Sécurité ferroviaire - L’après-Mégantic

Le tragique accident ferroviaire de Lac-Mégantic a mis en lumière les problèmes de sécurité liés au transport de matières dangereuses par rail au Canada, que ce soit par la compagnie Montreal, Maine and Atlantic ou par toute autre compagnie. Il ne faut pas que l’événement du 6 juillet soit sans lendemain.


Dans le cas de la MMA, on pouvait croire inévitable une catastrophe, vu l’état de son réseau de voies ferrées et du fait qu’il s’agit d’une entreprise qui mérite bien le qualificatif de « compagnie broche à foin ».


Toutes les sociétés ferroviaires ne sont pas des MMA. Néanmoins, il n’y a pas de risque zéro, ne serait-ce que parce que les réseaux de voies ferrées sont immenses. Celui de la MMA est 810 km. Ceux du CP et du CN sont respectivement de 23 500 km et de 30 000 km. Ils connaissent régulièrement des incidents. En mars, le CP a connu le déraillement de 14 wagons de pétrole au Minnesota. Retenons aussi que sur ces voies transitent quantité de produits dangereux. Au deuxième trimestre, on a compté 86 000 wagons de produits pétroliers et 154 000 wagons de produits chimiques.


La sécurité ferroviaire ne cesse de s’améliorer et le nombre d’accidents diminue, assurent les transporteurs. Par contre, le transport du pétrole brut est en croissance en raison de la sous-capacité des réseaux de pipelines. Chaque accident recèle un potentiel de catastrophe écologique et humaine.


L’accident de Lac-Mégantic met une pression sur les gouvernements pour resserrer les politiques de sécurité. Il ne faudrait pas que 50 personnes soient mortes en vain. Après la catastrophe de l’Exxon Valdez, qui avait déversé 41 millions de litres de pétrole sur les côtes de l’Alaska en 1989, les États-Unis avaient imposé de normes plus sévères au transport de pétrole dans leurs eaux. Aujourd’hui, tous les navires pétroliers sont à double coque. Il devrait en être ainsi pour le transport de pétrole par chemin de fer. L’utilisation des wagons DOT-111 de première génération ne devrait plus être permise à moins de les renforcer aux extrémités par des boucliers, comme recommandé par les experts.


Davantage de sécurité veut dire coûts additionnels et rentabilité réduite pour les entreprises qui, dans plusieurs domaines, ont convaincu le gouvernement fédéral de se limiter à un rôle réglementaire et de leur faire confiance pour le reste. Cela n’a pas eu que des résultats toujours heureux, tant s’en faut ! Souvenons-nous du cas de l’abattoir de XL Foods en Alberta, fermé pendant des semaines après qu’eut été décelée la présence de la bactérie E. coli. La négligence de l’Agence canadienne des aliments dans ses inspections avait été mise en cause. Il faut revenir à une approche impérative en matière de sécurité. Dans le cas du transport ferroviaire de matières dangereuses, toutes les normes doivent être revues et soumises à un examen public par les parlementaires.

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12 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 12 juillet 2013 04 h 27

    sécurité ferroviaire

    Qu'est-ce que j'ai entendu hier à la télé ? Le département qui s'occupe de la sécurité ferroviaire n'a pas dépensé 58% de son budget ! Il va arriver la même chose à nos chemins de fer qu'à nos routes : la déchéance !

    Conclusion ? On est chanceux que Lac Mégantic soit le seul désastre... à date !

    P.S. Toute mon âme est avec eux.

    • Michel Richard - Inscrit 12 juillet 2013 15 h 15

      attention,

      La construction et l'entretien des voies ferrées est effectué par les compagnies de chemin de fer elles-mêmes. Dans le cas des routes, c'est le gouvernement qui paye.

      Les deux ne sont pas comparables.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 13 juillet 2013 05 h 41

      Expliquez la différence aux victimes soit de Lac Mégantic ou de nos routes. À moins que vous voulez me démontrer que le cancer du laisser-aller est généralisé, ça c'est autre chose.

      Merci de m'avoir lu.

  • louis cossette - Inscrit 12 juillet 2013 05 h 49

    Au plus vite

    Cette revue de la règlementation devrait se faire au plus tôt. Depuis 1995' les recommandations de Transport Canada pour le remplacement de ces citernes dangereuses n'ont pas été suivies d'actions par le gouvernement qui s'en remet à l'industrie pour s'autodiscipliner. On voit ce que çà a donné la semaine derniére, 50morts. Il est grand temps que le Gouvernement Harper arrête de se traîner les pieds et qu 'il adopte des lois contraignantes pour cette industrie qui fait peu de cas de la sécurité de la population canadienne.

  • Gilles Delisle - Inscrit 12 juillet 2013 07 h 10

    Quand on sera chez nous. . . . .

    On légiférera et on mettra les règlementations que l'on veut pour nos rails et pour nos convois de train. On donnera nous mêmes nos subventions et on surveillera leurs applications.On^protégera nos entrées de villes et villages et par le fait même, nos populations. On obligera nos convois à être en conformité avec notre règlementation
    et toutes les compagnies ferroviaires devront s'y conformer. Notre police nationale de voies ferrées fera le travail de contrôle comme notre police de la route.On ne dépendera plus d'aucune autorité étrangère et nous n'aurons pas à demander la permission à personne pour assurer notre sécurité.

    • Marc G. Tremblay - Inscrit 12 juillet 2013 14 h 19

      EH, LA FACTURE, ELLE ?
      Malgré toute vos bonnes intentions... ça deviendra l'enfer pour le payeur de taxe. Qu'on le veuille ou non, il y aura de plus en plus de catastrophes, naturelles ou causées par une erreur humaine, sur notre planête en réchauffement, surpeuplée, etc. La différence, c'est combien voulez-vous avoir de volontaires pour payer les factures ?

    • J-F Garneau - Abonné 12 juillet 2013 15 h 25

      Et quand on sera "chez nous" comme vous dites, les femmes seront plus jolies et les hommes plus forts, les enfants plus disciplinés et intelligents, le réchauffement planétaire se ralentira, le ciel sera plus bleu... l'erreur humaine n'existera plus, et bien sûr le Canadien gagnera toujours la Coupe Tremblay.
      Quelle triste récupération partisane.
      La route a fait 6000 morts dans les dernières 10 années. Et pourtant en matière de sécurité routière on a pas à "demander" de permission à personne? Ah j'oubliais, ça doit être la faute à Charest.

  • Michel Hains - Inscrit 12 juillet 2013 10 h 50

    LE VRAI COUPABLE

    Le responsable NO 1 de la tragédie de Mégantic est le gouvernement conservateur qui a autorisé d'avoir un seul mécano au lieu de deux.
    Peu importe ce qu'un convoie transporte, du blé, du bois et encore pire matière dangeureuse et pétrole.
    Le simple fait qu'un humain peut être pris d'un malaise cardiaque nécessite un deuxième mécano en place. Ça prends pas la tête à Papineau pour comprendre ça.

    MMA n'a que profité du courant néo-libéral des conservateurs en place qui ne cherche qu'à faire plaisir à sa plateforme d'électeurs de l'ouest.

    West Jet vient de demander une dérogation pour abaisser le nombre d'agent de bord sur ses vols. Dérogation accordée

    À moins que je ne me trompe , le siège social de WestJet est bien à Calgary
    Homeland de Harper again.

    Est ce que les vapeurs des sables bétumineux rend fou ?

    • J-F Garneau - Abonné 12 juillet 2013 15 h 18

      La seule chose pire que d'ignorer le drame humain à Megantic, est d'en faire une récupération politique. Bravo.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 13 juillet 2013 05 h 59

      Et l'autre «seule chose pire» est de ne pas mettre les responsabilités où elles vont. La logique «no fault» n'est pas à l'avantage de personne ici. Mais je comprend la peine qui fait dire des choses. Faut se défouler, acceptons le.

  • Claire Fortier - Abonnée 12 juillet 2013 10 h 57

    Coût et sécurité

    Si on veut que ces entreprises soeint plus sécuritaires, il faut en amont non pas l'autoréglementation et la privatisation, mais une meilleure réglementation. Et, en aval, il faut dans ces régles prévoire une plus grande responsabilité et indemnité de ces entreprises lorsqu'une catastrophe survient.