Les armes au congrès américain - De la folie

Au lendemain du massacre perpétré en décembre dernier dans une école de Newtown, au Connecticut, où plus de vingt enfants ont péri, des élus, Barack Obama en tête, avaient énoncé un chapelet de mesures à prendre. Ils s’étaient promis de bannir les fusils d’assaut des comptoirs des magasins, de baliser la vente d’armes dans les foires, d’obliger le commerçant à vérifier si tel client avait un dossier judiciaire ou pas, d’interdire l’achat aux personnes aux prises avec une maladie mentale… Bref, ils avaient pris des engagements qui partout ailleurs ou presque sont observés depuis des lustres.

Après trois mois et plus de 1000 personnes tuées par les engins de mort, le moins que l’on puisse dire, c’est que la liste des propositions évoquées plus haut s’est réduite, c’est le cas de la dire, comme peau de chagrin. Qu’on y songe, pour qu’il y ait amorce du débat au Congrès une majorité de sénateurs ont adopté un texte qui prévoit un éventuel - éventuel ! - renforcement du contrôle préalable à l’acquisition d’une arme. Est-ce que les fusils d’assaut, utilisés à Newtown et à Aurora au Colorado, seront interdits ? Non ! À moins d’un revirement qui relèverait du spectaculaire, ce ne sera pas le cas. Fait à souligner, le président n’a pas osé marquer son opposition.


Cette retraite des élus, pour ne pas dire leur lâcheté, met une fois encore en relief le poids démesuré que la National Rifle Association (NRA) fait peser sur la vie politique américaine. Qu’une organisation aussi antihumaniste que jusqu’au-boutiste, qu’une organisation qui a fait du fanatisme son moteur financier ait autant de pouvoirs ne peut que vicier les rouages de la démocratie. À preuve, ils ont fini par convaincre les uns et les autres que plus d’armes égalent plus de sécurité. Depuis lors, des policiers arpentent les couloirs de certains collèges. Depuis lors… Rien ne traduit mieux l’air du temps en cette matière que ceci : une municipalité de la Géorgie vient de voter un décret qui oblige tous ses résidents à détenir une arme. Au nom de quoi ? D’une lecture exaltée et intolérante du fameux second amendement qui permet la détention d’armes.


Histoire de ne pas être en reste, les élus républicains inféodés, il n’y a pas d’autre mot, à la NRA ont d’ores et déjà annoncé que des faits et gestes seront posés la semaine prochaine afin qu’aucune modification, absolument aucune, ne soit adoptée. Parce qu’ils tiennent mordicus à ce que ce commerce reste en l’état, ils vont déposer une ribambelle d’amendements. Ils vont faire de l’obstruction. Un exemple ? Lever le ban qui interdit à un vétéran de l’armée qui souffre d’une maladie mentale de posséder un pistolet ou un calibre.22. Il n’y a pas à dire, ce dossier est empreint de folie. D’extrême folie.

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