Projet d'hôpital à Québec - Comme le CHUM?

Le débat entourant l’emplacement d’un nouvel hôpital à Québec commence malheureusement à ressembler à celui qui a fait perdre tant de temps à Montréal en général et au Centre hospitalier universitaire de Montréal en particulier. Et la responsabilité est clairement celle du gouvernement Marois. Le 26 mars, la première ministre, sans estimation, sans étude, enterrait en public, devant la Chambre de commerce de Québec, le projet de rénovation et d’agrandissement de l’Hôtel-Dieu de Québec (HDQ). Pourtant, fonctionnaires, médecins, architectes et autres y travaillaient depuis 2005.


Mue par une partisanerie contre-productive, elle lançait : « Ce projet annoncé par les deux ministres de la Santé de l’ancien gouvernement s’en va tout droit dans le mur. » Selon plusieurs, pourtant, une des seules questions qui restait à régler était esthétique : comment faire en sorte que le nouvel édifice corresponde aux normes patrimoniales ? Presque une décennie de travaux de conception et quelque 60 millions en études de toutes sortes étaient alors jetés aux orties. La construction d’une clinique de consultation externe devait commencer, rue Charlevoix, en septembre. L’hôpital, situé dans le Vieux, mais se trouvant à proximité de l’autoroute 440, devait être livré en 2017.


Mme Marois préféra relancer le débat en promettant « un hôpital neuf, moderne et adapté aux réalités et aux technologies du XXIe siècle », ailleurs, aux côtés de l’Enfant-Jésus. Ah, le XXIe siècle ! Évidemment, selon plusieurs, il ne peut se déployer dans le Vieux-Québec (sauf peut-être lors du « Red Bull Crashed Ice » et dans les pubs pour touristes) ! Tous les preux chevaliers des banlieues que Mme Marois tentait désespérément de séduire ce jour-là n’ont cure de maintenir au coeur de la ville une institution qui s’y développe depuis le XVIIe siècle. À leurs yeux, il était évident que la logique économique commandait d’aller construire dans Limoilou.


Or, selon une étude effectuée par le CHU de Québec et déposée au ministre Réjean Hébert ces derniers jours, il en coûterait plus cher de bâtir à cet endroit que dans le Vieux : 1,3 milliard au minimum au lieu des 850 millions de l’HDQ. En vérité, la première ministre, en mars, a dégainé trop vite. Et cela entraîne de nouveaux délais. Ainsi, il y aura une autre étude, qui comparera les coûts, commandée par le ministre de la Santé Réjean Hébert. Rendez-vous en septembre… « La sagesse et l’histoire nous enseignent qu’il faut à tout prix éviter les longs et stériles débats sur le choix d’un site. » Qui a dit ça ? Pauline Marois, le 26 mars. Contradictoire, non ?

À voir en vidéo