REER 2012 - Temps durs pour l’épargne

D'ici le 1er mars, les institutions financières ne manqueront pas de nous inonder de publicités vantant les avantages de l’épargne retraite. Malgré cela, les épargnants continueront de s’arracher les cheveux pour trouver des placements à la fois sûrs et rentables.


À l’heure actuelle, un certificat garanti d’un an rapporte entre 0,9 % chez Desjardins et 1,35 % chez ING. Pour cinq ans, le taux sera plutôt de 1,8 % chez l’un et de 2,25 % chez l’autre, soit tout juste de quoi couvrir la perte du pouvoir d’achat. Difficile de se bâtir un portefeuille dans ces conditions. Même observation du côté des obligations négociables, qu’elles soient d’entreprises ou gouvernementales.


Outre les banques et les États endettés, les seuls qui profitent de taux aussi bas sont les consommateurs qui achètent à crédit. Même les acheteurs d’une maison sont affectés négativement puisque ces bas taux poussent le prix des propriétés à la hausse.


La situation est à ce point critique pour les gens qui vivent de leurs épargnes que des placements qui paraissaient peu attrayants il y a quelques années, telles les actions du Fonds de solidarité ou encore les parts de Capital Desjardins qui rapportent 4,25 % d’intérêt, bon an, mal an, figurent aujourd’hui parmi les produits les plus intéressants pour les petits investisseurs malgré l’absence de protection du capital.


Les épargnants qui s’y connaissent davantage s’empresseront d’ajouter des produits encore plus risqués dont ils rêveront d’obtenir un rendement supérieur à 4 % pour bonifier la performance globale de leur portefeuille.


Compte tenu du fait qu’une infime fraction des gestionnaires de portefeuilles réussissent à faire mieux que les indices boursiers, l’arrivée des Fonds négociés en Bourse (FNB) permet désormais à ces investisseurs plus audacieux de reproduire l’évolution du marché à un coût très peu élevé au lieu de risquer leur chemise sur des titres individuels. Car aussi prospères soient-elles, les Apple, Research in Motion et même les grandes banques nous réservent souvent de bien mauvaises surprises…


Depuis la crise de 2008, plusieurs petits investisseurs ont retiré leurs billes du marché boursier. Pourtant, ceux qui sont restés actifs ont non seulement effacé leurs pertes, mais ils ont profité du redressement exceptionnel qui a suivi. Normal puisqu’à moins de croire à l’effondrement imminent du capitalisme, la probabilité d’une croissance même lente de l’économie mondiale reste le scénario le plus plausible.


De tout cela, l’épargnant avisé retiendra une fois de plus que la plus grande qualité d’un bon investisseur, c’est sa capacité à trouver l’équilibre entre la sécurité à tout prix et le rendement à n’importe quel prix.

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