Crise financière en Espagne - Au secours!

Poids lourd de l’économie espagnole, la Catalogne est en faillite. Pour minorer ce fait, pour gommer en partie la brutalité, la violence de cette réalité, on qualifie la faillite en question de technique. Elle l’est tant, technique, que 100 000 fonctionnaires ne perçoivent plus de salaire. Elle l’est tant que le gouvernement catalan a demandé au gouvernement central de lui accorder au plus vite un prêt de plus de 5 milliards. Un prêt qui, par ricochet, risque d’accélérer le dépôt d’une requête. De quelle nature ? Madrid risque fort de demander du secours auprès de l’Union européenne (UE) et de la Banque centrale européenne (BCE). Bref, après la Grèce, il est fort probable que l’Espagne sera sous la tutelle de la troïka rassemblant, outre la BCE, le FMI et la Commission européenne.

Un, on se souviendra que Madrid avait demandé et obtenu, en juin dernier, une ligne de crédit de 100 milliards d’euros pour soulager des banques, et seulement elles, des vices financiers qui les ont durablement ébranlées. Deux, on soulignera que l’état financier de la forte majorité des régions espagnoles, notamment responsables de l’éducation et de la santé, est une copie carbone de celui de la Catalogne. Là comme ailleurs, les prestations sociales sont régulièrement suspendues. Trois, on se rappellera qu’en octobre, les obligations financières auxquelles l’Espagne sera confrontée sont si importantes, vu l’état actuel de son économie - 30 milliards à rembourser -, que certaines parlent de goulet d’étranglement. En clair, le sauvetage pourrait être sollicité courant septembre. D’autant…


D’autant que les plus récentes statistiques afférentes aux maux économiques enseignent que la récession est plus prononcée qu’avancé ou anticipé. Ce n’est pas tout. L’effondrement de la consommation en juin a eu l’effet pervers suivant : une chute de 10% des revenus fiscaux découlant de la TVA. Pour faire court, c’est la cata, comme dans catastrophe.


Cette avalanche de drames a été observée alors qu’en Allemagne, on vient d’amorcer un énorme débat sur les gestes posés par la BCE au cours des derniers mois et sur ceux qu’elle entend poser en Espagne. De quel débat s’agit-il ? Le patron de la Banque centrale allemande a lancé un pavé dans la mare en martelant que la BCE est en train de « doper » les Européens à l’argent facile et de faire ainsi le lit de l’inflation. Le hic, c’est que Mario Draghi, patron de la BCE, n’a guère le choix. Il ne faut pas oublier que l’économie dans le monde occidental étant ce qu’elle est, les entreprises n’investissent pas alors qu’elles croulent sur des montagnes de liquidités. Autrement dit, Draghi est face au dilemme antique de l’oeuf et la poule.

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