Congrès du parti communiste chinois - Clans de la fraude

Lors du discours clôturant une décennie de règne, le président chinois Hu Jintao a martelé des mots qui annoncent la continuation ou le maintien de l’immobilisme politique. En effet, ce chef de file du clan que certains appellent « Les princes rouges de l’intérieur », soit des apparatchiks aux origines modestes et provinciales, a souligné que « jamais nous ne copierons un système politique occidental » avant de soutenir, en substance, que « nous ne changerons pas. Nous demeurerons ce que nous sommes. »

Sans cynisme aucun, le chloroforme apposé à la vie politique chinoise annonce pour la troisième fois en autant de décennies un autre maintien : celui de la corruption. À l’instar de ses prédécesseurs, le tsar de Pékin avait juré de combattre ce fléau qui mine toutes les sphères économiques et sociales de la société. Et comme ses prédécesseurs, il achève son séjour sur le trône en affirmant que la pérennité du Parti communiste passe par le combat acharné, ou mieux, la mise à mort de la corruption. Alors…


Alors que pèse sur lui et sur des membres de sa famille le soupçon d’un enrichissement si considérable qu’il affiche tous les stigmates de la corruption, il ne fut pas le seul. Au cours de la présente année, celui qu’on présentait comme le fils prodige du Parti, la star montante et le futur président de la Chine, il s’agit évidemment de Bo Xilai, a sombré pour une affaire d’argent sale augmentée d’un crime de sang, soit celui d’un citoyen britannique pour lequel l’épouse de Xilai a été condamnée à perpétuité. Fait à noter, lui ainsi que le futur numéro 1 Xi Jinping appartiennent au clan des fils de prince. Soit ces enfants d’ex-compagnons de Mao Zedong qui ont en commun d’avoir été emprisonnés ou condamnés aux travaux forcés à la fin des années 1960 et au cours des années 1970.


Ces histoires de magouilles financières portant l’empreinte de personnalités des deux clans cités s’avèrent, d’ores et déjà, tout bénéfice pour l’autre clan dominant le paysage politique, soit celui de Shanghai. Soit celui auquel appartient l’ex-président Jiang Zemin. Cet ex-président qui, si l’on se fie aux initiés aux moeurs politiques et notamment au protocole élaboré pour le congrès en cours, reste plus puissant qu’on ne le pense. À preuve, ce chef de file du « gang » de Shanghai est parvenu à garder la main haute sur le Politburo : cinq membres sur les neuf qui composent cette instance appartiennent au gang en question.


Il est écrit dans le ciel que les dix prochaines années seront à l’image des dix dernières, soit un affrontement brutal de ces clans derrière les rideaux, le siège du Parti étant encore et toujours un champ de mines et de… vices.

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