Inquiétante ténacité

enace. Stephen Woodworth, ce député conservateur d’arrière-ban auteur de la motion 312, est d’une ténacité qui… inquiète. Sa dernière tentative pour viser le champ de l’avortement prenait prétexte de la définition légale de l’être humain.


Tous ceux et celles qui défendent le droit des femmes de choisir, gagné de haute lutte, frémissent chaque fois qu’on tente d’ouvrir une porte qu’on croyait bien protégée. C’est que le nombre de tentatives de la percer traduit une volonté ferme de vaincre, un jour ou l’autre. Depuis 1987, des députés conservateurs d’arrière-ban ont imaginé une quarantaine de ces motions ou projets de loi soupçonnés de viser les acquis en matière d’avortement.


Cette fois, 203 voix ont rejeté M-312, contre 91, qui auraient souhaité en débattre. M.Woodworth ne baisse pas les bras : il imaginera autre chose. L’analyse fine des chiffres montre que le quart des ministres du cabinet Harper faisaient partie des 91 - le chef du gouvernement a voté contre, mais derrière lui, on piaffe. Au total, plus de la moitié du caucus conservateur penchait pour cette motion destinée à revoir dans le Code criminel la définition légale de l’enfant.


De ces 91 voix souhaitant recauser avortement, celle de la ministre de la Condition féminine, Rona Ambrose, écorche et choque. L’honorable s’est réfugiée après le vote derrière son opposition à la sélection du sexe d’un bébé par avortement pour justifier son appui à M-312, mais cela est en totale opposition avec la protection des droits et des acquis des femmes.


Ce vote est révoltant, toute conservatrice soit la ministre de la Condition féminine. Le tollé qui a suivi cet affront fait aux femmes illustre bien combien Mme Ambrose vient de briser le lien qui l’unissait au groupe qu’elle doit représenter et défendre, envers et contre tous ceux qui songent, en mode officiel ou officieux, à saper dans leurs droits.


Cette provocation aux allures de trahison est inquiétante. Stephen Harper a beau afficher un message en apparence rassurant, la frange pro-vie de son caucus le presse, faisant écho en cela à un contexte tout à fait semblable aux États-Unis, où les droits des femmes en matière d’avortement sont soudainement fragilisés. La ténacité est une vertu ? Quand la cause est juste.

2 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 28 septembre 2012 08 h 14

    L'image du Canada

    Ce vote montre le vrai visage du Canada.
    Vous n'aimez pas ça?

  • Sylvain Auclair - Abonné 28 septembre 2012 10 h 46

    Quand la cause est juste...

    Le problème de votre chute, c'est que toute cause paraît juste à celui ou celle qui la défend.