Les armes de Barack Obama - Molle réforme

Comme attendu, Barack Obama vient de demander au Congrès de mener à bien une refonte des lois sur les armes à feu qui, avance-t-il, logera à l’enseigne de la restriction. Autrement dit, une réforme qui limitera la circulation sur un territoire où l’on compte déjà 300 millions d’armes. Un territoire où 900 personnes ont été tuées depuis le massacre perpétré dans une école du Connecticut, il y a un mois. Toujours est-il que le chef de l’exécutif souhaite que les élus votent l’interdiction des armes d’assaut et des chargeurs contenant dix balles et plus, pour parler des propositions les plus spectaculaires.

À l’avant-veille de son intervention, c’est à retenir et à souligner, les élus de l’État de New York ont adopté une politique plus dure, plus en phase avec la réalité aussi sanglante que quotidienne, que celle qu’Obama appelle de ses voeux. Aux dix balles, le Congrès de New York a préféré la limite des sept, le passé de tout prétendant à l’acquisition d’un fusil ou d’un revolver devra être examiné au niveau local comme national, le personnel médical est désormais dans l’obligation de communiquer aux autorités l’identité de toute personne dont le déséquilibre mental peut éventuellement se conjuguer avec violence, etc. Bref, là où le président a fait quelque peu dans la dentelle, l’État de New York a décidé de ne pas faire dans le détail. En un mot, l’opposition marquée du maire de New York, Michael Bloomberg, au commerce des engins de mort ainsi que son dégoût clairement manifesté pour ces politiciens qui ont peur d’affronter la National Rifle Association (NRA) ont été entendus.


On aurait aimé que cela soit également entendu à la Maison-Blanche et les environs. Car il était et reste nécessaire de combattre le venin de la violence que dissémine la NRA aux quatre coins du pays. Pas plus tard que mardi, cette organisation a produit un spot publicitaire mettant l’accent sur la protection accordée aux filles du président pour mieux avancer que tous les enfants du pays n’ont pas ce droit. Pour reprendre le mot de l’attaché de presse de la Maison-Blanche, le geste de la NRA est « répugnant. »


Cela rappelé, le 30 janvier vont débuter les audiences du Congrès sur le dossier. Quand on sait combien les arcanes politiques sont complexes, on peut craindre que l’exercice se termine en eau de boudin. Mais encore ? Qu’il accouche de balises réglementaires à ranger au rayon de la mollesse alors qu’il y aurait lieu de débattre d’ores et déjà de la proposition de l’économiste Nouriel Roubini : puisque l’achat d’une automobile oblige l’achat d’une assurance à cause du risque potentiel, il devrait en être ainsi sur le front des armes. Et comment !

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