Coopération France-Québec - Quid de l’après-Charest

S'il arrivait à relancer la relation Québec-France sur de nouvelles bases, le ministre Jean-François Lisée mériterait à coup sûr le prix du « parlementaire s’étant le plus illustré hors Québec ». Récompense qu’il avait lui-même décernée virtuellement, sur son blogue, à Jean Charest, en 2009.


Car si ce dernier a eu bien des défauts comme premier ministre, sur le plan des relations internationales, nul ne peut nier qu’il se soit démarqué. M. Charest - que les militants du PLQ honoreront samedi soir - s’est montré non seulement très actif et efficace en ces matières, mais particulièrement inventif. « Une fois franchie la frontière, Jean-Charest-le-partisan devient Jean-Charest-le-grand-ambassadeur », écrivait même Jean-François Lisée en 2009. Puis il ajoutait : « Les membres de la petite mais dynamique diplomatie québécoise (et les diplomates étrangers) vous le disent en privé : il est parfait. »


À son arrivée au pouvoir il y a près de 10 ans, Jean Charest aussi avait assumé une continuité en faisant travailler le triangle Paris-Ottawa-Québec dans le sens de la conclusion d’un accord international sur la diversité culturelle, projet dont les bases avaient été jetées par Louise Beaudoin et Agnès Maltais du gouvernement Landry, entre autres.


L’« international » servit paradoxalement à Jean Charest à se montrer nationaliste, mais sans craindre de faire le jeu de ses adversaires. Ainsi, il a fait l’éloge de la tradition libérale de la Révolution tranquille articulée autour de la doctrine Gérin-Lajoie : « Ce qui est de compétence chez nous est de compétence partout. » Il exploita le filon à plusieurs reprises : tête-à-tête de 2003 avec le secrétaire d’État Colin Powell ; mission conjointe Québec-France au Mexique avec le premier ministre français Jean-Pierre Raffarin en 2004…


Après l’élection à la présidence française de Nicolas Sarkozy en 2007, Jean Charest lance deux projets d’envergure : il plaide pour un libre-échange Canada-Union européenne, et la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles. En 2009 toujours, M. Lisée décrivait cette dernière comme une « avancée majeure dont on ne trouve pas l’équivalent, et qui répond partiellement au défi démographique québécois des prochaines années ».


À ces deux politiques de l’ère Charest, il faut ajouter celle du développement du Nord qui a été abordé par Mme Marois et M. Ayrault. Certes, on ne parle plus tant de « Plan », mais le premier ministre français a fait valoir l’expertise des entreprises françaises dans la valorisation des sites miniers, entre autres.


D’où pourrait venir un véritable « nouvel élan » de la coopération France-Québec ? De la création d’un centre culturel québécois à Paris ? Un projet avait été lancé en 2002, mais sur ce plan, M. Charest avait malheureusement opté pour la rupture. Si M. Lisée veut s’accorder le prix dont il avait gratifié M. Charest, il pourrait y avoir là une piste de travail.

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