Évasion fiscale - Sauce hollandaise

Cette intervention, Cameron l’a effectuée après la publication d’une enquête menée par le quotidien financier néerlandais Het Financieele Dagblad qui a produit un certain bruit, car l’on y apprend en effet que les grandes entreprises, celles notamment de l’univers informatique, ont plus que jamais recours à la création de « holdings » financières ayant pignon sur rue aux Pays-Bas. On apprend également que ces mêmes entreprises s’apprêtent à délocaliser les emplois les mieux payés.


La grande majorité de ces sociétés ont en commun ceci : les sièges sociaux des activités européennes des Apple de ce monde sont situés en Irlande. Ensuite ? Elles ont fondé des filiales aux Pays-Bas. Après quoi, elles font usage des techniques dites du « double irlandais », soit le siège social plus la filiale, et du « sandwich hollandais. » Mais encore ? Le sandwich en question consiste à transférer aux îles Caïmans, un paradis fiscal, les capitaux réalisés à la faveur de la vente de leurs produits. Réalité qui agace au plus haut point les autorités allemandes et françaises, car si l’essentiel du chiffre d’affaires de ces compagnies est fait en Allemagne et en France, elles n’y payent pas d’impôts ou si peu.


Grâce aux techniques évoquées et aux conseils de firmes néerlandaises réputées être les championnes de l’optimisation fiscale, Apple a déboursé un maigre, extrêmement maigre, impôt de 130 millions de dollars sur des revenus de 13 milliards enregistrés à l’étranger. Microsoft, Cisco, Honeywell, Nissan, Starbucks et bien d’autres ont toutes imité Apple ou inversement.


Cette haine absolue, fanatique, de l’impôt est - hélas ! - favorisée par l’impossibilité, ou plus exactement l’impuissance, des dirigeants européens sur le front de l’harmonisation fiscale. Celle-ci sera impossible à mettre en branle pour la bonne et simple raison qu’outre les Pays-Bas et l’Irlande, la Bulgarie, la Slovaquie et Chypre refusent toute amorce d’une harmonisation. Bref, ces nations ont la solidarité à… contresens ! Elles l’étaient, solidaires, lorsqu’elles recevaient les subventions qui ont remis leur économie respective à flot.


À l’évidence, beaucoup ont oublié ce que le juge américain Oliver Wendell Holmes avait souligné en son temps, soit que « l’on paye de l’impôt pour vivre dans un pays civilisé.

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