Commission Charbonneau - Qu’on avance!

Deux jours consacrés à revisiter les propos d’un témoin pas très solide, c’est énorme dans le contexte. Il semble plus urgent de mettre au pied du mur Martin Dumont que de vite replonger dans le vaste monde de grenouillage qui a empoisonné la vie du Québec ces dernières années. A-t-on vraiment ce temps à perdre alors que le rapport de la commission est attendu pour la mi-octobre ?


Si la Commission avait mieux connu les arcanes de la politicaillerie, version municipale, elle aurait mesuré, avant même de l’envoyer en pâture au public, à quel point M. Dumont est un de ces jeunes coqs qui aiment à se donner une importance qu’ils n’ont pas. Ceux qui couvrent le municipal connaissent bien ce genre de personnages. La Commission ne s’est pas méfiée, et M. Dumont a pu nous parler d’argent comptant, de menaces et de double comptabilité, en s’emmêlant dans ses histoires, on l’apprend aujourd’hui.


Si l’on considère la recherche de la Vérité avec un grand V, il est à blâmer, peut-être même à accuser de parjure. Mais que la Commission nous épargne le procès public pour s’en tenir au fond des choses, car fond il y a toujours.


Fin octobre, M. Dumont a raconté qu’une Alexandra Pion s’était plainte d’avoir eu à compter des liasses de billets. Mme Pion a expliqué lundi que non seulement elle n’avait jamais parlé de cela à M. Dumont, mais qu’en plus elle avait refusé de compter de l’argent. Soit. Mais il y avait bel et bien quelque chose à compter : « Une valise remplie d’argent », a-t-elle dit. D’où viennent-elles donc, ces coupures de 20 $ et de 50 $ liées par des élastiques ? C’est cette suite qu’on aimerait mardi, pas l’admonestation publique d’un témoin qui en a trop fait.


Et puis, il n’y a pas que Mme Pion qui conteste les propos de Martin Dumont : c’est aussi le cas de l’ex-maire Gérald Tremblay. Pourquoi la Commission ne l’entend-elle pas ? Pourquoi privilégier un détracteur de M. Dumont plutôt qu’un autre ?


Enfin, le sort de la Commission, c’est d’entendre des magouilleurs. Que ceux qui les contestent soient entendus à leur tour, et qu’on avance ! Qu’on revienne aux rendez-vous du 357C, qui avaient l’air si importants à la clôture des travaux de l’automne, qu’on en arrive à Laval et au ministère des Transports et qu’on s’arrange hors audiences publiques avec les ratoureux à la Dumont. Qu’on nous montre le canevas plutôt que de s’en prendre aux fils qui dépassent.

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