Coalition avenir Québec - De tout pour tous

La Coalition avenir Québec (CAQ) publiait dimanche son programme. En 94 engagements, on y trace la feuille de route d’un éventuel gouvernement caquiste. Ses 111 pages d’explication soulèvent toutefois plus de questions qu’elles n’apportent de réponses.


La rédaction de ce « Plan de relance pour le Québec » était un passage obligé pour la CAQ. Contrairement aux libéraux et aux péquistes, qui ont l’avantage d’années de présence au gouvernement, elle devait montrer qu’elle saurait faire aussi bien qu’eux, voire mieux.


Ce document donnera l’impression qu’elle a bien fait ses devoirs. On y trouve tous les grands enjeux de l’heure : dette, financement des programmes, accès aux soins de santé, décrochage scolaire, financement des universités, exploitation des richesses naturelles, création d’emplois, renforcement de la langue française. Bref, il y a de tout pour tous.


Généreux d’esprit, le chef caquiste, François Legault, promet beaucoup. Selon ses adversaires, déjà 4 milliards de dollars, ce qui comprend une réduction d’impôt de 1000 $. Dépenses qu’il financera par une vaste réingénierie de l’État : abolition des commissions scolaires, réduction de quelques milliers de postes à Hydro-Québec, « dégraissage de la bureaucratie », allégement des structures, tout particulièrement dans les secteurs de la santé.


Comment un gouvernement caquiste réalisera-t-il tout cela ? Les réponses sont brèves et incomplètes, surtout quand il s’agit des comptes. M. Legault, qui s’est déjà livré à l’exercice d’un budget de l’an un lorsqu’il était député péquiste, se garde bien de nous en proposer un, mais nous met en garde.


Dans une note liminaire, écrite en tout petits caractères, comme dans les contrats d’assurance, il prévient : « Les engagements qui seront mis en oeuvre par un gouvernement de la CAQ [le seront] dans le respect de la loi sur l’équilibre budgétaire. » Bref, une seule chose est certaine. Avec un gouvernement Legault, il n’y aura pas de déficit. Le reste n’est que promesses.


Tout ne tient toutefois pas à l’argent dans ce programme où se trouvent tout de même de bonnes idées. Comme la modification de la Loi sur les normes du travail pour donner cinq jours de congé pour obligations familiales. Ou encore l’interdiction d’exporter l’amiante. En fait, il serait souvent plus juste de parler de bonnes intentions, dont certaines sont de l’ordre du fantasme.


Difficile de croire que François Legault, qui a tout de même quelques années de participation à un gouvernement derrière lui, puisse vraiment penser obtenir du gouvernement fédéral des transferts de pouvoirs en matière de culture, de télécommunications, d’environnement et d’énergie. Après avoir dit samedi qu’il voulait rapatrier tous les pouvoirs en environnement, il s’est d’ailleurs vite repris pour faire savoir que ce ne serait pas pour tous les pouvoirs et pas dans le premier mandat.


De telles promesses relèvent de l’esbroufe pour racoler un électorat nationaliste. Il serait plus convaincant si, sur la question des écoles passerelles, il ne cherchait pas à embrouiller les cartes en demandant un impossible amendement constitutionnel plutôt que d’avoir recours à la clause dérogatoire, qu’il a mise de côté dans un gros clin d’oeil à la communauté anglophone.


Le problème de M. Legault est qu’il court plusieurs lièvres à la fois dans un ballet improvisé, comme le montre bien la publication, hier dans The Gazette, d’un appel au vote des anglophones de Montréal, tout de suite après avoir promis une grande réforme de la gouvernance de Montréal. La chose dont ces électeurs veulent le moins, eux qui se sont tant opposés aux fusions, c’est bien que l’on touche aux pouvoirs de leurs arrondissements. Peut-être a-t-il besoin d’une boussole pour ne pas se perdre ainsi sur des terrains où il s’aventure sans les connaître.

18 commentaires
  • Henri Marineau - Inscrit 14 août 2012 03 h 31

    La CAQ met la table

    En réalité, quand nous entendons la nomenclature de cette longue liste d’épicerie, nous avons l’impression d’assister à une vente aux enchères où le parti qui misera sur le plus grand nombre d’engagements pourra repartir avec le gros-lot!

    Compte tenu de la faible crédibilité que les Québécois peuvent accorder aux « engagements » électoraux des divers partis, échaudés comme ils l’ont été au cours des dernières décennies, croyez-vous sincèrement que la brochette qui leur est servie par le chef de la CAQ saura les attirer à sa table…d’autant plus qu’ils ne connaissent même pas encore le montant de leur contribution pour pouvoir participer à ces agapes?

  • France Marcotte - Inscrite 14 août 2012 05 h 51

    Le commis-voyageur

    Avec sa grosse valise et son allure prospère, il va de village en village distribuer sa faconde.

    Goûtez-moi un peu de ce petit sirop ma chère dame, touchez-moi ces beaux bas de soie, dit-il aux braves gens ébahis qui ont de rares nouvelles de la grand'ville.

    • Jacques Patenaude - Abonné 14 août 2012 20 h 54

      Je ne sais pas si vous citez quelqu'un ou si ça viens de vous mais c'est foutrement bien écrit

  • A. Thomas - Inscrit 14 août 2012 06 h 51

    Large Choix de Jouets Lego

    La Super-Vente pour attirer la clientèle. Permettez-moi de sourire quant aux garanties mais, surtout du service après-vente.

    C'est dans une quête sans fin que certains développent des aptitudes au pouvoir. Ne sommes-nous pas « programmés par la recherche de la survie et du bien-être » comme le prétend A. DAMASIO neurologue et psychologue, à l'University of Southern California.

    Mais où est l'esentiel dans tout ce que présente la CAQ ?

  • Alain Larouche - Abonné 14 août 2012 07 h 16

    Beaucoup de questions sans réponses

    Vous venez de faire la démonstration que la CAQ est une poule pas de tête. L'éparpillement à tout vent de ses promesses qui se contredisent, irréalisables, compte tenue de l'équilibre budgétaire, amènent les électeurs à s'interroger sérieusement sur ce déluge d'engagements.

    • Jacques Patenaude - Abonné 14 août 2012 09 h 41

      Legeault prétend financer ses promesses par des coupes dans la fonction publique. Il devrait relire le rapport de son candidat vedette. Duchesneaux y parle des conséquences de la "réingénérie" de l'état sur le ministère des transport. On y parle des conséquences catastrophiques de ces coupes sur ce ministère. Il semble bien que ça n'a pas produit les économies anticipées... mais plutôt un bar ouvert pour les entreprises oeuvrant dans le domaine de la construction et les petits amis.

  • Huguette Daigle - Inscrite 14 août 2012 07 h 24

    Trop,c'est trop.

    Trop,c'est comme pas assez.Il va nous mettre encore plus dans le trou et ne pourra jamais réaliser toutes ses promesses.C'est beaucoup trop pour être crédible.