Bras de fer à Montréal - Assez de l’ingérence!

Mieux encore, on se retrouve encore avec un maire, Michael Applebaum, qui plaide l’ignorance. Il ne savait pas que les relations étaient si tendues entre le d.g., Guy Hébert, et le chef de police, Marc Parent, que le premier, l’automne dernier, a jusqu’à réclamer du sous-ministre de la Sécurité publique le pouvoir de congédier M. Parent, même si la loi ne le lui permet pas.


Premier constat : il est bien cow-boy ce monsieur Hébert, qui serait parti à Québec de son propre chef, sans que le maire (Gérald Tremblay ou M. Applebaum ?) ne soit au courant d’une démarche aussi lourde de conséquences ? À moins qu’il ne l’ait été ? Pas rassurant du tout.


Deuxième constat : il est bien peu curieux ce maire Applebaum, qui dit ne rien savoir de l’ingérence du directeur général dans les affaires du SPVM. Pourtant, Le Devoir vient d’y consacrer trois articles, auxquels La Presse a ajouté vendredi des éléments percutants. Et le maire n’aurait eu aucun écho de l’épreuve de force en cours ? Pas plus rassurant.


Troisième constat : elle est bien troublante, cette histoire à l’origine des tensions. Une affaire d’irrégularités alléguées dans l’attribution d’un important contrat (air trop connu…) qui a suffisamment intrigué le chef de police pour qu’il rencontre à ce sujet le contrôleur général de la ville. Bref, M. Parent, réputé pour son sens poussé de l’intégrité, a fait son travail, même s’il était susceptible de mettre en cause le d.g. de la ville. Dans le Montréal de la commission Charbonneau, c’est rassurant.


Les Montréalais sentent bien que les fondements éthiques dans la gestion de leur ville reposent encore sur du sable mouvant. C’est pourquoi, entre un directeur général dont on vante l’efficacité mais qui est régulièrement mis sur la sellette (notamment à la commission Charbonneau) et un chef de police qui pose des questions, le choix est clair.


Vendredi, seul Vision Montréal a compris l’enjeu et, par la voix de sa chef Louise Harel, a immédiatement réagi en faveur de M. Parent, lui apportant un soutien sans faille. Elle a raison : on est ici bien au-delà d’une « lutte de pouvoirs entre hauts fonctionnaires » (selon Projet Montréal) ou de styles de gestion différents (selon l’entourage du maire Applebaum). On est au coeur de la confiance que l’on peut ou non avoir envers ceux qui nous administrent. Et le laxisme a assez duré.

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