Le racisme des Frères musulmans - De l’abject

Décidément, l’inhumanité a le vent en poupe. Quinze jours après la libération d’un imam saoudien qui avait violé et tué sa fille de cinq ans en novembre dernier, voilà que d’Égypte nous parvient un écho très violent, très sanglant : une augmentation très prononcée des viols depuis la chute d’Hosni Moubarak il y a deux ans. Avec, en prime à l’abject, la caution des Frères musulmans.

 

Le 25 janvier dernier, soit deux ans après le départ de Moubarak, des milliers d’Égyptiens ont défilé sur la place Tahrir, certains en formulant des slogans critiques à l’endroit des Frères, d’autres en martelant le contraire. Au milieu de ce brouhaha découlant de positions politiques contraires, 18 femmes ont été violées. On insiste : 18 absolus de brutalité en un seul et même lieu.


Après l’insistance, il faut s’attarder à ce qui relève bel et bien de la bâtardisation de l’humanité, de la négation de la politique dans le sens le plus ancien du terme, soit la politesse comme préalable obligé à la politique, et enfin de l’expansion de la peur. De quoi s’agit-il ? Cette journée-là comme lors de journées antérieures, les infirmières ont déconseillé fortement la déposition de plaintes, soit le recours à la police. La raison invoquée ? Bien des policiers sont de mèche et donc fortement enclins à en rajouter. Bref, le nombre de viols est plus imposant qu’on ne le croit.


La moitié du monde subit ce qu’il ne serait pas exagéré de qualifier d’épidémie et comment réagissent les autorités ? À la manière saoudienne, c’est-à-dire en cantonnant la femme dans le rôle d’un objet animé appartenant à la catégorie des races inférieures. Celles-ci sont donc des êtres immatures à qui, tout logiquement, il faut retirer tout ce qui ressemble de près comme de loin au libre arbitre.


On en doute ? Tenez-vous bien, voici ce que pense un général de la police du Caire : « […] la fille suscite à 100 % son propre viol lorsqu’elle se met elle-même dans de telles conditions. » Les conditions en question étaient celles-ci : ces femmes étaient avec des hommes qui contestaient les Frères. Ce n’est pas tout. Selon un député islamiste, les femmes ont le « culot » de demander la protection du ministère de l’Intérieur alors qu’elles manifestent contre les Frères. Ce n’est pas tout (bis). Les dirigeants de ces derniers estiment que toutes les femmes qui se plaignent d’assauts sexuels doivent être blâmées et ajoutent qu’à l’avenir il faudrait imposer la ségrégation dans les manifestations. Lentement mais sûrement, le président Mohamed Morsi et ses Frères sont en train d’introduire la charia tous azimuts.


Au milieu du présent mois, ces religieux méticuleux mais balafrés de la politique ont posé un geste qui en dit long sur le fanatisme antifemme mais aussi sur leur haine de la démocratie. En effet, il y a une quinzaine, la Commission de la condition de la femme, de l’ONU, a publié un texte dénonçant la violence qui leur est faite dans le monde. La confrérie s’est empressée de publier un communiqué pour dénoncer le geste « onusien » sous prétexte « qu’il violait les principes de la charia ».


Qu’on y songe : la direction des Frères juge que la dissertation de l’ONU revient à garantir l’égalité sexuelle, l’usage de contraceptifs, le recul de l’âge du mariage, à donner aux femmes des droits qui vont amputer ceux de leurs maris, établir l’égalité entre héritiers, leur permettre de déposer des plaintes pour viol, pour les femmes musulmanes, de marier un non-musulman, un infidèle, etc.


Trop souvent, lorsqu’il est question de ce type de faits, lorsqu’on lit ce genre de propos, on enrobe le tout du qualificatif suivant : féodal. Dans le cas qui nous occupe aujourd’hui, employer le terme « féodal » reviendrait à injurier la féodalité. Car le cas qui nous occupe aujourd’hui présente tous les stigmates du racisme absolu, très obtus.

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38 commentaires
  • Carole Dionne - Inscrite 27 mars 2013 00 h 29

    Qu,est ce qui est le mieux?

    le monde de Moubarack ou la loi des frères musulmans?. J'ai beaucoup de misère avec les radicaux musulmans. Ils sont tous frères et aucune pitié piour la femme. Désolé. je n,ai ucune pitié pour ces frères musulmans comme les talibans. Une bande d'imbéciles heureux de leur sort. Alah

  • Umm Ayoub - Inscrite 27 mars 2013 02 h 37

    Des preuves s.v.p.


    M. Truffaut dit : "[...] Une augmentation très prononcée des viols depuis la chute d’Hosni Moubarak il y a deux ans. Avec, en prime à l’abject, la caution des Frères musulmans".

    Il faut apporter des preuves tangibles, sinon on pourrait considérer que c'est de la calomnie. Est-ce que les frères musulmans ont dit qu'il est permis de violer les femmes? Est-ce que l'islam autorise le viol des femmes? Non et encore non.

    Le nombre de viols a augmenté en Égypte, de même que le nombre de vols et le nombre de meurtres. Tous les crimes ont augmentés, parce que la police (qui était de mèche avec l'ancien dictateur Mubarak) a été purgée d'un grand nombre de policiers après la chute du régime et que ceux qui sont restés ne semblent pas trop enclin à se soumettre aux islamistes (qu'ils réprimaient et torturaient sous l'ancien régime). Ils ont même cessé de travailler dans certaines régions et les citoyens ont été obligé de prendre la relève, ce qui fait craindre le pire, car cela vient mettre en cause la souveraineté de l'État. Il y a quelques jours, des voleurs ont été attrapés par ces policiers civils et ont été pendus la tête en bas, battus et torturés en public jusqu'à ce que mort s'en suive. Voilà ce qu'il faut craindre.

    • Katerine Gagnon - Abonnée 27 mars 2013 08 h 20

      Vous demandez des preuves comme si M. Truffaut avait été trop crédule.

      Trouver les "preuves", précisément, c'est aussi le combat des organisation qui ne font que cela, maintenant, être sur place, prêts à défendre les femmes qui seraient attaquées, les soigner, les défendre encore.

      OpAntiSh par exemple. Leur parole devrait nous suffire. OpAntiSh (comme d'autres) croit à la possibilité que le gouvernement organise ces attaques. Dans tous les cas, les agresseurs ne sont pas menés en justice.

      "We have no concrete evidence, only testimonies from victims, but we know it is a tactic." (Dailymail, UK, 29 janvier 2013)

      OpAntiSh ont aussi entendu, directement, des Frères mulsumans membre du Conseil consultatif (Shura Concil) tenir les femmes responsables des viols. C'était dans leur communiqué de presse du 16 février dernier, signé par une dizaine d'organisations.

    • Minona Léveillé - Inscrite 27 mars 2013 08 h 47

      @Suzanne Chabot

      "Est-ce que l'islam autorise le viol des femmes? Non et encore non."


      Le Coran autorise les croyants à avoir des rapports sexuels avec leurs esclaves et leurs captives de guerre, les unes comme les autres ne pouvant donner un libre consentement. Il dit aussi que les femmes sont pour leur époux "...un champ de labour" et qu'ils peuvent aller à leur champ comme ils le veulent.

    • Annie-Ève Collin - Inscrite 28 mars 2013 11 h 30

      "Les commentaires exprimées à l'effet que les femmes ne devraient pas aller manifester visent à les protéger et non à les empêcher de s'exprimer." C'est toujours la même hypocrisie, c'est du même ordre que ceux qui disent que la victime de viol n'aurait pas dû porter une jupe aussi courte (ou se promener sans hidjab) si elle ne voulait pas se faire violer. Ça revient à mettre la responsabilité sur la femme alors qu'elle est la victime. On tombe très vite dans les jugements du type : "Elle a provoqué son propre viol." C'est d'autant plus grave quand c'est la police qui accuse la victime d'un crime d'avoir provoqué les choses. Quand la police blâme les victimes au lieu des criminels, il y a un problème !

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 30 mars 2013 22 h 20

      Mme Chabot, avocats, journalistes, femmes violées, crouleraient-ils sous les preuves que vous vous objecteriez encore, car pour vous seule la religion musulmane, et ses bonzes quoi qu'ils disent fassent ou défendent, ont raison. Vers la fin de la révolution, malheureusement ratée en Égypte, deux journalistes étrangères ont été violées: il n'y avait pas de preuve vu qu'il n'y a jamais eu enquête, et ça se poursuit.

      Je vous avais alors fait mention de groupes de femmes, Égyptiennes et musulmanes, désireuses d'améliorer le sort des femmes, entre autres face au harcèlement et agressions sexuelles. Vous avez fini par dire que oui, le système judiciaire était à revoir: deux ans plus tard rien n'a été fait en ce sens. C'est aux victimes seules et sans soutien de tenter de prouver leur agression, et quant aux hommes suspectés on dirait à vous lire qu'ils sont innocents ou inexistants de nature.

      Hier, l'excellente émission Une heure sur terre faisait le point sur le printemps arabe en Tunisie, en Lybie et en Égypte; parmi les citoyens interviewés, il y avait bien sûr des femmes. Mais là encore pourquoi était-ce surtout l'Égypte qui était ciblée, question viols, harcèlement sexuel public, tous deux endémiques? Poser la question c'est y répondre. Mais c'est pareil en Inde (Ré: Guy Taillefer), une pseudo démocratie, et on ne peut arguer qu'il s'agit d'un complot des laïcs, du fait de journalistes anti musulmans ni des occidentaux. Dans un cas comme dans l'autre, le nombre de cas constitue des preuves, des cas ignorés ou niés dans la non volonté d'enquêter ou de changer quoi que ce soit. Les femmes elles sont coupables de sortir le soir, d'être provocantes, non pratiquantes, non voilées, etc. Et voilà qu'on condamne un humoriste, tel que rapporté aujourd'hui dans le Devoir...

      Et d'après vous... on devrait se taire? La calomnie n'est pas un crime, le viol, sa banalisation, sa justification, oui.

  • Pierre Mayers - Inscrit 27 mars 2013 06 h 48

    Aberration

    La situation que vous dénoncez ce matin, monsieur Truffaut, est tout simplement insupportable. On ne peut plus se fermer les yeux et rester passif devant les agissements de ces Frères Musulmans. Cela étant dit, que faire?

    Ma première impulsion serait de prendre les armes et de les neutraliser, Cette "croisade" me semblerait tout à fait légitime car il n'y a aucune espérance à court ou à long terme d'une conversion possible. Mais je sais que cela ne se fera pas et j'enrage.

    Nous pouvons cependant, ici, dans notre pays, faire le ménage. Ça nous le pouvons.

    Je sais de bonne source que des émules des Frères Musulmans sévissent dans toutes les grandes villes canadiennes, à Montréal plus spécifiquement. Il serait peut-être plus que temps que cesse notre aveuglement à leurs sujets. Tolérer l'intolérable doit redevenir intolérable et intolérer. Aucune charte ne doit plus leur servir de paravent.

    Pierre Mayers

  • Denyse Côté - Abonnée 27 mars 2013 07 h 19

    pourquoi ne pas parler de sexisme plutôt que de racisme?

    Quelle est la source de cette difficulté à nommer les choses par leur VRAI nom? Il ne s'agit pas de racisme, mais bien de sexisme.
    Denyse Côté

    • Nicole Moreau - Inscrite 27 mars 2013 08 h 27

      je suis bien d'accord avec madame Côté, ce qui est décrit est du sexisme digne des talibans d'Afganistan. Les Frères musulmans veulent cantonner les femmes dans une position de citoyenne de seconde zone, responsables de tous les malheurs ou agressions qui surviennent. On est très loin là d'une position favorable à l'égalité des sexes.

      Ce texte ne peut qu'évoquer pour moi les excès de cet islamisme dont on a eu un exemple avec la très triste affaire Shafia où 3 jeunes filles ont été tuées par leur père, belle-mère et frère. Il est vrai que même très éloigné de l'Égypte, nous pouvons être amenés, en territoire québécois ou canadien, à être confrontés à des incidents violents. On ne peut non plus ne pas penser à certaines membres de la communauté arabe qui auraient reçu des menaces. Mettre fin à l'intimidation partout, dans tous les groupes est essentiel pour tous.

  • Gilles Delisle - Abonné 27 mars 2013 07 h 23

    L'intolérance islamique dans les blogues du Devoir!

    Il y a de la graine d'intolérance islamique dans les blogues du Devoir. A lire la madame qui met en doute les dires du journaliste, et qui intervient régulièrement sur la page du Devoir avec des propos surprenants, à défendre l'indéfendable!

    • Sylvain Auclair - Abonné 27 mars 2013 10 h 10

      Si vous parlez de Mme Chabot, je crois qu'elle est elle-même musulmane, et professe sans doute la foi aveugle des convertis de récente date. N'empêche qu'elle a droit de parole.

    • Annie-Ève Collin - Inscrite 27 mars 2013 11 h 00

      Il me semble que sa conversion n'est pas récente.

      En ce qui me concerne, non seulement je reconnais son droit de parole, mais je trouve même que ses interventions sont précieuses car elles contribuent à donner l'heure juste au sujet de l'islam.