Marathon de Boston - Engendrer l’horreur

L'attentat à la bombe survenu lundi au marathon de Boston a semé la consternation à travers le monde. Alors que les autorités policières américaines poursuivent leurs recherches, une question hante tous les esprits : pourquoi ? Pourtant, la réponse à cette question est bien connue. L’intention des auteurs de cet attentat, comme de tous les autres, est d’installer un sentiment de peur dans l’esprit d’une population par la terreur. Ce n’est pas sans raison que le président Obama a qualifié l’événement d’attentat terroriste.

À Boston, on s’en est pris aux plus paisibles citoyens qu’on pouvait trouver lundi. Des Américains, mais aussi des Canadiens et des Européens qui participaient nombreux au marathon, accompagnés souvent de leurs familles. L’objectif a été atteint. Tous ceux qui organisent de grands événements de foule, où que ce soit à travers le monde, craindront que ne surviennent de tels attentats dont il faudra se protéger par des mesures de sécurité toujours plus envahissantes, comme le montre la réaction du président russe Vladimir Poutine, qui craint le pire pour les jeux de Sotchi. Impossible de concevoir la vie sans menace terroriste.
 
Ceux qui ont pensé et réalisé cet attentat ne l’ont pas fait gratuitement. Ils l’ont fait au nom d’une cause dont on ne sait encore ce qu’elle est. Ce pourrait être le fait, direct ou indirect, d’al-Qaïda. Cette organisation n’a réussi aucune action terroriste sur le territoire américain depuis celle du 11 septembre 2001 contre les tours du World Trade Center de New York. Elle n’a plus, depuis la mort d’Oussama Ben Laden, la même force. Elle s’est par contre transformée. Elle est devenue tentaculaire et ne contrôle plus les initiatives de djihadistes isolés.
 
Ce pourrait aussi être le fait de groupes extrémistes américains. Dans les années 1990, ils ont mené trois attentats, dont celui d’Oklahoma City, qui fit 168 morts et 500 blessés le 19 avril 1995. Il y a, selon le Southern Law Center, quelque 1360 groupes militants antigouvernement aux États-Unis, soit presque dix fois plus qu’en 2008.
 
Quelles que soient les causes qui les animent, les extrémismes se croisent dans l’horreur. Celle-ci atteindra parfois des sommets, comme le 11 septembre 2001 à New York ou le 22 juillet 2011 à Oslo. Mais il n’y aura jamais de degré, ni de justifications acceptables.

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