Affrontements en Égypte - Le Frère autocrate

Cet afflux de sang découle d’une décision de justice : au milieu de la semaine dernière, 21 jeunes hommes ayant participé aux bras de fer entre partisans de deux équipes de soccer ont été condamnés à mort. Or il se trouve, il faut le souligner mille fois plutôt qu’une, que cette décision de justice a été prise sans que l’on tienne compte de nouvelles preuves apportées récemment. En clair, les juges ont refusé de retarder le procès des jeunes en question alors qu’ils se sont empressés de retarder celui des responsables de clubs, du stade et du contingent policier qui n’a rien fait pour stopper le flot de violence.


Cette justice à deux vitesses a été évidemment perçue dans les villes du pays et non la campagne comme l’exemple par excellence de la politisation de la justice par Morsi et par les Frères musulmans dont il est issu. Cet épisode et son lot de détournements de diverses vérités a eu pour conséquence d’aiguiser la fibre contestataire des Cairotes plus que des autres. À telle enseigne que l’on qualifie d’explosive l’ambiance qui règne, si l’on peut dire, dans la capitale.


Il en va ainsi non seulement à cause des libertés que Morsi prend avec la justice, mais aussi en raison de sa gestion de l’économie. Celle-ci est en lambeaux. Le tourisme, industrie phare de l’Égypte, est dans un état atone. Le déficit budgétaire totalise 12 % du PIB. La dette publique atteint 80 % du PIB. Bref, Morsi est condamné à faire ce qu’il s’était promis de ne pas faire en juin 2011 : pas question de demander au peuple égyptien de consentir des sacrifices. Autrement dit, le principe de réalité vient de rattraper Morsi et sa cohorte de Frères. De Frères embrigadés dans une conception féodale de l’économie et une conception…


Une conception si autoritaire de la politique que les faits et gestes de LEUR président reviennent à interroger la viabilité du gouvernement central. Car en ardents observateurs du Coran, Morsi et les siens permettent de poser encore une fois la question suivante : le Coran est-il soluble dans la démocratie ? La réponse est non évidemment. Pour s’en convaincre, il suffit de s’attarder au sort réservé aux femmes et aux chrétiens.

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