Annulation du sommet Obama-Poutine - La séparation

Le divorce entre Barack Obama et Vladimir Poutine est consommé. À la suite de l’asile accordé par le gouvernement russe à Edward Snowden, ex-contractuel de la National Security Agency (NSA), Obama a tranché : la rencontre au sommet prévue en marge du G20 a été annulée. Il faut préciser que le droit alloué à Snowden s’est avéré la goutte qui a fait déborder un vase rempli de mésententes sur la réduction de l’arsenal nucléaire, la guerre civile en Syrie, le dossier nucléaire iranien, etc. Quoi d’autre ? Les diplomates en lien avec les Russes se plaignent depuis des mois que ces derniers ne répondent plus à leurs diverses requêtes.

 

Parmi les arguments avancés par le chef de l’exécutif américain pour justifier une annulation unique dans les annales de l’histoire américaine des cinquante dernières années, le plus spectaculaire fut sa référence à la guerre froide. Dans le cadre de l’émission animée par l’humoriste Jay Leno - ce choix en dit long sur la mise en scène fixée à la Maison-Blanche -, Obama a martelé : « Il y a des moments où ils reviennent à une mentalité de guerre froide, à une pensée de guerre froide. » Il a tout à fait raison. Depuis que Poutine, l’ex-cadre du KGB, agite à sa guise les rideaux du théâtre politique russe, les échos de la guerre en question ont été légion. Ils confirment…

 

Ils confirment, plus qu’ils ne révèlent, que Poutine est habité par la volonté de puissance, par l’inclination impériale. Cela rappelé, sur ce flanc, Obama n’a pas grand-chose à lui envier. Parmi les signes montrant chez lui que la volonté en question est bien aiguisée, on retiendra que comparativement à Bush, à son immédiat prédécesseur républicain, il a réduit de moitié les droits du public à l’information. Ceci a eu pour résultat cela : jamais le nombre d’employés civils poursuivis par l’État n’a été aussi important que sous sa présidence.

 

Pour en revenir à Snowden, on notera que Poutine et les précédents patrons du Kremlin sont au diapason de ce qu’Obama et les divers locataires de la Maison-Blanche ont fait depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Quoi donc ? Allouer l’asile au dissident. Car Snowden n’est pas un traître, il n’a pas fourni des secrets à une nation en guerre contre l’américaine. On se rappellera et on soulignera qu’Obama en personne a accordé en 2010 l’asile au colonel Alexander Poteyev, qui avait refilé une liste d’espions russes.

 

Jamais, on le répète, les dirigeants américains et russes n’ont adopté la politique de la chaise vide. On peut craindre qu’en agissant de la sorte, Obama renforce un autre repli de Poutine, qui, faut-il le préciser, est une contradiction de la démocratie.

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