Hydro-Québec - Lumière, s’il vous plaît!

Avec des surplus d’électricité qu’on ne réussit pas à vendre à un prix acceptable, il est devenu urgent de revoir la politique de construction et d’achat d’énergie d’Hydro-Québec. Comme l’Union des consommateurs vient de le rappeler, au rythme où vont les choses, les prochaines augmentations tarifaires ne serviront qu’à réduire les pertes encourues par la production d’électricité.


Ceux qui avaient oublié combien la ressemblance était grande entre le Parti québécois et le Parti libéral en matière de gestion des sociétés d’État ont été surpris d’entendre la première ministre Marois annoncer, en décembre, que son gouvernement autoriserait la construction d’une petite centrale hydroélectrique sur le site historique de Val-Jalbert, au Lac-Saint-Jean. Pour Mme Marois, voilà un bel exemple de collaboration entre une MRC et les autochtones.


Va pour la collaboration, mais le projet lui-même n’a aucun sens et Mme Marois n’avait pas à outrepasser les prérogatives d’Hydro-Québec. D’abord parce qu’il s’agit d’un site historique et touristique, ensuite parce que le Québec n’a pas besoin de cette électricité !


Depuis la crise de 2008, Hydro-Québec a perdu de gros clients industriels au même moment que d’importants projets de centrales, des parcs d’éoliennes et plusieurs contrats privés de cogénération entraient en service. Résultat : Hydro-Québec aura d’importants surplus qui l’obligeront d’ici 2027 à augmenter les tarifs pour faire face à ses obligations. C’est déjà le cas des 150 millions qu’elle verse chaque année à TransCanada Energy pour ne pas produire d’électricité à Bécancour, et ce sera le cas de tous les engagements d’achat d’électricité du secteur privé à un prix deux fois plus élevé que le marché.


Malgré cela, chaque année, Québec continue d’encourager la construction de petites centrales sur des rivières publiques, d’éoliennes et de centrales de cogénération gérées par le secteur privé.


Ces achats inutiles ne sont pas décidés par la société d’État, contrairement à ce qu’affirmait encore cette semaine un représentant du Parti libéral, mais par le gouvernement. Encore récemment, soit quelques semaines avant les élections, le gouvernement Charest adoptait un décret obligeant Hydro à lancer des appels d’offres pour l’achat garanti de 300 MW supplémentaires produits par cogénération. Appels d’offres bidon s’il en est, puisque ce sont toujours les mêmes compagnies de papier et de bois qui obtiennent les contrats : les Résolu, Kruger, Tembec, Fortress et autres…


Quels liens ces entreprises entretiennent-elles avec la classe politique pour avoir ainsi droit à autant de générosité de la part des gouvernements ? Car, redisons-le, nous n’avons pas besoin de cette électricité imposée à Hydro-Québec à plus de 10 ¢ du kWh, alors que les mêmes grandes compagnies paient moins de 3 ¢ le kWh l’énergie qu’elles achètent de la société d’État pour faire fonctionner leurs usines.


Si Mme Marois et le Parti québécois sont sincères dans leur volonté de changer les choses, il ne leur suffira pas de fermer Gentilly. Ils doivent sans plus attendre autoriser le Vérificateur général à faire son entrée chez Hydro-Québec, annuler les appels d’offres pour l’achat d’électricité du privé, ne pas renouveler les contrats privés à mesure qu’ils viennent à échéance et ordonner une enquête publique sur les besoins énergétiques du Québec et les moyens à privilégier pour les combler. Cela devient urgent !

52 commentaires
  • Pierre Couture - Inscrit 18 janvier 2013 03 h 38

    Pourquoi a-t-il fallu tant de temps?

    Grâce à l'Union des consommateurs, médias et éditorialistes découvrent maintenant ce que les groupes anti-éoliens crient depuis des années déjà. Voir notamment http://le-vent-tourne.blogspot.ca/

    Alors, comment se fait-il qu'on prête seulement maintenant attention à ce véritable scandale et à ce détournement de bien public vers les poches de quelques uns?

    J'espère de tout cœur que Madame Charbonneau acceptera de regarder de ce côté, car il y a sans doute amplement matière à enquête.

    J'espère surtout que notre nouveau gouvernement s'ouvrira enfin les yeux et mettra un terme, une bonne fois pour toutes et immédiatement, à toute cette dérive libérale.
    Pierre Couture

    • J-Paul Thivierge - Abonné 18 janvier 2013 10 h 56

      Ces projets préparés et débutés par le PLQ
      [ Val Jalbert et Canyon de la Ste Anne ]
      sont des subventions déguisés à des promoteurs politiques
      ( possiblement suivant du financement politique )
      Faudrait peut-être faire examiner en détail par l'UPAC et la juge Charbonneau .

      En espérant que la nouvelle limite de financement à 100 $ permettra de corriger
      ces dépenses inutiles et couteuses !

    • Jean Richard - Abonné 18 janvier 2013 10 h 59

      Le vent tourne ?

      Ces sites web sortis d'on ne sait où n'ont rien de très convaincant, sauf pour qui aime les déclarations à l'emporte-pièce ornées d'un vocabulaire cher aux radios poubelles. Même qu'en lisant plusieurs articles, un soupçon s'installe : serait-ce encore un de ces nombreux blogues de petits bourgeois attaqués par le virus du pas-dans-ma-cour ?

      Être contre l'éolien et s'interroger sur la pertinence de certaines centrales éoliennes, ce sont deux choses bien différentes. Je ne suis pas sûr que cette différence soit bien saisie de tous.

    • Jean Bédard - Inscrit 18 janvier 2013 14 h 18

      @ Jean Richard - Pour l'ignorance crasse du dossier et le panache de préjugés, vous méritez une palme, M. Richard. Vous ne connaissez rien de ce qui se passe et de ce que l'on vit dans Chaudière-Appalaches où votre racaille libérale a IMPOSÉ sans consulter la population, ce que Normandeau promettait de ne pas enfoncer dans la gorge des citoyens... Elle a choisi d'autres voies tout aussi naturelles, à la hauteur des propos que vous galvaudez. L'expression "pas dans ma cour" est justement celle qui est privilégiée par des radio-poubelles pour éviter l'analyse d' un dossier trop longtemps ignoré par les médias.

    • Jérémie Poupart Montpetit - Inscrit 18 janvier 2013 14 h 40

      Mr. Richard,
      j'abonde dans votre sens ! j'ai lu dans les pages du devoir, au cours des dernières semaines, d'ignobles commentaires comparant la production énergétique éolienne (qui soit dit en passant est moins de 10$ de l'énergie produite par hydro-québec) à un gouffre financier, alors que les principales pertes d'HQ sont liés à ses tarifs préférentiels aux entreprises complètement absurdes (3c/KW/h vs. les 5.32c payés par les contribuables) et l'achat d'énergie à des micro-centrales hydro-électriques privées. Qui plus est, ce cauchemard risque de se poursuivre dans le cadre du plan nord (feu plan nord PLQ récupéré à la sauce PQ), alors que les entreprises ayant déjà des permis d'exploitation révelent lentement qu'elles ont l'intention de bâtir centrales au charbons et infrastructures énerétiques privées (voir mine de diamant Stornaway).

      Pour revenir sur le point Éolien: certains parcs éoliens ont été bâtit à la va-vite sans évaluation complète du potentiel et des besoins énergétiques de la région, mais de là à englober automatiquement toute initiative de virage vers les énergies à faible impact environnemental comme étant des pertes... si on ne considère que l'aspect économique, alors qu'est-ce qui nous empêche de ne bâtir que des centrales nucléaires à haut rendement ?

      Nous avons fait un choix de société en fermant Bécancour et en protestant contre les micro-centrales inutiles de Val-Jalbert. Serait-il possible de recalibrer cette lancée en réfléchissant aux besoins réels de la nation Québécoise et non plus à la possibilité obscure d'un développement économique lié à la revente ? Qui plus est, qu'est-ce qui nous empêcherait maintenant d'en profiter pour réviser la tarification industrielle de l'énergie produite par HQ ? je ne demande pas de la doubler, mais il serait juste que les entreprises paient un coût similaire aux particuliers pour un service similaire non ?

      Jérémie Poupart Montpetit

    • Pierre Couture - Inscrit 18 janvier 2013 15 h 00

      @ M. Jean Richard, qui l'insulte à la bouche, nous accuse de confondre la filière éolienne et les éoliennes.
      Ce même M. Richard, qui habite probablement une ville, à l'abri des monstres à pales, et qui accuse les autres du syndrome - transcrit littéralement de l'anglais, c'est plus chic! - de pas dans ma cour.
      Sachez que nulle part au monde la filière éolienne n'a tenu ses promesses : au lieu de réduire les émissions de gaz à effet de serre elle les accroît; au lieu de créer des emplois intéressants elles ne crée que des emplois de gardien et en petit nombre seulement; au lieu de répondre aux besoins du public, elle foule aux pieds les principes élémentaires de la démocratie; au lieu d'être «verte» elle menace d'hécatombe des oiseaux migrateurs, dont certains sont déjà en voie de disparition, et elle laisse planer la même menace sur les chauves-souris; elle fournit de l'électricité de mauvaise qualité, car non fiable et cela à 3 fois le prix du marché et on pourrait encore allonger la liste des points noirs de cette filière de malheur. Il serait temps que vous enleviez vos oeillères et que vous contempliez la réalité éolienne dans toute sa laideur. La site du VENT TOURNE - http://le-vent-tourne.blogspot.ca/ - pourrait avantageusement vous guider dans cette quête d'information véritable.

    • Pierre Couture - Inscrit 18 janvier 2013 15 h 40

      @ M. Jérémie Poupart Montpetit.
      Vous auriez intérêt à suivre les demandes d'Hydro-Québec devant le régie de l'énergie pour savoir d'où viennent les déficits. Il est exact que des tarifs préférentiels sont offerts à certaines entreprises grosses consommatrices, mais au moins ces subventions contribuent à développer notre territoire et à créer de l'emploi.
      La filière éolienne n'a même pas cette excuse de créer de l'emploi ou de générer du développement; au contraire, tout ce qu'elle génère ce sont des ennuis, des paysages dévastés, des déficits abyssaux... tout ça pour une filière qui n'est même pas capable de réduire les émissions de gaz à effet de serre.
      Et on voudrait nous faire croire que cette filière est porteuse d'avenir. Soyons un peu sérieux!

  • Roger Lapointe - Inscrit 18 janvier 2013 06 h 23

    Mais où est donc la ministre Martine Ouellet?

    Pendant qu'on annonce des suppressions de postes chez H-Qc en Abitibi pour diminuer parait-il les coûts d'opération,la ministre Ouellet se fait d'une discrétion qu'on ne lui connaissait pas en campagne électorale.Après l'annonce de l'établissement d'une mini-centrale tout a fait inutile au Saguenay par la première ministre elle-même comme porte-parole officieuse d'H-Qc semble t-il.
    Le gouvernement Marois est en train d'appliquer un autre volet de la plateforme de la CAQ contrairement à des engagements électoraux clamés haut et fort à une certaine époque pas si lointaine.Bonnet blanc,blanc bonnet!

    • Jérémie Poupart Montpetit - Inscrit 18 janvier 2013 14 h 45

      bienvenu au jeu de la dualité du Parti Québécois...

      je me ferai critique et acide, mais il n'y a qu'à comparer le discours pré-campagne de Mme. Marois sur différent dossiers populaires etleur résolution post-élection catastrophique et bâclée pour comprendre que cette coalition (car s'en est une) sert des intérêts financiers en priorité, et la population pour avoir son appui. Certes, nous avons fait un choix de société écologique avec Bécancour, mais à quoi bon si on n'améliore pas la législation entourant l'exploitation des ressources naturelles et qu'on continue de bâtir des infrastructures énergétiques inutiles qui servent des intérêts commerciaux non-intéressés ?

      Jérémie Poupart montpetit

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 18 janvier 2013 06 h 26

    Super édito

    Pauline Marois doit répondre, d'une manière ou d'une autre.

    • François Beaulé - Inscrit 18 janvier 2013 13 h 01

      Où loge l'opposition sur ces questions? Pas le PLQ qui est bien mal placé pour demander des changements à une situation que ses propres agissements ont entrainée. Mais il faut que François Legault parle. Et Amir Khadir aura sûrement quelque chose à exprimer.

  • Gilbert Bournival - Abonné 18 janvier 2013 06 h 37

    bravo

    Faire de la politique autrement. On attend ça de ce gouvernement.
    Il est grand temps qu'il en fasse la preuve.

    • Benoît Landry - Inscrit 18 janvier 2013 07 h 39

      Le PQ a-t-il vraiment proposer de faire de la politique autrement? Si oui pourquoi ont-ils abandonné quelques mois avant les élections d'établir la proportionnelle par exemple....

      Le PQ a déjà été un parti progressif avec une manière différente de faire de la politique, mais maintenant ......

      Rien qu'à voir le recul que fait Mme Ouellette par rapport à ce qu'elle dénonçait avant d'être au pouvoir.... ou bien elle était de mauvaise foi, ou bien l'establishment du PQ la fait reculer en lui faisant bien comprendre que les promesses faites au québécois n'était que du marketing...

    • Jérémie Poupart Montpetit - Inscrit 18 janvier 2013 14 h 48

      @ B. Landry:

      Pour avoir pu croiser Mme. Ouellet, il ne s'agit bien évidemment pas de mauvaise foi, mais bel et bien de la grosse machine du PQ qui devait rendre des comptes à ses amis et bailleurs de fonds... le PQ s'est donné l'image d'un parti de centre-gauche et s'Est présenté comme la seule alternative viable au départ des libéraux, mais ce que les gens n'ont que peu remarqué, c'est qu,il s'agit tout autant d'une coalition de droite que la CAQ (qui elle ne s'est jamais cachée, malgré toute la maladresse de leur chef).

      jérémie Poupart Montpetit

    • Benoît Landry - Inscrit 18 janvier 2013 20 h 50

      @ M.Jérémie Poupart Montpetit,

      c'est bien ce que je trouve triste. Le PQ nous a menti, c'est très clair pour moi. Quant à Mme Ouellette, je peux croire que Mme Ouellette n'est pas de mauvaise foi, mais l'avenir nous dira si elle réussira à maintentir son intégrité dans cet univers....

  • Serge Marchand - Inscrit 18 janvier 2013 06 h 42

    La poursuite de l'oeuvre de John James Charest


    Mme Marois continue l'œuvre de John James Charest en voulant continuer d'acheter de l'électricité dont nous n’avons pas besoin. Le gouvernement a mis la Société d'État en mauvaise position financière et désire que les employés payent pour ainsi pouvoir continuer à engraisser les promoteurs privés.

    Mais voilà, est-ce que les Québécois qui payent plus cher pour l'électricité doivent aussi souffrir du service offert ?

    Vous seriez étonné de connaitre le temps requis pour Hydro-Québec a raccordé une nouvelle maison au réseau électrique. Quatre mois dans plusieurs cas et 5 à 6 mois dans d'autres cas.

    Selon moi, il y a un sérieux problème de gestion à Hydro-Québec.

    Peut-être qu'un premier pas dans la bonne direction serait la démission du PDG ?

    Le Plan Nord offre des infrastructures aux entreprises aux frais des québécois et la construction de centrales hydroélectriques, parcs éoliens pour les besoins spécifiques de ces entreprises. Le pire est que cette électricité dispendieuse dans le Grand Nord sera revendu à un prix inférieur payé pars les constribuables québécois. Avez-nous besoin de ce Plan Nord ? NON !

    En attendant, le Québec à un besoin urgent de se réveiller pour arrêter cette complicité de certains de nos élus avec les lobbyistes. Même si cette complicité pourrait être payante pour les caisses électorales de certains partis politiques.

    Le Québec DOIT arrêté d'engraisser les promoteurs privés.

    • J-Paul Thivierge - Abonné 21 janvier 2013 12 h 02

      J'aimerais aussi la démission de Vandal et des recrues de Gazmétro qui sont à Hydro mais il semble que ce serait très couteux car JJ Charest, en avril comme il prévoyait ne pas survivre au scrutin a renouvelé pour 5 ans les contrats des chefs. Isabelle Courville part pour des raisons de santé, mais Vandal profiterait de 5 M$ alors vaut-il mieux le faire travailler comme un accro pour qu'il parte sans prime considérant que le PQ est minoritaire... Évidemment ces décisions en complaisance avec les mystifications du PLQ de JJC pour produire des surplus jusqu'en 2027 et accordant le tarif L gelé pour 25 ans aux grands comsommateurs.
      On doit subir ces contrats elctoralistes et tenter de les rentabiliser rapidement en ajoutant des liens solides THT pour vendre plus à l'Ontario ( nord ) qui veut fermer ces 2 centrales au charbon. Aux USA les turbines tournent trop économiquement aux gaz de schistes dangereux.