Assemblée nationale - Nouveaux leaders

À la faveur de l’élection du 4 septembre, de nouvelles personnalités sont apparues dans le paysage politique québécois. C’est cette nouvelle génération d’élus qui pourra véritablement transformer la politique.

Le baromètre des personnalités politiques québécoises Léger-Marketing -Le Devoir de fin d’année témoigne bien de ce changement qui s’amorce. En tête s’y retrouvent deux nouveaux élus, Françoise David et Jacques Duchesneau, deux personnalités qui ont marqué chacune à leur façon le débat politique.


Françoise David est sans doute celle qui incarne le mieux ce changement possible. Présente dans le débat public depuis des années, cette femme n’avait pas encore été véritablement sous les feux de la rampe politique avant la campagne électorale du mois d’août. Les Québécois ont alors découvert qu’il était possible de faire de la politique autrement, montrant à l’occasion du débat des chefs qu’il est possible de mener le débat politique dans le respect des idées et des personnes, hors la partisanerie primaire typique des concours électoraux.


Ce qu’aura compris pour sa part Françoise David est qu’il ne s’agit pas de réinventer la politique lorsque les Québécois, de plus en plus désabusés de la politique, disent vouloir du changement. Ce que doit être ce changement, nul ne le sait trop. Pour elle, « faire de la politique autrement » commence par la pratiquer autrement en créant avec les électeurs un rapport de confiance, en étant des personnes vraies dont on ne doutera pas qu’elles soient en politique pour autre chose que le bien commun. Pour être écouté des électeurs, il faut d’abord savoir les écouter, les respecter.


Au-delà de sa notoriété personnelle, c’est sans doute pour cela que Jacques Duchesneau se retrouve aux côtés de Françoise David à la tête de ce baromètre. Et comme elle, il a évité, une fois arrivé à l’Assemblée nationale, de tomber dans le piège de la partisanerie. Il était là pour poursuivre son combat contre la corruption.


Nouveaux venus à l’Assemblée nationale, ces deux députés avaient la chance de ne pas avoir été exposés à la partisanerie excessive des débats parlementaires sous le dernier mandat de Jean Charest. À leurs côtés, on trouve aussi plusieurs nouveaux venus, tout particulièrement sur les banquettes péquistes et caquistes. Ce nouveau contingent de députés, comme le fait que la plupart des ministres du gouvernement Marois occupent des fonctions ministérielles pour la première fois, aura permis que s’installe dans les débats parlementaires une nouvelle dynamique.


Le grand bienfait de cette élection est d’avoir amorcé un changement de garde à l’Assemblée nationale, qui était dû depuis longtemps. Le réflexe de bien des députés est trop souvent de s’accrocher à leurs sièges, encouragés en cela souvent par leurs chefs de parti, qui ne veulent pas prendre de risques électoraux avec de nouveaux candidats. La crise interne vécue au Parti québécois en 2011 a favorisé des départs et un renouvellement de la députation. L’arrivée de la Coalition avenir Québec aura permis l’élection de nouveaux venus capable de voir la vie parlementaire autrement que comme une bataille rangée.


Le Parti libéral n’a pas été soumis à ce processus de changement par le fait que presque tous ses députés de la législature précédente ont été candidats. Ceux qui ont été réélus ont gardé leurs vieux réflexes, ce qui explique leur attitude souvent agressive en Chambre. L’arrivée d’un nouveau chef permettra sans doute d’enclencher un changement de garde dans ce parti.


Au lendemain de la prochaine élection, l’Assemblée nationale, composée d’une nouvelle génération de députés, pourra commencer un nouveau cycle. On pourra alors espérer qu’elle arrive à faire de la politique autrement.

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8 commentaires
  • Normand Carrier - Abonné 15 décembre 2012 07 h 14

    Baromètre bien relatif ....

    Les politiciens que l'on voit souvent a la télévision acquierent une notoriété et se font connaitre rapidement ce qui est en rien un baromètre pour leur travail de parlementaire car souvent ils n'ont pas pris la parole a l'assemblé nationale ou très peu .... L'exemple le plus frappant est celui de Margerite Blais qui ressort avec une bonne notorité mais n'a jamais pris la parole comme parlementaire ou comme députée durant la dernière session ....

    La notorité n'a rien a voir avec l'efficacité du parlementaire , du ministre ou du député mais il faut espérer qu'il y ait une certaine relation ce qui est loin d'être évident ..... Cette mesure est plus que relative et son importance tout aussi relative ...

  • Gilles Bousquet - Abonné 15 décembre 2012 09 h 03

    Les 2 extrêmes

    Bien oui, Mme David à l'extrême gauche et M.Duchesneau, à l'extrême gauche.

    Les extrémistes sont bien aimés des Québécois parce qu'ils sont intéressants en parlant de changer "révolutionner" la société mais ils votent au centre, le plus possible parce que les changements importants leur font peur, sauf pour ceux qui n'ont rien à perdre.

    • Marc O. Rainville - Abonné 15 décembre 2012 12 h 12

      Vous avez les ergots bien montés ce matin, cher monsieur. Je ne crois pas que madame David se reconnaisse dans la position géopolitique que vous lui attribuez. Je ne crois pas non plus que M. Ducheneau soit considéré comme un extrémiste de gauche, ni même de droite si j'ai bien compris votre tentative d'analyse.

    • Daniel Faucher - Abonné 15 décembre 2012 14 h 12

      M. Duchesneau à l'extrême gauche???

  • Jean Lapointe - Abonné 15 décembre 2012 10 h 06

    Le grand bienfait de cette élection


    Vous dites que : «Le grand bienfait de cette élection est d’avoir amorcé un changement de garde à l’Assemblée nationale, qui était dû depuis longtemps.»

    Pour moi le grand bienfait de cette élection c'est d'avoir mis fin à la grève des étudiants parce qu' il leur a été promis par madame Marois qu'ils seraient écoutés et que la question des droits de scolarité serait discutée lors d'un sommet sur l' enseignement supérieur, lequel est en train de se dérouler.

    Un autre grand bienfait c'est d' avoir favorisé le départ de Jean Charest que tout le monde ou presque ne pouvait plus endurer.

    Un autre bienfait c'est d'avoir retourné le Parti libéral du Québec dans l'opposition pour bien des raisons mais sûrement à cause en particulier des nombreuses rumeurs de corruption à son sujet.

    Un autre bienfait pour moi c'est d'avoir permis au Parti québécois d'avoir conquis le pouvoir rendant ainsi la possibilité aux souverainistes de reprendre l'initiative et de mettre de l'ordre dans les finances publiques.

    Un autre bienfait c'est d'avoir pu enfin reprendre un peu confiance dans l' avenir même si mes inquiétudes sont encore très nombreuses et très grandes quand je vois comment les choses se passent.

    Il y a des jours où j'aurais le goût de décrocher complètement mais, si je ne le fais pas, c'est parce que ce ne serait pas plus vivable.

    C'est sûr que ma confiance en l'être humain faiblit certains jours quand je lis les journaux le matin.

    Que de haine!

  • Michel Gagnon - Inscrit 15 décembre 2012 13 h 19

    Le bien commun.

    Je partage entièrement les perceptions et les états d'âme de M. Lapointe ci-haut.
    Par ailleurs, lorsque M. Descôteaux parle de Françoise David qui se décrit elle-même comme une personne vraie dont on ne doute pas qu'elle soit en politique pour le bien commun, veut-elle nous laisser croire qu'elle est la seule à être ainsi? Comme je l'écrivais dans un autre commentaire aujourd'hui, il y a une grande différence entre l'expression de points de vue critiques intéressants et l'exercice du pouvoir.
    La notion de bien commun est bien relative. En 1995, la moitié du Québec considérait que le bien commun passait par l'indépendance du Québec, et l'autre moitié le voyait plutôt dans le statu quo fédéraliste. Lorsque Mme David affirme qu'il faut écouter, respecter les électeurs, est-elle consciente qu'une grande partie des électeurs ne sont pas d'accord avec ses propositions? Si elle est au pouvoir un jour et qu'elle est à l'écoute des électeurs, sur certains points, la moitié des électeurs exprimeront un point de vue et l'autre moitié un point de vue diamétralement opposé. Elle devra donc trancher et de ce fait la moitié des électeurs ne se sentiront pas écoutés et respectés. C'est dans ce genre de situation qu'on voit de quoi un politicien est fait. Pour l'instant, Mme David apparaît comme une sainte. Mettez-la au pouvoir et elle risque de devenir une martyre.

  • Carole Dionne - Inscrite 15 décembre 2012 13 h 23

    Un bon candidat, ce Duchesneau

    Enlevons François Legaul, qui se mêle dans ces lacets de bottines et Duchesneau à la tête de la CAQ. Excellent, pour moi.