27 millions d’esclaves dans le monde - Abject!

Lorsque le Bureau international du travail (BIT) a publié une étude établissant le nombre d’esclaves à travers le monde à 21 millions - 21 millions en 2013 ! -, il y avait de quoi désespérer du genre humain. Comme si cela ne suffisait pas, voilà que le département d’État américain vient de communiquer un rapport précisant que ce fléau, cette lèpre alimentée au lait de l’inhumanité, touchait non pas 21 millions de personnes, mais bel et bien 27 millions.

Cet inventaire a ceci de terrifiant qu’une fois sa ventilation terminée, on constate que l’esclavagisme est en hausse. Selon le département d’État, cette augmentation est principalement attribuable à trois pays : la Chine, la Russie et l’Ouzbékistan. Mais attention ! Les nations les plus esclavagistes de la planète restent l’Arabie saoudite, le Koweït, le Yémen et les autres pétromonarchies. Quoi d’autre ? L’Algérie ainsi que certains pays d’Europe de l’Est, comme la Roumanie, et des Balkans, comme le Monténégro, ne font pas à cet égard dans la dentelle.


La progression de l’asservissement d’autrui, le pauvre et le désarmé, par le fanatique de l’appât du gain a tant progressé au cours des dix dernières années que son commerce se situe juste derrière celui de la drogue et des armes au tableau de l’économie souterraine. Car outre les individus dont on exploite la force de travail, voilà que le nombre de ceux qui subissent cette féodalité pour leur sexe a enregistré une hausse prononcée. Notamment en Chine, où, selon les analystes du département d’État, mais aussi d’ONG versées dans cette question, la politique de l’enfant unique a eu des effets pervers énormes dans une dizaine de provinces du pays.


Cela étant, cette histoire et son cortège d’horreurs sont une autre illustration de l’élasticité éthique qui distingue notre époque. On impose des sanctions à l’Iran, à la Corée du Nord et autres États « voyous », mais pas à l’Arabie saoudite. Alors que ce pays de 28 millions de personnes qui emploient 9 millions d’expatriés couve encore et toujours des mesures, pour ne pas dire des coutumes, qui sont autant de contradictions de l’humanité. On s’explique. Dans tous les pays du monde, un employé de maison, s’il est maltraité, a évidemment le droit de claquer la porte, sauf en Arabie saoudite. Car dans ce pays, aucun travailleur étranger ne peut quitter son emploi sans autorisation expresse. Cette dictature du parrainage a pour conséquence éminemment perverse de favoriser les mauvais traitements.


Outre l’exploitation de la force de travail ou de la sexualité, quand ce n’est pas des deux, du démuni, voilà qu’on observe une expansion du phénomène des enfants-soldats. Bref, les assauts en sauvagerie sont en « vogue ».


 
9 commentaires
  • Jacques Boulanger - Inscrit 21 juin 2013 04 h 40

    Le monde est petit

    Tiens ! Puisque vous nous le rappeler à notre bon souvenir. L’Arabie saoudite n’est-il pas le pays où pratiquait notre bon neuro-chirurgien sans frontières et ami d’Arthur Porter ? Les pratiques de ce pays ont-elles de quoi inspirer notre futur premier ministre ?

  • France Marcotte - Abonnée 21 juin 2013 07 h 00

    Qui est esclavagiste?

    Vous mentionnez «le fanatique de l'appât du gain». Mais encore?

    Des femmes sont-elles esclavagistes?

    Marilyn French disait que les hommes allaient nous conduire à la fin de l'humanité.

    Quelqu'un pourrait démontrer qu'elle avait tort?

  • Gaston Carmichael - Inscrit 21 juin 2013 08 h 00

    Moins de .4% de la population de la planète

    Il faudrait savoir comment on défini un esclave. Si on donne une rémunération à quelqu'un qui ne lui permet que de survivre jusqu'au lendemain, pour mieux l'exploiter les jours suivants, est-ce que c'est de l'esclavage? Sans doute que non, parce que le chiffre de 27 millions serait bien trop bas.

    Par exemple, ce millier de femmes qui sont mortes en Inde après que l'on ait refusé d'évacuer un édifice déclaré dangereux, n'étaient-elles pas des esclaves de notre oligarchie financière?

    • France Marcotte - Abonnée 21 juin 2013 09 h 33

      Alors que voulez-vous dire avec ce «moins de .4% de la population»?

  • Claude Desjardins - Abonné 21 juin 2013 08 h 50

    L'effet pervers

    Il faut noter que pendant ce temps nos dirigeants discutent au G8 le moyen de mieux presser le citron des délinquants fiscaux, les droits les plus fondamentaux du genre humain passent en second plan. L'effet pervers d'une société où l'argent passe avant les droits humain, sans doute.

  • France Marcotte - Abonnée 21 juin 2013 09 h 16

    Chaque vie humaine

    Il y avait l'autre soir le bouleversant film «Trois enterrements» qui passait à TQ, film que les Américains n'ont pas particulièrement apprécié, dit-on.

    La violence, l'arrogance, le racisme et le sexisme encore d'actualité de ces gardes armés américains de la frontière américano-mexicaine étaient à vous décourager de certains représentants du genre humain dans une des plus grande démocratie du monde.
    On se demande comme spectateur comment on viendra à bout de tant de brutalité, d'ignorance et d'arrogance.

    Le film illustre une solution: le juste fait ramener au rustre, pas à pas, avec tout le temps nécessaire, le cadavre d'une seule de ses victimes dans son village natal pour l'enterrer décemment. Il apprend par la force des choses que chaque vie humaine a une histoire et une profonde valeur pour ceux qui l'aiment.

    • Gilbert Talbot - Abonné 21 juin 2013 12 h 08

      J'ai bien aimé ce film éloquent de simplicité, d'amour et de bon sens.