais au moins, on discute et c'est ce qui est le plus important.

    • Claude Champagne - Inscrit 14 septembre 2013 10 h 37

      Bravo messieurs Libersan, c'est de ramener la discussion sur les vraies propositions, la discussion a pris une direction très négative, voire même démagogue.

    • enid bertrand - Inscrit 14 septembre 2013 10 h 50

      En quoi celà peut-il bien vous déranger de vous faire soigner par une infirmière portant un foulard? Comme j'entends souvent ces temps-çi, "je n'ai rien contre les musulmans, mais..." À quand un réalisateur qui nous concoctera un nouveau film "Devines qui apporte le couscous ce soir?"

    • Robert Libersan - Abonné 14 septembre 2013 11 h 04

      J'entends souvent, M.Bertrand, des gens dire : «je suis en faveur de la laïcité de l'État mais...». Un principe doit bien trouver des applications, non ?

    • Jean-Marc Simard - Abonné 14 septembre 2013 11 h 59

      M. Bertrand, croyez-vous qu'un chirurgien devra enlever son signe religieux, son kippa, sa croix ou autre gadget, avant de faire une opération ? Ils doivent plutôt revêtir des vêtements stérilisés et enlever tous bijoux et autres objets. Pensez-vous qu'une infirmière musulmane travaillant dans une salle d'opération a le droit de porter son voile ? Je crois que par mesure d'hygiène ces gens doivent enlever tous objets non stérélisés. Cet exemple démontre l'absurdité argumentaire de ceux qui ne voit pas d'inconvénient à ce qu'une infirmière musulmane porte un foulard... L'institution hospitalière impose ses règles, comme tout autre employeur. Pourquoi pas l'institution étatique pour d'autres raisons toutes aussi convenables...

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 14 septembre 2013 13 h 09

      Le fonctionnaire doit respecter son client (patron), le citoyen.

    • enid bertrand - Inscrit 14 septembre 2013 14 h 17

      @monsieur simard, lorsque j'étais jeune, ma mère, qui était infirmière, revêtait à tous les jours son uniforme blanc, et sa jolie coiffe. On ne porte plus ces uniformes maintenant, j'imagine dans la mouvance de contestation intensive des années 70, période au cours de laquelle on a jeté le bébé avec l'eau du bain dans beaucoup de domaines, et pas toujours judicieusement. De la même façon, à cette époque, nous devions porter un uniforme à l'école. Autres temps, autres moeurs. Rien à voir avec l'higiène cependant. Et dans les salles de chirurgie, les infirmières et médecins revêtaient leur sarreau vert, tout comme aujourd'hui je crois. Une coiffe, un voile...pas vraiment de différence, ne trouvez-vous pas? Il ne faut pas chercher de justifications pour justifier l'injustifiable.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 14 septembre 2013 17 h 20

      @monsieur Simard. J'aime bien cette idée qu'on pourait étendre à tous les serviteurs de l'état: bien stérilisés, bien propres, bien lisses et tous en vert réglementaire. L'égalité par la suppression des différences... différentes.

    • Jean-Marc Simard - Abonné 15 septembre 2013 03 h 38

      Quelles sont les valeurs qui priment sur les valeurs religieuses ? La santé et l'hygiène dans les hôpitaux, la sécurité sur les chantiers de construction et dans les usines, le respect du client dans les commerces et la fonction publique etc... Ce ne sont que des exemples qui démontrent l'absurdité des revendications religieuses. Un Shick travailleur de la construction peut-il garder son turban ? Une policière musulmane peut-elle garder son voile? Une éducatrice peut-elle garder son signe religieux ? À tous ceux qui croient que leur foi religieuse ne tient qu'au port de leur symbole religieux, je dis que si votre foi ne tient qu'au port de ce signe, elle est bien faible. De même pour votre personnalité . Si celle-ci ne tient qu'au vêtement que vous portez, elle est peu forte. Dans une société laïque les valeurs civiques ont priorités sur les valeurs religieuses... Voilà ma pensée...

    • Jean-Marc Simard - Abonné 15 septembre 2013 04 h 08

      Le port de signes religieux, c'est bon pour la parade non pour travailler...Quand va-t-on comprendre que l'expression religieuse doit rester dans la sphère privée. Portez vos signes religieux chez vous, sur la rue, n'importe où, sauf au travail . Le milieu de travail n'est pas un endroit où exprimer ses convictions religieuses. Il me semble que cela va de soi...À ceux qui prétendent le contraire, je dis que votre geste a davantage un poids politique que religieux. Pour moi le port d'un signe religieux en public soutend plus une intention politique que religieuse...Ce geste n'est pas anodin. Il cherche à imposer un symbole et une pensée qui ne conviennent pas à tous; ce qui nuit aux bons rapports civiques et humains...

    • Marc Collin - Inscrit 15 septembre 2013 04 h 19

      c'est simple car au Québec il y a une mentalité de rien n'est grave... on règlera le problème plus tard

    • Martin Maynard - Inscrit 15 septembre 2013 11 h 48

      A M. Collin,

      Pour régler un problème, il faut savoir le cibler. Je vous invite à lire froidement les blogues. Vous allez constater que le débat est tout sauf ciblé.

      Hors, personne, ni même le PQ, a identifié qu'il y avait un problème. On parle de "malaise" ici et là, mais pas de problème ... sinon le problème d'aller chercher des votes pour l'élection.

    • Robert Libersan - Abonné 15 septembre 2013 12 h 18

      Entièrement d'accord avec vous M. Simard.
      Afficher ses convictions religieuses d'une façon ostentatoire ou pas, n'est pas un geste anodin, banal, comme porter un bijou.

  • Normand Carrier - Inscrit 14 septembre 2013 07 h 47

    On va rater lorsqu'on ne répondra plus aux voeux de la majorité ....

    Mais ce n'est pas le cas car cette charte répond aux désirs de la vaste majorité des Québécois et ce n'est pas parce que une député du Bloc s'est fait expulsée du caucus que le PQ est en train de tout rater ...L'éditorialiste s'énerve le poil des jambes sur la manière ...
    Il faut comprendre que madame Mourali a fait un dogme du port de signes ostentatoires pour les musulmanes alors que rien dans le coran n'exige le port du hijab si ce n'est la demande de eurs imams ...Il se fait actuellement un retour en arrière incroyable dans les pays qui sont sous controle de partis religieux comme les frères musulmans et Ennadha en Tunisie ou , on ne voyait pas de voile il y a une décennie et qu'une majorité en porte maintenant .....

    Oui , la société Québécoise est capable de trouver un consensus mais ce consensus doit répondre aux voeux de la majorité .... Cette majorité n'est pas seulement de Montréal ou du plateau mais de toutes les régions du Québec .... Il est démontré que cette majorité est sérieusement irrité que ce problême de neutralité de l'état et de port de signes ostentatoires ne soient pas réglés et balisés pour les employés de l'état sur leurs heures de travail ... C'est la majorité des Québécois qui doivent avoir le dernier mot comme la démocratie l'exige .... Mais le gouvernement est en consultation et il passera toute les étapes d'un projet de loi dont une commission parlementaire ....... Il serait triste qu'une minorité , sous couvert religieux , empêche l'état d'atteindre le neutralité religieuse , la laicité et l'égalité homme-femme ....

    • Catherine Paquet - Abonnée 15 septembre 2013 05 h 22

      M. Carrier,

      À la réflexion, vous comprendrez sûrement pourquoi on ne doit pas et on ne peut pas permettre à la majorité de décider quels sont les droits des minorités. Il faut que ce soit une règle de droit, une charte, comme celles de l'ONU, du Canada ou du Québec qui détermine, comme elles le font, quels sont les droits dont jouissent tous les citoyens. Et depuis la Magna Carta de 1215, les droits sont établis de tels sorte que les tribunaux puissent les faire appliquer en respectant l'égalité de tous devant la loi. Autrement, c'est l'anarchie. On ne peut pas accepter que nos États de soient pas des États de droit.

    • Catherine Paquet - Abonnée 15 septembre 2013 05 h 26

      M. Carrier, l'égalité homme-femme est déjà inscrite dans toutes les chartes celle de l'ONU, du Canada et du Québec. La neutralité de l'État est également assurée par les Chartes qui empêchent toute discrimination.

    • Michel Gagnon - Inscrit 15 septembre 2013 11 h 22

      Le problème, M. Paquet, est que si, en effet, l'égalité homme-femme est inscrite dans toutes les chartes, pourquoi les organisations religieuses ont-elles le droit de contrevenir systématiquement à ce principe et de ne pas le respecter?
      Je n'arrive vraiment pas à comprendre que même des groupes féministes, qui ont longuement lutté pour sortir du Moyen-Âge et faire reconnaître officiellement ce principe d'égalité homme-femme, luttent maintenant pour le droit à une plus grande présence dans la société de toutes ces organisations religieuses, accusant même le projet de Charte des valeurs d'être discriminatoire à l'égard des femmes.
      Est-ce impertinent de rappeler que ce sont toutes ces organisations religieuses qui appliquent des règles moyen-âgeuses de discrimination à l'égard des femmes.
      Quelqu'un peut m'expliquer? Ça fait plusieurs fois que je pose la question et je n'ai toujours pas eu de réponse.
      Au Québec en particulier, un Gouvernement ou une entreprise qui tenterait d'appliquer ce même genre de règles créerait un tollé avec des centaines de milliers de citoyens et citoyennes dans la rue, et avec raison. Mais présentement, c'est le projet de limiter la présence de ces organisations religieuses dans notre société qui soulève un tollé. Les femmes revendiquent le droit d'afficher leur appartenance à une organisation qui pratique la discrimination à leur égard.
      Je dois certainement avoir une partie de mon cerveau d'éteinte, car je n'arrive pas à comprendre. Je comprendrais davantage une manifestation revendiquant l'application du principe de l'égalité homme-femme dans les organisations religieuses. Ça, je pourrais comprendre.

    • Normand Carrier - Inscrit 15 septembre 2013 14 h 52

      Monsieur Paquet , si je vous comprend , nous devons laisser la minorité déterminer les choix de la majorité .....Ce que plusieurs intellectuels appellent la dictature de la minorité !!!!!
      En quoi cette neutralité incrite a l'Onu , dans les chartes a empêché tous les accomodements <déraisonnables> accordés depuis une décennie , Il faut une charte et une loi la ratifiant ....

  • François Dugal - Inscrit 14 septembre 2013 08 h 13

    Message au chef

    Message au chef: nous vaincrons.

    • Robert Breton - Inscrit 15 septembre 2013 07 h 47

      Quel chef? Marois, Dieu, Harper, qui?
      Vaincre de quoi? Vaincre le racisme, la peur de l'autre, l'ignorance, quoi?

    • Marie-Maude Lalande - Inscrite 15 septembre 2013 12 h 00

      @Monsieur Breton:

      Vaincre dans notre démarche de se faire comprendre sans être ridiculisé, nous qui sommes pour la Charte. Ce serait déjà pas mal...

      Réussir aussi à:
      -Garder la religion hors des institutions.
      -Ne pas tolérer au minimum chez les représentants de l'État des symboles qui repensentent ou endosses la subordination de la femme à l'homme.
      -Baliser les demandes d'accommodements de façon uniforme au Québec question de ne pas se retrouver devant les tribunaux à chaque 2 semaines ou voir des enfants séparés des autres dans nos écoles parce que le prof fait jouer de la musique (cas véridique).
      -etc.

      C'est plate une réponse sérieuse sans ironie hein? Mais c'est ça qui est ça.

    • Robert Breton - Inscrit 15 septembre 2013 12 h 47

      @Madame Lalande.
      Merci de votre réponse; au contraire, une réponse intelligente est très bien accueillie. En aucun cas je ridiculise le débat (mais «chef nous vaincrons», là j'accroche).
      Religion hors de l'État: aucun problème! Mais les droits de la personne, que ce soit des Nations Unies, du Québec ou autre, pasent avant un foulard au travail.
      Pour ce qui est de la musique, je suis enseignant et je n'ai jamais, en 30 ans, eu de problème avec une minorité dite visible; un peu avec les Témoins sur l'évolution (pourtant «eux» ne portent rien de visible; alors?). Je ne comprend absolument pas comment exclure va permettre de mieux intégrer.
      Avec respect!

    • Solange Bolduc - Inscrite 15 septembre 2013 17 h 02

      Bravo, Mme Lalande, c'est ce que j'appelle conviction et détermination!

    • Solange Bolduc - Inscrite 15 septembre 2013 17 h 04

      M. Breton, il ne s'agit pas d'exclure, il s'agit d'établir des règles!