Fukushima, deux ans après - La greffe des maux

Le moins que l’on puisse dire est que la gestion des conséquences inhérentes à l’accident nucléaire de Fukushima laisse vraiment à désirer. Car, deux ans plus tard, que constate-t-on ? L’administration des programmes de nettoyage du site, de reconstruction de logements et autres s’est poursuivie à l’enseigne de l’intérêt financier des entreprises impliquées assortie d’une indifférence crasse pour les victimes d’une catastrophe qualifiée par les initiés aux méfaits de la physique de majeure.

Il y a peu, des employés du sous-traitant d’un traitant qui empoche mais ferme les yeux sur le travail réalisé avec la complicité de fonctionnaires ripoux ont confié l’incroyable : leur superviseur a exigé que les ouvriers de l’extrême, après tout ils frôlent la mort, enroulent leurs dosimètres de plomb. L’intention ? Grâce à ce stratagème aussi malhonnête que dangereux, le niveau de radiation des employés était minoré. Ce faisant, Build-Up, c’est le nom de l’entreprise, a conservé son contrat. Ce n’est pas tout.


D’autres sociétés, elles chargés de transporter des sacs de couleur bleue afin de les distinguer et qui renferment des poussières radioactives, ont déposé les sacs en question parfois sur les terrains d’école, dans les arrières des maisons quand ce n’était pas dans des rizières. Ce n’est pas tout (bis). Ici et là, on a disposé des poubelles recouvertes d’un morceau de tissu. Et alors ? À plus d’une reprise, le vent et la pluie ont transporté ces terres et branches contaminées ailleurs. En fait, là où il ne fallait pas.


Il en a été ainsi et il en est toujours ainsi parce que les gros joueurs japonais de la construction se sont rués sur les contrats très lucratifs, sur les contrats qu’ils ont obtenus, devrait-on écrire, grâce à leur proximité avec les membres du gouvernement. Le laxisme de ces derniers pour tout ce qui a trait à l’observation du cahier des charges, notamment au chapitre de la sécurité, a été si prononcé que 29 millions de mètres cubes de déchets ont été ramassés, soit seulement 15 % du total. Quoi d’autre ? L’usage des logements préfabriqués a été prolongé de deux à trois ans pour la bonne et rageante raison que le plan de reconstruction n’a été terminé qu’en… janvier 2013 ! Tout est en retard. Tout est à l’avenant.


Et ce, parce que les sociétés sont si avides du profit archimaximum qu’elles sont allées jusqu’à accorder des salaires en dessous de la moyenne de l’industrie de la construction. Qu’on y songe : elles payent moins les travailleurs de « l’extrême », les liquidateurs qui risquent leurs vies. Tout naturellement, le nombre de ces derniers est en dessous de ce qu’exigent les travaux à faire. Après tout, quand les autorités sont complices, pourquoi se gêner ?