Sortie de Pierre Renaud - «Dénoyautage» nécessaire

L’ancien président du BAPE, devant la Tribune des leaders de l’industrie minière au Québec, a tenu mercredi dernier des propos tranchants, soutenant que « 12 personnes » menaient le jeu environnemental au Québec, « dont certains sont devenus ministres » ; ces derniers, à ses yeux, ne savent pas trop de quoi ils parlent. Les minières devraient peut-être se trouver un « artiste » pour « propager la bonne nouvelle » de l’industrie, a-t-il ironisé.


On peut comprendre que M. Renaud soit en colère à la suite de son congédiement par son ancien adversaire Daniel Breton en octobre. Il avait été reconduit par le gouvernement Charest quelques mois plus tôt dans ses fonctions, pour un mandat de cinq ans. Récemment, M. Renaud est allé rejoindre M. Charest au cabinet d’avocats McCarthy Tétrault et il y officie en matière du droit de l’environnement.


C’est là la compétence de M. Renaud. Et elle est indéniable. Il faut lire son riche curriculum vitae pour le comprendre. Sa nomination à la tête du BAPE, en 2007, se défendait. Mais plusieurs ont soutenu que, sous lui, l’organisme était comme la « tour de Pise » et penchait toujours du même côté, celui du gouvernement.


La sortie partisane de M. Renaud, combinée à la comparution de l’ex-vice-président du BAPE Pierre Fortin en commission parlementaire - qui fut lui aussi partisan dans ses propos -, accrédite aux yeux de plusieurs la thèse du « noyautage » libéralo-gazo-minier du BAPE. On connaît les liens intimes entre le PLQ et l’industrie, illustrés par le nombre impressionnant d’anciens employés des cabinets libéraux se retrouvant au service des gazières et minières.


Tout cela rappelle l’urgence que la direction du BAPE soit désormais nommée non pas par le gouvernement, mais par l’Assemblée nationale. C’est la meilleure manière d’éliminer à l’avenir tout doute au sujet des nominations au BAPE. Avant qu’il soit élu, Daniel Breton appelait cette réforme de ses voeux. Mais il était trop pressé de « dénoyauter » le BAPE. Le gouvernement Marois aurait dû prendre un peu de temps et réformer pour de bon la manière dont on désigne la direction de cet important organisme, tout consultatif qu’il soit.

À voir en vidéo