Guerre en Syrie - L’impasse

Si hier, en Syrie, les États-Unis, la France et le Royaume-Uni auraient pu intervenir afin de mettre un terme au massacre de sunnites par Bachar al-Assad, c’est beaucoup moins plausible aujourd’hui. En effet, depuis l’amorce de la guerre civile, et plus précisément au cours des derniers mois, ce pays a été transformé en un vaste théâtre de brutalités d’autant plus monstrueuses que les auteurs de celles-ci sont d’horizons aussi divers que nombreux.

Du côté gouvernemental, Assad et les siens disposent d’un arsenal d’armes chimiques qui présentent d’énormes défis à leurs adversaires pour des raisons aussi géographiques que physiques. Un, l’arsenal en question a été réparti en douze pôles, avec une concentration dans le nord-est de la Syrie, soit dans les bastions des alaouites et des chrétiens. Deux, les engins chimiques appartiennent, selon une longue enquête du New Yorker, à la catégorie des armes dites binaires : une fois construites, ces dernières ne peuvent pas être déconstruites. Ce n’est pas tout.


Le volume de bombes remplies de gaz sarin étant beaucoup plus imposant que les résidus trouvés en Irak, les nations occidentales évoquées plus haut devraient déployer, advenant un désir réel d’offensive, un contingent numériquement aussi considérable que celui envoyé en Irak en 2003. Car sécuriser un lieu où sont entassés des engins chimiques est un « gros consommateur » de soldats.


Dans le camp adverse, la situation s’est énormément complexifiée au cours des douze derniers mois. Car en plus de combattre Assad, les miliciens du Hezbollah libanais ainsi que les conseillers iraniens, plus présents que jamais, les rebelles font le coup de feu entre eux. Depuis, plus exactement, l’essor pris par le groupe baptisé Front al-Nosra qui rassemble des vétérans de la guerre en Irak affiliés à al-Qaïda. Ces derniers se sont fédérés avec ceux qui partagent leur ambition, soit l’imposition d’un califat islamique, pour mieux lutter contre les rebelles laïcs qu’ils ont surnommés, soit dit en passant, « les hippies. »


Cela étant souligné, selon les confidences recueillies par le limier du New Yorker auprès de proches d’Obama, ce dernier est terrifié par une possible répétition de ce qui s’est passé en Irak. Plus précisément, il craint comme la peste que le renversement d’Assad se combine en une implosion de tout l’appareil d’État et qu’il y ait donc un vide. Un vide qui favoriserait une cascade de tueries interethniques et interreligieuses comme celles observées en Irak. Bref, Obama et d’autres avec lui sont coincés entre l’arbre et l’écorce.

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