Affrontements en Égypte - Inapte Morsi

Chose certaine, au cours des deux derniers jours, on a assisté à ce qu’il faut bien nommer une accélération de l’histoire. Mardi, le chef des armées a clairement souligné que si les responsables de la société civile, si tant est que cette expression ait du sens, continuent d’alimenter les rancoeurs, les affrontements, au lieu de travailler à l’émergence de ce que le bien public, le bien du plus grand nombre, suppose, alors il est fort probable que l’on assistera à « l’effondrement de l’État ». Bref, une manière de signaler aux autorités que l’armée n’hésitera pas à intervenir.


Au lendemain de l’avertissement servi par les militaires, Mohamed el-Baradei, un des chefs de file de l’opposition regroupant la multitude de courants laïques, a estimé que la situation commande une réunion d’urgence. Son espoir, partagé, on s’en doute, par les divers courants évoqués, est que la démarche débouche sur la formation d’un gouvernement de coalition. La réaction du président Mohamed Morsi a été - comment dire ? - nulle. Il n’y a pas à chipoter : la position du chef de l’État se confond bel et bien avec la nullité.


Il en est ainsi parce qu’il n’a toujours pas revêtu les habits de sa fonction. Autrement dit, il est davantage militant des Frères musulmans que président de l’Égypte, davantage chef de clan que réformateur d’une société qui en commande d’autant plus, des réformes il va sans dire, qu’elle est dans un état exsangue. Pour s’en convaincre, il suffit de s’attarder aux chiffres afférents à la santé de l’économie.


Il en va ainsi parce que, depuis l’élection présidentielle, Morsi ramène toute bouffée contestataire à des esprits habités par « la contre-révolution ». Non seulement son argument appartient à la catégorie du chétif, il est surtout contraire à la réalité. En effet, Morsi est les siens feignent d’oublier que les principaux acteurs du soulèvement furent surtout, comme d’abord et avant tout, les jeunes et les opposants laïques à Hosni Moubarak.


Il en ira ainsi tant et aussi longtemps que les mandarins d’une confrérie qui a ramené le rôle de la femme à celui de figurante et le rôle des non-croyants à celui de mécréants n’auront pas compris que gouverner exige de l’habileté. Ce dont ils sont totalement dépourvus.

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