Soins à domicile - Dissiper le flou

En matière de soins à domicile (SàD) pour les personnes âgées, « on part de loin », a déclaré mercredi le vérificateur général (VG) par intérim, Michel Samson. C’est presque un euphémisme tant son rapport dresse un portrait épouvantable de l’état de ces SàD au Québec : profondes disparités régionales, absences d’évaluation, flou financier, etc.


Depuis une quinzaine d’années, les partis ont pourtant promis mer et monde à ce sujet. En 1998, le Parti québécois en avait fait un axe majeur de sa plateforme. Que firent les ministres de la Santé péquistes Pauline Marois (1998-2001) et François Legault (2002-2003) ? Rien : « Les sources documentaires consultées ne mentionnent aucune réalisation au titre de sept promesses [en santé], y compris celles d’accroître les ressources pour le maintien à domicile », a écrit l’expert en promesses électorales, François Pétry.


En 2003, la plateforme du Parti libéral promettait de « porter l’investissement dans les soins à domicile au niveau de la moyenne canadienne », un engagement de 625 millions de dollars sur cinq ans. Questionné en 2005 sur les uniques 20 millions qu’il y consacrait, le ministre de la Santé Philippe Couillard avait répondu : « C’est beaucoup mieux déjà que ce qu’a fait le gouvernement précédent. » Il reste qu’aujourd’hui, le Québec est toujours à 17 % de dépenses en matière de SàD, le reste allant aux CHSLD. Et quand Yves Bolduc, autre ex-ministre, affirme que le « virage » était « déjà bien enclen- ché depuis quelques années », on se demande bien de quoi il veut parler.


En ce domaine, on ne peut douter des convictions de Réjean Hébert. L’« assurance autonomie » a motivé son engagement politique après avoir été au coeur de ses recherches en gériatrie. Et cette mesure permettrait sans doute de régler plusieurs problèmes soulignés par le VG ; standardisation des évaluations de la condition des aînés, élimination des disparités régionales, définition de critères de qualité, etc.


Avant d’ajouter un autre retrait à la source à nos chèques de paie cependant, un vrai débat doit se tenir sur le financement des SàD. La consultation de cet automne ne peut escamoter cette question car, à lire le VG, actuellement, ce financement s’avère des plus aléatoires : « Chaque CSSS reçoit une enveloppe budgétaire de l’agence de sa région. » Enveloppe qui « est une reconduction d’un budget historique indexé et [qui] n’est pas établie en fonction des besoins de la population » ! Vivement des études plus précises, donc.

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