Urbanisme - Melon, potiron, gazon

Hors-la-loi pour avoir voulu réinventer leur parterre de maison en accord avec l’écologie et le développement durable ? Si la Ville de Drummondville choisit de rester dans le camp des obtus et des rétrogrades, c’est exactement le statut qui attend des audacieux comme Michel Beauchamp et Josée Landry. Hors-la-loi !

Leur crime ? En agriculteurs urbains semant l’exemple - et non la zizanie ! -, ils ont troqué le gazon du parterre de façade pour cultiver un potager, dont les semis, au fil des mois, ont produit une végétation luxuriante. C’était une première pour ces jardiniers en herbe et oui, c’est confirmé, ils ont le pouce vert ! Pour profiter de la générosité du soleil, ingrédient indispensable à un jardin qui ne fait pas chiche, ils ont choisi l’avant de la maison. Inédit. Audacieux. Judicieux. Mais… contre le règlement.


À la municipalité, on a grogné. En vertu du nouveau règlement de la Ville, ces deux originaux contreviennent à « l’uniformité de la trame », l’ennuyeux de perfection tronçon de gazon en bordure de rue. Ils ont eu un sursis, fiou. Mais si d’ici le 1er septembre ils ne satisfont pas au « nouveau » règlement, ils risquent des amendes pouvant avoisiner les 300 $… par jour. L’absurde côtoie ici le révoltant : si au moins la Ville plaidait le caractère passéiste d’un règlement vieillot en promettant de se mettre à la page sous peu. Mais non !!! Le règlement est tout neuf ! C’est avec un tiers de gazon qu’on choisit de faire révolution.


Cette histoire avait le piment nécessaire pour faire le tour du monde : alors que les adeptes d’un mode de vie plus écologique se multiplient, les appuis bien sûr déferlent, Drummondville décrochant au passage le titre bien sombre mais mérité de ville dénuée de toute capacité d’innovation, totalement indifférente aux nécessités appelées par un environnement fragilisé. La ville légume, quoi !


Le Centre-du-Québec fait la manchette de manière tout à fait surprenante, mais bien d’autres municipalités cachent dans leurs livres des règlements semblables, en totale contradiction avec les impératifs environnementaux qui appelleront bientôt un urbanisme écologique. Par exemple, aucune ville au Québec n’encourage les initiatives visant à construire des toits verts, alors que leurs bénéfices sont nombreux.


C’est de souplesse, de flexibilité, d’audace et d’un minimum de vision verte qu’auront besoin les villes pour suivre et encourager les citoyens à prendre le virage de l’écologie urbaine, plutôt que de passer la tondeuse sur les bonnes idées.

14 commentaires
  • Jean-François Couture - Inscrit 25 juillet 2012 01 h 47

    Avancez en arrière!

    Vous avez tout dit. Il n'y a rien à ajouter sauf deux ou trois injures et imprécations mais cela serait malpoli.

  • Catherine Paquet - Abonnée 25 juillet 2012 06 h 20

    C'est beau ailleurs...

    Qui souhaiterait sérieusement que ses deux voisins de rue affichent sur leur terrain d'en avant, des champs de maïs plus ou moins jaunis, selon la saison.

    Une fois le patager terminé, on pourraît peut-être y faire séjourner quelques chèvres. Qui serait contre les bons traitements pour ces gentils animaux.

    Et si la valeur de votre maison dégringole, à cause des odeurs venus de chez vos voisins, vous pouvez toujours songer à élever des chiots sur votre parterre, pour augmenter vos revenus.

    • France Marcotte - Abonnée 25 juillet 2012 07 h 21

      Décidément monsieur Paquet, vous êtes contre tout ce qui bouge.
      Je commence à me demander si vous n'affichez pas simplement un esprit de contradiction pour vous rendre intéressant.

    • André Chevalier - Abonné 25 juillet 2012 07 h 48

      Commentaire insignifiant.

      Que dire de plus?

    • Danielle Beaudet - Inscrite 25 juillet 2012 09 h 36

      Comme toujours il faut suivre la logique implacable de M. Paquet qui met dans une même perspective un potager bien organisé et l'élévage d'animaux. Il aurait pu ajouter la création d'un zoo dans sa cour : «on pourraît peut-être y faire séjourner quelques chèvres», écrit-il. Qui sait M. Paquet peut-être des giragles ou des panthères roses aussi.

      Fédéralime, néo-libéralisme, conservatisme et GAZON, même combat acharné pour cet ontarien-qui-sait-tout-ce-qui-est-bon-pour-le-Québec.

  • France Marcotte - Abonnée 25 juillet 2012 07 h 45

    Monsieur le Potiron, vous êtes accusé!

    C'est le gazon qui est douteux.

    Cette tradition du propre propre et bien égal nous vient paraît il du Royaume-Uni où le climat s'y prête. Humidité, pluie, bruine, le gazon adore ça.
    Ici au Québec le gazon en arrache, il en a toujours arraché, il faut continuellement le soutenir pour qu'il survive, qu'il reste vert égal, qu'il revienne au printemps.

    Ce serait intéressant de connaître tous les dessous de cette lubie, son symbolisme stupide et entêté (un dossier spécial, ce serait une bonne idée?)
    Un golf obligatoire devant chez soi, même quand on ne joue pas au golf?
    C'est ça qui est irrationnel mais l'irrationnel, lui, foisonne très bien sous ses habits de respectabilité trompeuse.
    La loi et l'ordre jusque devant chez soi, c'est un ordre!

    Sans faire ni une ni deux, j'ai moi-même arraché tout ce "nick" à vers blancs devant chez moi il y a des années. Je trouvais ça stupide.
    C'est maintenant un jardin luxuriant et les voisins l'ont imité, le bon exemple se répand, quoique moins vite que les mauvaises herbes...

    Ces Drummondvillois me donnent envie d'y introduire des espèces potagères.

    • André Chevalier - Abonné 25 juillet 2012 08 h 28

      «Ces Drummondvillois me donnent envie d'y introduire des espèces potagères.»

      N'ont-ils pas déjà assez de légumes comme ça?

    • Catherine Paquet - Abonnée 25 juillet 2012 10 h 06

      Ce sont plutôt les parcs et les jardins français qui sont coupés aux petits ciseaux. Les rocailles à l'anglaise sont plutôt asymétriques.

    • France Marcotte - Abonnée 25 juillet 2012 11 h 55

      Qui vous parle de rocailles (ou de racailles) M.Paquet?

      Moi je parle de jardins à la québécoise, de l'inédit comme le sera ce futur pays atypique!

  • François Dugal - Inscrit 25 juillet 2012 08 h 08

    Propriété privée

    Comment une ville peut-elle légifirer au sujet de quelque chose qui appartient à un citoyen? Le couple de maraîchers en herbe ( ... ) ne fait pas de bruit (allô les tondeuses du samedi), pas de pollution et aide à réduire l'empreinte de carbonne.
    Drummondville se couvre de ridicule (et de pelouses chimiquement vertes).

  • Philippe Bonneau - Inscrit 25 juillet 2012 08 h 24

    D'accord mais

    Ce que nous avons vu à la télé c'est un aménagement agréable et devrait être accepté mais avec des règles car autrement les villes jadis fleuries ne se reconnaîtraient plus.
    Espérons que Drummondville trouvera une solution qui maintiendra la qualité de vie de ses citoyens.