Journée internationale des femmes - La pauvre

Plus que jamais, la Journée internationale des femmes devrait être débaptisée d’abord et requalifiée ensuite. En quoi ? En Journée internationale de l’appauvrissement croissant de la moitié du monde. En effet, dans la foulée de la crise économique qui a éclaté en 2008 et qui étend depuis ses effets de lèpre sociale tous azimuts, l’état financier des femmes a encaissé réduction après diminution et induit tout naturellement un chapelet de coups de butoir sociaux et autres.


En Europe, cette augmentation de misérables se conjuguant au féminin a été plus marquée qu’ailleurs. À un point tel, que l’on peut avancer que l’augmentation en question a ramené les expressions réforme de la retraite ou équilibre budgétaire à la catégorie des mots-valises. On s’explique. En Grèce, en Espagne, en Italie et en France, les rabotages de la retraite ont percuté le portefeuille des femmes avec plus d’impact que celui des hommes sans que les auteurs de ces plans d’austérité prennent le temps de le reconnaître, de l’avouer.


On ne compte plus les reportages qui, de France, nous apprennent que la majorité du million (1 million !) de personnes qui ont utilisé les bains douches l’an dernier à Paris sont des femmes. Que la multiplication des appels à l’aide au cours des trois derniers mois d’organisations du type Restos du coeur est largement attribuable à la hausse constatée des femmes, et plus particulièrement des retraitées, qui les fréquentent. Qu’elles sont plus nombreuses à arpenter les marchés après la fermeture avec l’espoir de mettre la main sur un légume ou un fruit abandonné, donc laissant à désirer. Pour résumer, en France, le Secours catholique a calculé que sur 100 pauvres 57 sont des femmes alors qu’il y a dix ans, cette association avait constaté une égalité des sexes à cet égard.


Toujours en Europe, l’Observatoire des inégalités a calculé qu’en 2010, dernière année disponible, que le taux de pauvreté des femmes dépasse les 17 % et celui des hommes de 15,7 %. En Espagne, en Roumanie, en Grèce, il est de 20 % ! En Italie, il s’en approche. Il est à ce niveau, ce taux, parce que les responsables politiques ont coupé sans discernement, sans esprit de justice. Pire, sans même s’assurer que les recettes d’austérité infligées, imposées, sans débat digne de ce nom reposaient bel et bien sur un modèle mathématique adéquat. Le FMI a reconnu que le modèle en question était bancal, qu’ont fait les Merkel et autres jansénistes de l’économie depuis lors ? Rien. Bonté divine !


Cette histoire a ceci de dramatique à la puissance X qu’elle laisse indifférent. En Italie comme partout en Europe, ce fléau s’étend sans qu’une Merkel, un Hollande ou un Cameron posent un petit geste propre à gommer certaines de ses aspérités sociales.


 
4 commentaires
  • Georges Tissot - Abonné 8 mars 2013 09 h 38

    Respect ?

    Est-ce que ceci signifie que les droits de la personne ne sont pas respectés?

    • André Le Belge - Inscrit 8 mars 2013 11 h 06

      Exactement! Les droits des pauvres sont de moins en moins respectés dans ce monde néo-libéral.

    • Solange Bolduc - Inscrite 8 mars 2013 11 h 42

      On oublie souvent qu'il existe différentes sortes de pauvreté, pas seulement la pauvreté matérielle !

  • France Marcotte - Abonnée 8 mars 2013 11 h 29

    Révélatrice

    Même en ce 8 mars, cette consternante réalité des femmes dans le monde ne suscite au plus que de chiches commentaires.

    Cela n'inquiète personne?

    Moi cela me bouleverse.