La fin de Gentilly

Inaugurée en 1983, la centrale nucléaire Gentilly-2 a atteint les limites de sa vie utile. Même si Hydro-Québec et le gouvernement libéral ont décidé, en 2008, de procéder à sa réfection, il n’est pas trop tard pour revenir en arrière, comme la logique économique commande le faire.



entilly-2 est une centrale nucléaire de technologie canadienne d’une puissance de 675 mégawatts. Responsable de 3 % de l’électricité consommée au Québec (environ 75 000 ménages), elle présentait l’avantage de fournir un rendement constant.


En 29ans de fonctionnement, la centrale n’a pas connu de déficience majeure, et si bien des rumeurs et des accusations ont pu circuler au sujet de retombées négatives sur la santé de la population avoisinante, aucune preuve scientifique en ce sens n’a été apportée.


Cela dit, le nucléaire a ceci de particulier que personne ne peut non plus fournir l’assurance qu’une centrale comme Gentilly-2 est à l’abri d’un accident important qui pourrait aller jusqu’à la fonte du coeur du réacteur, entraînant la mort de centaines de personnes exposées à la radioactivité.


En 1976, trois ans avant l’accident de Three Mile Island (États-Unis), le gouvernement de René Lévesque avait décrété que le Québec n’irait pas plus loin dans l’expérience nucléaire, lui préférant les grands barrages plus destructeurs de l’environnement, mais moins risqués et plus économiques. Ce faisant, le Québec choisissait de façon délibérée de laisser l’Ontario développer seule cette filière qui bénéficia de dizaines de milliards d’investissements d’Ottawa.


Aujourd’hui, l’industrie nucléaire canadienne végète. Si Ottawa conserve toujours l’espoir de vendre des centrales équipées de réacteurs CANDU de dernière génération, ceux-ci n’existent que sur papier et peu d’experts y croient encore.


En revanche, plusieurs CANDU doivent être remis à neuf, dont celui de Gentilly, et c’est à cette tâche que s’active le lobby du nucléaire, dont SNC-Lavalin est devenue le principal acteur depuis qu’elle a acquis Énergie atomique Canada, l’an dernier. Une donne nouvelle qui, on le devine, a son importance dans le processus de décision auquel les partis politiques du Québec sont confrontés.


Il y a quatre ans, le président d’Hydro-Québec, Thierry Vandal, annonçait qu’on allait procéder à la réfection de Gentilly-2 au coût de 1,9 milliard, travaux qui devaient être terminés en 2012 mais qui ne sont pas vraiment commencés. Pourtant, Hydro a dépensé près de 1 milliard depuis ce temps dans l’aventure et l’estimation des coûts a continué de grimper. À un point tel que Québec a décidé de revoir le dossier.


À Point Lepreau, au Nouveau-Brunswick, on termine cet automne la réfection d’un réacteur semblable à celui de Gentilly, avec trois ans de retard et 1 milliard en dépassements de coûts. Selon Hydro-Québec, les leçons tirées de cette expérience et d’une troisième en cours en Corée lui feront économiser temps et argent. Malgré cela, le coût de revient de l’électricité produite à Gentilly atteindrait 12¢/kWh selon les estimations de l’économiste Jean-Thomas Bernard, soit beaucoup plus que l’hydroélectricité, l’éolien, et plus du double du prix obtenu à l’exportation. Et cela ne comprend pas les coûts du démantèlement de la centrale à terme, soit un autre milliard en dollars d’aujourd’hui, et ceux de l’entreposage définitif des déchets radioactifs, qu’on situe entre 2 et 5 milliards.


Les principaux opposants à la fermeture de la centrale sont, bien sûr, Hydro-Québec, qui ne veut pas perdre son expertise nucléaire, les firmes de génie qui profitent de ces lucratifs contrats, le syndicat des employés et les représentants régionaux. Peu nombreux, ces groupes n’en sont pas moins influents auprès des gouvernements.


Pour dorer la pilule, le Parti québécois, dont la position favorable à la fermeture s’est raffermie au cours de la campagne électorale, a promis d’injecter 200 millions dans la région. Quant aux travailleurs d’Hydro-Québec, ils ont la sécurité d’emploi.


Depuis la catastrophe de Fukushima, plusieurs pays qui dépendent du nucléaire ont révisé leur stratégie. Parvenue à la fin de sa vie utile et compte tenu des excédents d’électricité dont dispose le Québec pour plusieurs années à venir, la raison dicte aujourd’hui de fermer Gentilly-2.

72 commentaires
  • Alain Hebert - Inscrit 14 septembre 2012 06 h 51

    Démagogie anti-nucléaire

    La centrale G2, en opération depuis 30 ans, n'a pas beaucoup de supporteurs au Québec. Pourtant, et quoi qu'en disent les écologistes "sociaux" (à l'image de Daniel Breton), le nucléaire est la seule voie pour éviter le réchauffement global par les GES (je pourrais élaborer sur ce point). Les autres pays fortement industrialisés (j'inclue l'Ontario) ont le choix entre le nucléaire et les combustibles fossiles. Lorsque l'Allemagne est sortie du nucléaire, elle a augmenté ses commandes de charbon! Les énergies alternatives sont surtout utiles pour un usage domestique (que j'approuve), pas industriel.

    SNC-Lavalin, une entreprise Québécoise, a pris le contrôle l'AECL et compte offrir des services d'ingénérie nucléaire sur la scène internationale. Quel message le Québec enverrait s'il fermait G2 au lieu de le rénover comme les autres exploitants de CANDU6 ont fait (Nouveau-Brunswick, Corée du Sud, Argentine)?

    Dites-vous que les apparances sont trompeuses et que des dossiers politiques, apparamment simple, sont en réalité fort complexes. La perte de G2 peut sembler inoffensive vu les ressources hydro-électriques du Québec. Ce qu'on va perdre n'est pas une vieille centrale de 2ième génération. Ce qu'on va perdre est le personnel hautement-qualifié que HQ a formé au cours des 40 dernières années. Ce qu'on va perdre, c'est la R&D industrielle et universitaire dans la seule technologie apte à sauver la planète du réchauffement global. Ce qu'on va perdre, c'est la division nucléaire de SNC-Lavallin. Ce qu'on va perdre, ce sont des milliers d'emplois dans la région économiquement sinistrée de Trois-Rivières. Ce qu'on va perdre, c'est plus de 850 miliards de $ déja dépensés par HQ pour rénover la centrale.

    • Jacques Dagenais - Abonné 14 septembre 2012 07 h 55

      comme tous les arguments des pro-nucléaires qui tentent même après Fukushima de défendre l'indéfendable, celui-ci est complètement faux:
      1-)Le nucléaire n'est pas le seul a réduire les gaz à effet de serre, bien au contraire les nouvelles énergies qui remplacent effectivement le nucléaire avec succès en Allemagne entre autre créent beaucoup moins de pollution que le nucléaire surtout quand on considère tout le cycle du combustible des mines d'uranium, aux usines de combustible. Ces avantages s'il y en avait ne justifient pas l'utilisation de cette technologie qui en plus de produire des désastres planétaires à chaque accident, laisse une montagne de déchets radio-actifs pour une centaine de milliers d.années. Les coûts relatifs à ces déchets annulent par un facteur de 100 au moins les avantages économiques dans la région.
      Hydro-Ontario a fait faillite à cause du nucléaire, a laissé une ardoise de 10 milliards et l'ontario n'arrive pas à fermer ses centrales au charbon les plus polluantes en amérique à cause des problèmes de ces citrons Candu.
      Quant à la québécitude de SNC-Lavalin nucléaire, c'est essentiellement en Ontario que ça se passe. Quand madame Norrmandeau vantait le projet en disant que c'était 1,9 milliard dont 600 millions injectés dans l,économie du Québec, elle avouait sans sans appercevoir que près de 70% de l'investissement allait être exporté aux USA et en Ontario.
      On pourra avec de meilleures projets ici créer plus d'emploi et des meilleurs.
      On aurait tort de dépenser des milliard pour garder de l'expertise dans une technologie abandonnée partout.
      Finalement c'est 825 millions et non pas milliards qui auraient été dépensés selon ce qu'on a fait dire àThierry Vandal pour faire pression sur les élus, mais par soucis de garder sa crédibilité , il s'est gardé une petite gêne en ajoutant que la plus grande partie pouvait Vandal être récupéré.
      Non seulement il faut fermer Gentilly2, mais il ne faut pas la réouvrir, puisqu'elle est en panne depuis le 23

    • François Dugal - Inscrit 14 septembre 2012 08 h 24

      Que vaut une expertise dans un domaine dont nous n'avons pas besoin?

    • Alain Hebert - Inscrit 14 septembre 2012 09 h 51

      @François Dugal
      ...que nous aurons besoin dans le futur. ... que d'autres pays ont besoin aujourd'hui (Chine, Inde, etc).

    • Yvan Dutil - Inscrit 14 septembre 2012 09 h 56

      Monsieur Hébert est un des 9 chercheurs en génie nucléaire au Québec. La raison pour laquelle la fermeture de Gentilly-II serait la cause d'une perte d'expertise importante même si elle est essentiellement symbolique est qu'elle menacerait les ventes d'Énergie Atomique du Canada. Déjà, Hydro-One a de gros doutes à savoir si elle va remplacer ses CANDU par des CANDU ou de la technologie étrangère.

    • Alain Hebert - Inscrit 14 septembre 2012 10 h 00

      @Jacques Dagenais
      Je suis heureux que vous preniez l'Allemagne en exemple. Il n'y a pas de plus bel exemple sur les conséquences des propositions des anti-nucléaires. Le pays est "sorti" du nucléaire et a investi des sommes colossales dans les énergies alternatives. Les ménages ont pu réduire leur consommation électrique (bravo), mais cela n'a eu aucune conséquence sur l'industrie.

      La conséquence: L'Allemagne a fortement augmenté des commandes de charbon et s'apprète à construire de nouvelles centrales de production électrique au charbon. Des villages entiers de l'ex-RDA seront bientôt rayés de la carte pour faire place à des mines de charbon à ciel ouvert.

      Pendant ce temps, la France, qui a misée sur le nucléaire (83% de sa production), ne brûle presque pas de charbon.

    • Yvan Dutil - Inscrit 14 septembre 2012 11 h 15

      Monsieur Hébert, les choses sont un peu plus compliqués. Les nouvelles centrales construites sont d'un type particulier qui permet de moduler la puissance d'un facteur 10 afin de pouvoir absorber les fluctuations de production des énergies renouvelables. C'est quelque chose que les centrales nucléaires sont incapables de faire. Ceci dit, l'Allemagne et le Japon vont beaucoup trop vite dans leur choix de fermer les centrales nucléaires.

      Ceci dit, cela n'a absolument aucun rapport avec la situation qui nous préoccupe.

    • Alain Hebert - Inscrit 14 septembre 2012 12 h 01

      @Yvan Dutil
      Le CANDU6 n'a pas été conçu pour faire du suivi de charge (contrairement aux modèles Areva). Ceci dit, le Québec a suffisamment de centrales hydro-électriques (dont une très près de Montréal) pour faire tout le suivi de charge dont elle a besoin.

      Je ne vois pas en quoi ce point intéresse les lecteurs du Devoir...

    • Yvan Dutil - Inscrit 14 septembre 2012 14 h 14

      @Alain Hébert Je ne vois pas en quoi ce point intéresse les lecteurs du Devoir.

      Pas plus que les centrales au charbon allemandes

    • Alain Hebert - Inscrit 14 septembre 2012 18 h 28

      @Yvan Dutil
      Si j'ai parlé des centrales au charbon allemandes, c'est que le premier commentaire de ce thread proposait l'exemple de l'Allemagne comme modèle à suivre.

      La même chose risque de se produire ici, à échelle réduite. Si HQ ferme G2 en décembre, je parie ma chemise que la centrale au gaz de Bécancour (émettrice de GES) sera mise en service. Ce point pourrait intéresser les lecteurs du Devoir...

    • Gilles Daoust - Inscrit 15 septembre 2012 09 h 28

      La présence de Gentilly-2 a permis de développer plusieurs créneaux d'expertise au Québec. Un exemple: la secteur des équipements en contrôle non destructifs qui s'est implanté dans la ville de Québec (Zetec, Olympus NDT, RD Tech, etc) est issu d'un contrat avec Gentilly pour développer des logiciels, puis des instruments pour l'inspection des composants du réacteur et de la turbine. Ce contrat a été accordé à Tecrad - une étoile filante des REA - mais d'autres investisseurs ont su développer ce créneau et maintenir 500 emplois à Québec.

      La sécheresse des années 1990 et la diminuation continue de la pluviométrie est bonne pour l'industrie viticole mais elle aura un impact sur les réservoirs d'Hydro-Québec. Déja le harnachement de la rivière Rupert a été nécessaire pour palier au manque dans les réservoirs de la Baie James. Que nous réserve l'avenir?

      Donc se privée de l'expertise dans le secteur nucléaire n'augure pas très bien à mon point de vu.

    • François Dugal - Inscrit 16 septembre 2012 08 h 32

      À Alain Hébert
      Avec l'hydro-électricité, le solaire et l'éolien, les québécois sont «gras dur» pendant les siècles à venir.

    • Roxane Bertrand - Abonnée 16 septembre 2012 09 h 37

      Peut-on transformer le réacteur de G-2 pour produire des isotops médicaux? Ça serait rentable. Il va falloir être inventif et innovateur pour éviter un fiasco économique avec G-2.

    • Djosef Bouteu - Inscrit 16 septembre 2012 15 h 11

      @Gilles Daoust : Que nous réserve l'avenir? Et bien au Québec, l'avenir nous réserve une hausse des précipitations, particulièrement dans le centre et le nord du Québec. En plein là où on veut de l'eau pour alimenter nos réservoirs.

      Le nucléaire est une aberration au Québec. Ça coûte bien trop cher. C'est injustifiable à cause du gouffre financier en plus des risques et de la pollution.

      En plus, le nucléaire est une ressource non-renouvelable.

      C'est sur les énergies renouvelables qu'il faut travailler.

    • Alain Hebert - Inscrit 16 septembre 2012 16 h 46

      @Djosef Bouteux
      Il y a 95 fois plus d'énergie dans le combustible usé que l'énergie qui en a déja été extraite. En comptant cette énergie, le nucléaire offre une ressource durable (de l'ordre de plusieurs millénaires, avec les ressources d'uranium connues).

      Plutot que de tenter de discréditer cette technologie, vous devriez tenter de la rendre plus socialement acceptable en proposant une utilisation durable.

    • J-Paul Thivierge - Abonné 16 septembre 2012 23 h 15

      Pour l'avenir
      La géothermie profonde [EGS] en évolution du concept du MIT est l'avenir énergétique mondial à moyen terme jusqu'à la fin du présent siècle.
      Les rayons du soleil, la force du vent, la force hydraulique, et la chaleur du noyau de la Terre sont gratuits, durables et presque éternels en terme humain
      il n'y a qu'à développer les moyens intelligents, innovateurs, efficaces et sécuritaires de les utiliser.
      alors que les ressources fossiles, charbon, pétrole, gaz, nucléaires sont épuisables, polluants et seront de plus en plus coûteux.

      J-Paul Thivierge
      Analyste énergie et environnement

    • Djosef Bouteu - Inscrit 16 septembre 2012 23 h 53

      Rendre le nucléaire plus «socialement acceptable», elle est bien bonne celle-là, surtout après Fukishima.

      Bonne recherche d'emploi.

    • Alain Hebert - Inscrit 17 septembre 2012 08 h 14

      @Roxane Bertrand
      Votre question est pertinente mais très difficile à répondre. HQ a déja produit du Cobalt-60 dans G2 pour le traitement du cancer. Cela pourraît être refait sans problème.

      Cependant, j'ai l'impression que vous parlez plutot du Technicium 99 métastable qui est un produit de décroissance du Molybdène 99, lui même produit dans un réacteur nucléaire. Vous devez savoir que le Molybdène 99 est un produit de fission d'échantillons d'uranium 235 quasiment purs (~95%). Or, cette substance est interdite d'utilisation par l'IAEA (le maximum autorisé est un enrichissement de 20%). Je ne vois pas comment HQ pourrait introduire de tels échantillons purs sur son site, compte tenu des limites de sa license.

  • Alain Hebert - Inscrit 14 septembre 2012 07 h 23

    erratum

    Ce qu'on va perdre, c'est plus de 850 millions (pas miliards) de $ déja dépensés par HQ pour rénover la centrale.

    Désolé

    • Yvan Dutil - Inscrit 14 septembre 2012 09 h 56

      On mais on va sauver plusieurs centaines de millions de perte d'opérations par an.

    • Jacques Dagenais - Abonné 14 septembre 2012 17 h 54

      Ces 825 millions de supposément dépensés comprennent des stock de piéeces qui peuvent être utilisées ailleurs ou retournées selon T Vandal.Ce chiffre a été lancé pour faire pression sur les élus.
      Quant à l'Allemagne, la conservatrice Merkel qui voulait repartir le nucléaire quant les rapports montrant que les projets d'énergie renouvelable propre dont elle doutait, non seulement étaoient au rendez-vous mais devançaient même les échéanciers.
      Mais comme défenseurs du nucléaire que faites -vous des 3000 tonnes de déchets de combustible irradié emmagasiné sur le bord du fleuve, dont les coûts d'évacuation sont provisionnés à hauteur de 200 millions (note 13 états financiers 2011) alors que partout ailleurs on évaluent les coût à 1 millions la tonne soit 3 milliards pour G2, et ce sans même avoir une solution sûr pour les 100milles ans de radioactivité.

    • Alain Hebert - Inscrit 14 septembre 2012 22 h 00

      @Jacques Dagenais
      Pour pouvoir incinérer le combustible usé, comme celui actuellement entreposé dans le stockage à sec de G2, il faut développer des technologies nucléaires avancées. Pour développer ces technologies avancées, il faut des ingénieurs nucléaires, des chercheurs, des centres de recherche, et un support gouvernemental. Il ne faut surtout pas d'anti-nucléaires dogmatiques. Tout vos efforts vont décourager nos étudiants les plus brillants d'engager des études et une carrière dans cette voie. En finale, vous contribuez par votre discours et vos actions à provoquer la situation que vous craignez le plus: Vous resterez pris avec des installations et des produits dont vous ne saurez que faire et vous provoquerez le recours accru aux énergies fossile, jusqu'au jour où la planète deviendra invivable.

    • Djosef Bouteu - Inscrit 16 septembre 2012 15 h 14

      @Alain c'est ridicule. Pour découvrir comment traiter les déchets nucléaires, on devrait donc continuer de produire plein de déchets nucléaires?

      Mais la question est réglée, Gentilly ferme et nous ne produirons pas d'autres déchets nucléaires.

    • Alain Hebert - Inscrit 16 septembre 2012 16 h 41

      @Djosef Bouteux
      Vous m'avez mal compris. Ce que je dis c'est que l'incinération du combustible usé (ce que vous appelez des déchets mais qui n'en sont pas) demande des compétences en ingéniérie nucléaire. Je doute que vous ayez ces compétences.

  • Robert Bernier - Abonné 14 septembre 2012 07 h 46

    Énergie propre mais dangereuse

    Je supporte en grande partie le commentaire éclairé de M. Alain Hébert ci-dessus. Mais il y a les risques associés à cette énergie. Ayant travaillé de nombreuses années dans le domaine de l'inspection en milieu industriel, je sais que la technologie visant à sécuriser cette industrie est très avancée. Mais il y a le risque ... et il y a les déchets radioactifs.

    Rappelon-snous, ici, que Gentilly-II avait été bâtie pour fins de recherche, afin qu'Hydro-Québec développe une expertise si jamais le choix de cette filière devait être fait. Près de 40 ans après le début de la construction et 30 ans après le début du fonctionnement, il ne semble plus y avoir aucune chance que ni le Québec ni le Canada n'aillent dans cette direction.

    Alors, pourquoi continuerions-nous d'investir dans un réacteur pour seule fin d'allonger sa fin de vie? Un réacteur qui demeurera le seul au Québec?

    Quantà l'expertise que nous perdrions, le choix en a déjà été fait et le sort déjà jeté quand l'IREQ a fort malheureusement fermé sa filière nucléaire à Varennes.

    Robert Bernier, physicien
    Mirabel

    • Alain Hebert - Inscrit 14 septembre 2012 08 h 07

      @Robert Bernier
      Vous dites: "il ne semble plus y avoir aucune chance que ni le Québec ni le Canada n'aillent dans cette direction". Dans quelle direction devrons-nous aller lorsqu'il deviendra évident que les combustibles fossiles empoisonnent la planète? ou que les ressources de combustible fossile auront été épuisées? Avec des moulins à vent?

    • Yvan Dutil - Inscrit 14 septembre 2012 10 h 29

      En quoi, le nucléaire constitue un substitut aux carburants fossiles au Québec?

    • Alain Hebert - Inscrit 14 septembre 2012 12 h 04

      @Yvan Dutil
      Les réacteurs nucléaires de 4ième génération (mis en service dans 40 ans environ) vont produire de l'Hydrogène qui va alimenter la prochaine génération de véhicules routiers. Vous allez me dire: "dans 40 ans on sera morts". Vous devez savoir qu'on doit commencer la R&D maintenant!

    • Yvan Dutil - Inscrit 14 septembre 2012 14 h 16

      Monsieur Hébert, ce n'est pas la première fois que vous nous sortez un argument similaire: gardons notre vielle centrale, car il va y avoir une meilleure technologie dans le futur. C'est comme si vous me disiez de garder mon vieux Chevrelet Celebrity 1984 parce qu'il va y avoir des Chevrelet Volt!

      D'autre part, produire de l'hydrogène de cette façon, c'est une façon phénoménale de gaspiller de l'énergie.

    • Alain Hebert - Inscrit 14 septembre 2012 18 h 32

      @Yvan Dutil
      On parle ici d'électrolyse à haute température. Si on veut avoir un jour des réacteurs à haute température pour produire de l'hydrogène de façon efficace, il faut débuter la R&D aujourd'hui. Nous nous y consacrons, mais nous aimerions continuer à le faire.

    • Djosef Bouteu - Inscrit 16 septembre 2012 15 h 17

      Pourquoi cette fixation sur l'hydrogène quand la voiture électrique est déjà là?

      Vous avez peur la raison d'être des dépanneurs/stations-service cesse d'exister si on branche nos chars à la maison?

      De toute façon, Gentilly ferme. Une bonne chose de réglée.

    • Alain Hebert - Inscrit 16 septembre 2012 16 h 37

      @Djosef Bouteu
      Les voitures 100% électriques ont une autonomie d'environ 60 km à pleine charge et beaucoup moins en hiver. La seule façon de les rendre utilisables et d'y ajouter une génératrice (comme la Volt), mais au prix d'une complexité extrème. Étudiez le fonctionnement de la Volt et vous comprendrez. Une voiture à hydrogène est une voiture électrique dont l'électricité est fournie par une pile à combustible. Simplicité de fabrication. Zéro pollution si l'hydrogène est produite par le nucléaire. Plus polluante qu'une voiture actuelle si l'hydrogène est extraite du gaz naturel.

    • J-Paul Thivierge - Abonné 16 septembre 2012 23 h 16

      A la vitesse de changement de la technologie,
      il ne serait ni sage ni prudent de faire la modernisation/réfection de G 2,
      l’exemple de Pointe Lepreau nous le démontre.
      L’argument de maintenir de l’expertise dans le domaine nucléaire est farfelu considérant que la technologie Candu est en fin de vie.
      De plus, on doit se souvenir qu’il y a une vingtaine d’année Hydro-Québec a mis au rancart le TOKAMAK de Varennes [IREQ] malgré des résultats intéressants dans le domaine des instruments d’analyse des générateurs d’énergie de FUSION nucléaire. Maintenent , en Europe le projet ITER évolue pour produire des plasma et des quantités d’énergie propre et le Québec n’est plus dans le club parce que Energie Nucléaire Canada a décidé de mettre des G$ dans un projet à Vancouver, même si le Québec verse plus de5 M$ par année à EACL.
      Quand M Martineau était président du Ca d'H-Q et R Drouin PDG, Le budget du Tokamak était d'une douzaine de M$ par année ( 2 M# de H-Q + 5 M$ du Qcl + 5 M$ du Ca)
      Selon moi notre présence dans le domaine de la FUSION était plus importante que notre participation dans le domaine plus risqué de la FISSION [ les catastrophes en Japon, Russie, USA etc en fond preuve.]
      J-Paul
      retraité de l'IREQ
      analyste consultant énergie

    • J-Paul Thivierge - Abonné 16 septembre 2012 23 h 26

      La pile à combustible à hydrogènece sera trop couteux = 10 $ le litre équivalent des voitures à 100 K$ et plus .Puis produire de l'hydrogène c'est risqué et très couteux. [HYDROGENAL] au Qc.
      Maintenant, à l'IREQ on améliore les batteries C LiFePo4, avec une source industriellem on pourra les recharger à 80 % en moins de 20 minutes et faire plus de 200 Km sur une charge
      ces batteries ont une durée de vie prévue de plus de 50 ans.
      Alors avec le concept de P Couture la voiture hybride branchable, dévoiulée en 1994, puis abandonné par A Caillé, l'homme du gaz de schiste, Alors le retour d'un véhicule hybride branchable sur une source d'énergie propre comme l'hydroélectrique ou l'éolien, c'est l'avenir pour maintenant.
      J-Paul T
      retraité de l'IREQ

    • Djosef Bouteu - Inscrit 17 septembre 2012 00 h 08

      Vos information datent pas mal. Faut arriver en 2012. Les batteries ne cessent de progresser.

      L'autonomie est à plus de 100km, et les modèles bientôt sur le marché vont jusqu'à 480km (oui oui, presque 500 km) pour les voitures les plus performantes et ce n'est que le début.

      Qui fait plus de 100km assez souvent pour qu'une location ponctuelle, le train ou l'autobus ne puisse convenir à ses besoins?

      Mais surtout qui a besoin de plus de 480km d'autonomie? Tapez dans un moteur de recherche «Tesla model s» pour un exemple de ce qui s'en vient.

      Comme je disais, faut arriver en 2012. Le nucléaire, c'est le passé et la voiture à l'hydrogène n'est pas l'avenue la plus prometteuse quand la voiture électrique est là et répond aux besoins de plus de 95% des automobilistes.

    • Alain Hebert - Inscrit 17 septembre 2012 17 h 40

      @Djosef Bouteu
      Pour aller du Dix30 au centre-ville aller-retour, je suis d'accord qu'une voiture électrique pourra bientot faire l'affaire. Mais que dire des semi-remorques, des trains sur les lignes non-électrifiées, des paquebots et des avions? Je parle d'un monde sans pétrole.

      Seul l'hydrogène tient la route.

      @Jean-Paut Thivierge
      Je ne vois pas de véhicules routiers avec pile à combustible (sauf prototypes) avant 40 ou 50 ans. Cela laisse le temps pour réduire les coûts de la pile à combustible. Et à condition qu'on puisse produire de l'hydrogène à un prix raisonnable. D'ici la, je pense que le modèle le plus courant deviendra une voiture semblable à la Volt (mais je peux me tromper).

  • Sylvain Auclair - Abonné 14 septembre 2012 07 h 53

    Analyse du cycle de vie

    J'aimerais bien qu'on me prouve que les centrales nucléaires créent vraiment de l'énergie, en tenant compte de leur construction et de la fabrication de tous leurs composants, de l'extraction et du raffinement du combustible, du traitement complet du combustible utilisé, de leur déclassification et de la remise en état du terrain.

    • Alain Hebert - Inscrit 14 septembre 2012 09 h 48

      @Sylvain Auclair
      La France produit 83% de son énergie avec le nucléaire (et seulement 7.5% avec des combustibles fossiles). C'est le pays industrialisé qui produit le moins de gaz à effet de serre (GES) par unité de PIB sur la planète. Cet argument vous convaint-il?

    • Yvan Dutil - Inscrit 14 septembre 2012 09 h 48

      Manfred Lenzen a fait ce genre d'analyse, il y a quelques années. Les centrales actuelles produisent de l'énergie, mais ce n'est pas très performants. Les coûts énergétiques de l'enrichissement (ou de la fabrication de l'eau lourde), ainsi que le traitement des déchets nucléaires grèvent le budget énergétique. Il est à noter que le second élément n'est pas inclu dans le prix de l'électricité vendu.

    • Sylvain Auclair - Abonné 14 septembre 2012 10 h 46

      À monsieur Hébert.
      Non, cela ne me convainc pas. En tout cas pas complètement. A-t-on démantelé ces centrales? Pas encore. Les frais énergétiques du démantelement et de la disposition à long terme des déchets ne sont donc pas pris en compte. De plus, la France importe son uranium, je crois; elle exporte donc les dépenses énergétiques liées à son extraction et à son traitement, non?

    • Yvan Dutil - Inscrit 14 septembre 2012 11 h 27

      Monsieur Hébert, c'est l'utilisation d'une technologie qui a une faible empreinte carbone ET le mode de vie qui fait que la France a une trace environnementale aussi faible. Ici, le nucléaire n'apporte essentiellement aucun gain environnemental.

    • Alain Hebert - Inscrit 14 septembre 2012 13 h 35

      @Sylvain Auclair
      La France s'est garanti suffisamment d'uranium pour satisfaire ses besoins propres (électricité et Hydrogène) pendant plusieurs millénaires. C'est pourquoi elle développe le projet ASTRID qui va permettre d'utiliser le combustible usé (ce que vous appelez des déchets) comme combustible de ce nouveau type de réacteur. On fait d'une pierre deux coups: on se débarasse du combustible usé et on fabrique de l'énergie sans émettre de GES.

      P.S. La France envisage de prolonger la vie de tous ses réacteurs. Peut-être Mme. Marois devrait-elle téléphoner à son ami Hollande (qui fait marche arrière par rapport à ses engagements démagogiques de campagne électorale).

    • Cyril Dionne - Abonné 14 septembre 2012 17 h 37

      L'industrie nucléaire est tellement efficace en France qu'elle exporte ses déchets nucléaires en Russie (Sibérie). Quel paysage pittoresque que de voir des villes entières en Sibérie embourbées dans des centaines de tonnes d'uranium appauvri.

    • Jacques Dagenais - Abonné 14 septembre 2012 18 h 06

      C'est bien que l'on parle de la France, Hollande a annoncé ce matin la fermeture d'une centrale et son engagement à réduire la opart du nucléaire à 50% alors que le même jour le Japon annonce une sortie complète du nucléaire.
      Quand j'ai commencé à m'interresser au nucléaire fin 1999, je me souviens que le minstre français de l'énergie disait qu'il investissait dans le nucléaire parce qu'ils n'avaient pas le choix, nous avons le choix au Québec. Quand je suis aller au centre de retraitement de la Hague, comme le projet Super Phoenix était abandonné, on espèrait au mieux faire un deuxième cycle de MOX. On y est pas encore alors le rêve d'Astrid est encore plus loin que le Generation4 d'avenir signé avec les USA et toujours sur le même papier depuis 10 ans ou presque!!

    • Alain Hebert - Inscrit 14 septembre 2012 19 h 18

      @Cyril Dionne
      Une chance qu'on exporte pas nos péquistes en Sibérie...

    • Alain Hebert - Inscrit 16 septembre 2012 16 h 30

      @Djosef Bouteu
      Je comprend que vous préférez le bel exemple Allemand de sortie du nucléaire.

    • Djosef Bouteu - Inscrit 17 septembre 2012 00 h 10

      Je préfère l'exemple québécois de sortie du nucléaire :

      La seule centrale au coût de fonctionnement et d'entretient exorbitant qui ferme pour faire place à l'électricité de sources renouvelables.

    • Alain Hebert - Inscrit 17 septembre 2012 17 h 30

      @Djosef Bouteu
      ... pour faire place à la centrale à gaz de Bécancour.

  • François Dugal - Inscrit 14 septembre 2012 08 h 23

    Nos besoins

    A-t-on besoin au Québec de l'énergie nucléaire? Non.

    • Jacques Dagenais - Abonné 14 septembre 2012 20 h 06

      C'est court, mais c'est au fond la meilleure réponse, on en a pas besoin alors pourquoi ces risques inutiles et ces pertes financières, certainement plus pour stabiliser le réseau comme on disait avec raison de 83 à 91, mais depuis bientôt 20 ans le réseau est des plus stable et n'a aucunement besoin de G-2, ayant résistér même au pire soit le verglas de 1998, alors que c'est la boucle de Montreal qui a fait problème et qui a été règlé depuis.i