Taxes scolaires - «Petites» ou grandes discussions?

L'évolution du discours gouvernemental en matière de taxes scolaires a quelque chose de déroutant. Il y a un mois, la ministre de l’Éducation Marie Malavoy indiquait qu’à ses yeux, les augmentations de taxes au Québec n’avaient rien d’excessif. À preuve, insistait-elle, aucune commission scolaire n’avait « grimpé le compte […] au-dessus de ce que la loi permet ». Or, cette semaine, avec une virulence inhabituelle chez elle, la première ministre Pauline Marois a contredit sa ministre, donné raison aux citoyens mécontents et fustigé les élus scolaires. Lorsqu’elles se sont fait couper l’aide temporaire - « péréquation » offerte par le précédent gouvernement pour compenser la hausse des valeurs foncières -, les commissions scolaires (CS) ont choisi non pas « de resserrer leurs règles de gestion », mais d’envoyer cela « sur le dos des citoyens », s’est indignée la première ministre. Sur un ton de « maîtresse d’école », Mme Marois a réclamé un « petit rendez-vous » avec les commissions scolaires pour avoir une « petite discussion sur cette question ».

 

Or, on sait déjà ce que les CS vont lui rétorquer : « Quel autre choix y avait-il ? » Le couloir était étroit, en effet. Dans son budget de novembre 2012, le ministre Nicolas Marceau prévoyait que l'« ajustement » de la péréquation aurait pour effet d’imposer des choix difficiles aux CS. Il suggérait aux commissaires de réduire les dépenses sans affecter les services, de sorte qu’« ils pourraient choisir de hausser les revenus ». L’opposition, devant cela, a beau jeu de parler d’« hypocrisie » du gouvernement (dixit François Legault, de la CAQ) ou encore de lui rappeler que « qui sème le vent récolte la tempête » (Philippe Couillard).

 

Malgré tout, Mme Marois a évoqué des éléments de défense dont certains pourraient s’avérer légitimes, une fois que chaque hausse aura été décortiquée. Ainsi, des commissions scolaires, croyant pouvoir facilement jeter l’odieux sur Québec, en auraient profité. Quelque 50 d’entre elles (sur 72) ont refilé 100 % des compressions à leurs contribuables. Sur quelque 200 millions de compressions, 193 millions ont été refilés aux contribuables, a déploré la première ministre en entrevue au Devoir.

 

Mais pourquoi Québec n’a-t-il pas fait en sorte que les CS soient encouragées ou même contraintes à réduire leurs dépenses ? À piger dans leur surplus (pour celles qui en ont) ? Pourquoi n’avoir pas eu la « petite discussion » avant qu’elles ne décident de plonger dans les poches des contribuables ? Si Mme Marois estime qu’elles abusent de leur pouvoir de taxation, est-elle prête à le réduire, voire à l’abolir ? Faute d’avoir prévu le coup, ce sont de « grandes discussions » que le gouvernement devra peut-être tenir.

4 commentaires
  • Anne-Marie Courville - Abonnée 7 septembre 2013 08 h 10

    Abus des CS

    Les commissions scolaires pouvaient augmenter les taxes mais plus modérément.
    On devrait supprimer les commissions scolaires actuelles pour le manque de jugement et de leur inutilité. Il serait temps que le peuple se décide à supprimer cette fonction et regrouper ce service qui pourrait être régionale. L'argent économisé pourrait servir aux élèves et non aux petits amis des commissaires.

  • Chris G. Eustace - Abonné 7 septembre 2013 11 h 25

    Abus des Commissions Scolaires - an English viewpoint


    7 septembre 2013


    Je suis d'accord avec Chantale Desjardins (ci-dessus) ....

    Les commissaires des commissions scolaires anglophones se réunissent ce mois-ci .... ils veulent plus d'argent pour eux-mêmes .... Pouvez-vous imaginer?

    Les commissions scolaires ne seront jamais réduire leurs dépenses si vous leur donnez un choix ....

    Mme Malavoy a fait une erreur ... Aussi, Mme Malavoy a donné 2 commissaires plus à la Commission scolaire Lester B. Pearson - que c'était une grave erreur ... Ils ne sont pas nécessaires ...

    J'espère que Mme Marois si elle répond aux commissions scolaires, ce mercredi, elle se souvient de ce qu'elle a dit sur les commissions scolaires quand elle était ministre de l'Éducation ...

    Mme Diane Lamarche-Venne, (CSMB) Nathalie Roy, (CAQ) et François Legault sont sur ​​la bonne page ....

    Plus d'informations sur ces liens:


    http://www.ledevoir.com/politique/quebec/386800/ma



    http://www.ledevoir.com/societe/education/381088/c



    http://www.ledevoir.com/societe/education/370897/e


    " M. Eustace suggère que la taxe scolaire soit jumelée aux taxes municipales."



    Chris Eustace

  • Jean Lapointe - Abonné 8 septembre 2013 09 h 58

    Augmentations des taxes scolaires.


    Cette année j'ai payé 17.04$ de plus que l'an dernier.

    J'habite Montréal et c'est à la Commission scolaire de Montréal que je verse ces taxes.

    Ce n'est quand même pas la fin du monde.

    Sur le reste je ne suis pas en mesure de me prononcer.

  • Christian Dion - Abonné 8 septembre 2013 11 h 03

    Rédition de comptes.

    À qui les commissions scolaires rendent-elles des comptes sur la justesse de leur administration, laquelle, en principe, doit correspondre en tout point à la mission qui leur a été dévolue lors de leur création?
    Y-a-il des vérifications faites par un organisme indépendant? Et si la réponse est non,
    qu'est-ce que nous attendons?