Conflit étudiant - «C’est le malheur!»

Les irréductibles qui croient encore que seule une « ligne dure » cassera ce conflit sans fin n’auront qu’à revisionner en boucle les scènes de chaos vécues hier à Lionel-Groulx, et lundi à Rosemont, pour se convaincre que cette voie ne peut qu’empirer les tensions. Dans les temples sacrés que sont les écoles, les policiers sont incongrus.

Des scènes de désolation. De véritables scènes de désolation. Après la violence inouïe de Victoriaville, après les fins de manifestation nocturnes tournant en affrontements, après des opérations policières devenues nécessaires pour cause de sécurité publique, voilà que les maisons d’enseignement sont le théâtre de foires d’empoigne, en raison d’injonctions impossibles à faire respecter. Le cégep Lionel-Groulx a vécu un affrontement troublant. Rosemont la veille avait connu tumulte semblable.


Pour ceux qui veulent terminer leur session mise en péril, la voie des tribunaux a paru l’unique manière d’atteindre un retour en classe autrement impossible. Dans cette crise déroutante, même ces sanctions venues du tribunal, tombées par dizaines, ont souvent été bafouées. Et le « mordant » ajouté par le tribunal pour commander aux directions de collège de recourir aux forces policières n’a pas eu raison de ceux qui s’opposent à cette voie d’évitement qu’est le juridique, en lieu et place du politique. Cela est troublant.


À l’Assemblée nationale, une motion a été votée hier à l’unanimité pour que dans notre État où le droit prime, on respecte ces appels venus du pouvoir législatif. La tourmente est devenue telle que ces raisonnements logiques et balisés n’ébranlent plus la portion jusqu’au-boutiste du mouvement étudiant qui semble prête… à tout.


« C’est le malheur ! », dénonçait hier matin la directrice ébranlée du collège Lionel-Groulx devant les affrontements terribles qui venaient de se jouer sous ses yeux. Ils mêlaient policiers, parents, professeurs, verts, rouges et blancs dans une fumée de gaz lacrymogènes. «Le gouvernement nous a largués ! », ajoutait-elle, cassante mais pleine de vérité. Une première injonction a mené à la fermeture du collège aujourd’hui et demain. Mais pour vendredi, un nouvel ordre de la cour force le retour en classe de quelque 300 élèves. « Odieux », conclut la directrice, qui porte, en lieu et place du gouvernement, le fardeau de ce non-règlement par voie négociée.


Déterminée à ne plus laisser ce scénario se jouer dans sa cour, qu’a choisi la directrice? Le dialogue. Comme d’autres collèges avant celui-là, elle essaie l’entente négociée entre l’association étudiante, les profs et les demandeurs, pour permettre un retour sans violence. Et préserver le climat !


À cette heure grave de la crise, c’est le seul sentier possible. Espérons que du côté gouvernemental comme dans le camp des étudiants, qui hier ont échangé, il s’agit aussi de l’unique planche de salut.


À la lumière de ce qu’on a vu ces derniers jours autour de ces cégeps, la coercition ne peut vraisemblablement faire partie de la solution finale. Nos écoles ne peuvent pas être assiégées.

48 commentaires
  • Yves Claudé - Inscrit 16 mai 2012 01 h 46

    En cas de pluie, l’injonction sera reportée !

    Selon La Presse canadienne: «Jeanne Reynolds [représentante de la CLASSE], a affirmé que Madame Courchesne avait reconnu que les injonctions pour la reprise des cours n’étaient pas la «solution pour régler» le conflit.»

    En voilà une bonne nouvelle !

    Cela donne envie d’imaginer, en toute modestie, ce que Jacques Prévert, grand amoureux de l’école (buissonnière…) aurait pu écrire:

    Pour assurer la sécurité de tous et toutes:
    En cas de pluie, l’injonction sera reportée !
    Il en sera de même si le Camarade Soleil se met à briller !

    Libre à vous de poursuivre l’invention de ce petit poème…

    En espérant que le réveil de ce doux rêve ne soit pas un autre cauchemar !

    Yves Claudé - futur “injoncté”

    • Solange Bolduc - Abonnée 16 mai 2012 10 h 16

      "Pour assurer la sécurité de tous et toutes:
      En cas de pluie, l’injonction sera reportée !
      Il en sera de même si le Camarade Soleil se met à briller !"

      Et si le gouvernement sort sa matraque légale !

    • Yves Claudé - Inscrit 16 mai 2012 11 h 43

      À Madame Solange Bolduc,

      Le réveil ... c'est bien le cauchemar ... la loi matraque est déjà rédigée.

      YC

  • Robert Delamare - Inscrit 16 mai 2012 03 h 20

    Contradiction

    Vous écrivez "ces raisonnements logiques et balisés n’ébranlent plus la portion jusqu’au-boutiste du mouvement étudiant qui semble prête… à tout." à propos de leur refus de respecter les injonctions et la matraque des policiers. Mais du même souffle, vous nous expliquez que les irréductibles sont ceux qui réclament et appliquent la ligne répressive pour la reprise des cours.

    La juste moyenne journalistique entre deux pôles décrétés extrêmes et symétriques est mauvaise conseillère et empêche d'analyser indépendamment chaque position. Vraiment, ce qui se passe est dû à des jusqu'au-boutistes étudiants face à leurs homologues répressifs ? Il n'y a personne entre les deux ? Ni police, ni parents, ni professeurs, ni citoyens ? Et les +160 000 étudiants grévistes ? Et les rapports de forces matériels, médiatiques, policiers ? et la puissance du trust PKP-Desmarais ? la puissance (déclinante) du gouvernement.

    À quand une modification à la charte qui intègre enfin la démocratie étudiante et protège les universités de la matraque, comme dans bien d'autres pays ?

    • Marc Perron - Inscrit 16 mai 2012 13 h 17

      Après la démocratie étudiante, la démocratie des payeurs de taxes. Mais j'oublie, les payeurs de taxes ont déjà un représentant: le gouvernement.

    • Luc Archambault - Abonné 16 mai 2012 18 h 01

      OUI, à quand une loi qui reconnaît et codifie le droit de grève étudiant. À défaut, c'est un retour dans le passé duplessiste d'avant la codification du droit de grève des travailleur,euses.

      Comme l'argumente fort bien Christian Brunelle – Professeur titulaire à la faculté de droit de l’Université Laval dans son texte publié dans Le Devoir du 30 avril 2012 – Injonctions et grève étudiante – La primauté du droit en péril? – http://www.ledevoir.com/societe/education/348806/i

    • Kate Malone - Inscrit 16 mai 2012 19 h 19

      @Marc Perron On parles toujours des "payeurs de taxe" comme s'il s'agissait d'un groupe social distinct des étudiants... on en paye nous aussi des taxes!! Sur tous les biens et services dont nous avons peine à se greyer, Mr.! On a beau avoir droit à un certain crédit d'impôts, comme vous si vous mettiez 2600$ dans vos RÉERs par exemple, en bout de ligne on paie notre dû comme tout le monde! Avant d'être étudiante, j'étais travailleuse à temps plein, messieur, et j'en ai payé des impots, des taxes, etc. La plupart des étudiants sont également des travailleurs, messieur. J'aimerais bien moi aussi pouvoir dire que le gouvernement me représente, mais il est trop occupé à m'ignorer ou à insulter mon intelligence. Je suis une "radicale", une "minorité", une "suiveuse" qui ne fait que répéter un discours gau-gauche depuis 15 semaines, pire, je "prends la population en otage" avec mes revendications stupides comme l'accès universel à l'éducation! Je suis stupide de ne pas prendre le "plaster" que le gouvernement veut mettre sur mon bobo.

      Vous voulez vraiment me faire croire que Charest représente les payeurs de taxe? Le petit payeur de taxe, au même titre que l'étudiant, n'est qu'un joueur mineur dans la société néolibérale, et n'as d'importance que dans une perspective électorale. Si vous désirez vous faire assimiler, tant mieux pour vous, votre gouvernement est à votre image. Mais ce n'est pas mon cas.

      Un tel discours condescendant, qui place les étudiants comme des "sous-citoyens", qui ne méritent pas les même droits démocratiques que le reste de la population, c'est exactement le discours qu'utilisait Duplessis dans les années '50, avant la Révolution Tranquille. (Allez voir le vidéo L'histoire des trois de Jean-Claude Labrecque sur le site de l'ONF (gratuit, même pas de taxes!), qui raconte l'histoire des trois étudiants qui ont mené un combat similaire en 1958, à l'aube de la Révolution Tranquille.)

  • Michel Lebel - Abonné 16 mai 2012 06 h 01

    La solution: le respect des lois

    Des coeurs tendres voudraient que le gouvernement baisse les bras devant le non-respect des lois. Que la rue gouverne! Mais une démocratie ne peut fonctionner ainsi! La solution, plutôt la fuite en avant, c'est le moratoire. Non! Cette non-solution est inacceptable pour un gouvernement. La solution, c'est tout simplement le respect des lois. Et ne la cherchez pas ailleurs! Et prendre les moyens légaux pour que la loi soit respectée. Sinon, c'est l'anarchie.


    Michel Lebel

    • Viviane Genest - Inscrite 16 mai 2012 07 h 38

      Le vote majoritaire des etudiants qui sont pour la greve est bafoue par ces injonctions. Que reste-t-il comme moyen de pression si la greve est balayee du revers de la main par les tribunaux? Sans compter tous ceux qui appuient les grevistes dans les etablissements qui ont termines leur session. L'anarchie c'est de traiter les etudiants comme le fait le gouvernement depuis le debut du conflit.

    • Gabriel Séguin - Abonné 16 mai 2012 08 h 04

      Et ces lois, ce sont les injonctions, ou les Droits de l'Homme, la Charte des Droits et Libertés du Canada, le code déontologique policier?

    • Michèle Poupore - Inscrite 16 mai 2012 08 h 27

      Pour qu'une démocratie fonctionne, certains principes doivent être reconnus, partagés et lorsque modifiés, les responsables devraient suivre un processus juste. Or, l'Éducation et la Santé font parties de ce que l'on considère en tant que bien commun d'une société. Le gouvernement Charest a porté atteinte aux principes d'universalité et d'accessibilité dans ces deux domaines sans suivre le processus habituel permettant d'identifier les grandes orientations acceptables pour le Québec.

      En démocratie comme en droit, le non-respect du processus conduit à une remise en question de la décision. L'Éducation ne peut qu'être le relflect des idéaux d'un parti puisque cela conduit à une remise en question des choix et à l'instabilité.

    • Jean-Claude Archetto - Inscrit 16 mai 2012 08 h 48

      Il faudrait peut-être que ce même gouvernement commence par les respecter les lois, entre autres en ce qui a trait au financement des partis politiques et à l'attribution des contrats gouvernementaux, tout en évitant que ses ministres ne déjeunent avec des membres de la mafia lors d'activités de financement....

      Quand on nomme les juges selon le post-it "Libéral" apposé ou non au cv des candidats , c'est tout le système politique et législatif qui a perdu sa crédibilité.

      Un moratoire et le déclenchement d'élections sont effectivement les seules solutions pour régler ce conflit, le gouvernement n'a plus la légitimité requise pour le faire.

    • Jacques Gauvin - Inscrit 16 mai 2012 09 h 38

      Combien d'étudiants seront privés d'accès à l'université avec les dernières mesures proposées par le gouvernement et acceptées par les dirigeants étudiants lors des négociations du 5 mai?
      Par ailleurs combien de personnes malades, handicapées, jeunes et vieux, seront d'avantage privés de médicaments, de soins, de suivis adéquats parce que les ressources de l'état feront davantage défaut?

    • Michel Lebel - Abonné 16 mai 2012 09 h 55

      Ce conflit a trop duré. Une petit groupe d'auboutistes en a pris le contrôle. C'et classique dans le monde étudiant. Le gouvernement a sous-estimé la forcce de cette minorité agissante, de professionnels de la contestation. Le gouvernement et les autorités policières ont été trop laxistes. Les médias étaient aussi en général biaisés en faveur des étudiants ainsi que beaucoup de syndicalistes et de personnes qui se prétendent des intellectuels. Enfin, aucune société libre et démocratique ne peut se permettre des manifestations dans sa principale ville tous les jours et pour la même cause! Sinon, nous sommes dans un mode d'insurrection comme en Égypte ou en Tunisie! Il ne faudrait pas délirer!

      Ceci étant dit, le seul choix pour un gouvernement démocratiquement élu, c'est la loi et son application. Il y en pas d'autre, sinon sa démission. Enfn ce sont les élections en démocratie qui jugent finalement un gouvernement. Quant à la démocratie, elle sera toujours imparfaite, mais la remplacer par quoi? Par la démocratie à la CLASSE? Je n'achète pas!

      Michel Lebel

    • Solange Bolduc - Abonnée 16 mai 2012 11 h 00

      Des coeurs insensibles comme vous voudraient voir s'instaurer au Québec la loi de la matraque? Vous préféreriez vous noyer dans les mensonges de Charest, et cela au profit du capital politique et mafieux !?

      Charest est le déclencheur de l'anarchie que vous semblez craindre, d'ailleurs! Contradictoire !?

      Ce n'est pas en s'indignant ou en refusant une augmentation des frais étudiants qu'on devient anarchiques, mais bien en se taisant ou en acceptant n'importe quoi parce qu'on a peur de s'affirmer ou de "la guerre"! C'est ce que le Gouvernement cherche à faire, appuyé par des gens comme vous!

      La peur des faibles rend fort avec les "cadenas" !

      L'autoritarisme-cadenas tel qu'exercé par Charest produit la véritable anarchie: la colère généralisée, excepté chez des gens comme vous qui êtes pour la loi du cadenas: "Fermez-vous les jeunes ! Contentez-vous d'étudier! " En majorité, les jeunes sont loin d'être des arnarchiques !

      Revendiquer des droits, être contre un gouvernement, même élu, émettre des idées neuves, non se contenter de rabâcher toujours les mêms idées anarchisantes, se situer en dehors des sentiers battus, tout cela éloigne de l'anarchie.

      Avoir le pouvoir de revendiquer, de manifester son mécontentement est un terrain fertile pour l'évolution de notre société et obtenir un climat social serein et dynamique!

      Le dialogue en étant le véritable ferment, ce que le gouvernement n'a jamais exercé , s'en tenant à sa position de départ qui consistait en une augmentation des frais de scolarité, d'abord sans argument possible de la part des étudiants , puis ensuite, en refusant ce que bien des personnalités qui ne sont pas dans le pattern d'une raison déraisonnante, un moratoire et états généraux sur l'éducation!

      Je vous laisse à votre gouvernement si démocratique !

    • Michel Richard - Inscrit 16 mai 2012 12 h 56

      @Viviane Genest
      Il y a des limites au pouvoir d'un groupe d'étudiants. En droit, légalement, les votes étudiants n'ont pas autorité. C'est pourquoi les injonctions sont accordées. Ce que la Cour dit, en accordant une injonction, c'est que le droit individuel d'avoir accès aux études prime.
      Vous pouvez ne pas être d'accord, mais c'est la loi quand même.
      @Gabriel Séguin
      Si les Chartes, les Droits de l'Homme (comme vous dites) étaient du côté des grèvistes, y'aurait pas d'injonction.
      @Jacques Gauvin
      La situation des malades et des handicapés n'a rien à voir avec la situation actuelle.

      Quand on a perdu une bataille politique, il faut avoir la sagesse de se rallier. On peut toujours voter contre le gouvernement aux prochaines élections.
      Si dans ce cas-ci le gouvernement impose une solution finale, il faut se rallier. On a pas le choix, qu'on soit d'accord ou pas, il faut se conformer aux lois.

    • Marc Perron - Inscrit 16 mai 2012 13 h 21

      @Michèle, l'universalité de l'éducation n'est pas un principe fondamental. Il doit y avoir un concensus pour qu'un principe fondamentale existe. Le seul principe sur lequel la communauté internationale s'entend est l'accessibiilté totale et gratuire à l'école primaire et secondaire. Désolé...

  • Marc Bourdeau - Abonné 16 mai 2012 06 h 17

    Angoisse

    De Louis.Marc.Bourdeau@Gmail.com

    Plus que de l'appréhension c'est de l'angoisse qui me taraude en ce qui concerne la suite des choses.

    Avec ce gouvernement qui n'a jamais voulu parler aux ni avec les étudiants mais avec la population qu'il essaie de dresser contre les étudiants, ce qui n'est pas difficile, à des fins électoralistes c'est clair, qui passe son temps donc à souiller la démocratie par des mensonges honteux et autres entourloupettes, là comme ailleurs, on ne peut que s'attendre au pire.

    Si en plus, malhabiles comme ils sont, aveuglés par leur idéologie, ils tentaient de forcer le retour au 'travail' par une loi spéciale, ça pourrait même devenir chaotique!

    Mais la plus grande conséquence serait au plan du cynisme de la jeunesse.

    L'art de corrompre la vie collective, de gâcher la vie des jeunes en particulier qui sont à la veille de se dresser aussi les uns contre les autres grâce à cet état de droit (?) qu'on invoque de plus en plus. Quel honte!

  • Jean LePreux - Inscrit 16 mai 2012 06 h 33

    Les irréductibles ce sont les étudiants

    Je trouve que les vrais personnes à blamer sont les parents, les professeurs et les journalistes qui encourage les étudiants dans leur jusqu'aux boutismes. Quand la matraque tombe, que ces gens fassent un examen de conscience. Ces jeunes ne comprennent pas qu'une semonce de l'anti émeute n'est pas une semonce sans dent d'un professeur. Ces jeunes ne comprennent pas non plus que le "non" de l'anti émeute veux réellement dire non contrairement ou "non" de papa qui ne veux rien dire.

    Démocratie pour ces jeunes veux dire "ce que je veux".

    A priori je ne suis pas contre la gratuité scolaire mais pas de cette façon, donner à la suite d'une crise de bassinette...

    • Paul-W Parent - Inscrit 16 mai 2012 07 h 04

      bravo

    • François Dugal - Inscrit 16 mai 2012 07 h 57

      Une directrice de Cégep dit que les injonctions mènent à une impasse; doit-on la taxer de contre-révolutionnaire anarchiste?

    • Robert Henri - Inscrit 16 mai 2012 08 h 26

      Les étudiants dénoncent et manifestent leur indignation au sujet des hausses des frais de scolarité dans les institutions d'enseignement supérieure. Le gouvernement se braque.
      Cette hausse de frais, c'est appliquer la politique de l'utilisateur-payeur. En éducation, puis en santé. Au fédéral, certains parlent de faire payer les prisonniers le tiers de leurs maigres revenus. Toutes ces tarifications constituent la première étape vers la privatisation. Comme aux États-Unis bientôt, on construira des prisons privées. La santé sera privée. L'éducation sera totalement privée. L’état percevra moins d'impôts et aura moins de fonctionnaires. Le néolibéralisme le plus pur... Et ce sont les étudiants qui seraient des extrémistes ? N'importe-quoi. (Les manifestations seraient noyautées par des groupes extrémistes. Encore la vieille tactique du mensonge et des insinuations malveillantes destinées à diaboliser la partie adverse. Ne ne règlerons rien tant et aussi longtemps que le mensonge et la mauvaise foi gouvernementale auront cours).

    • Gabriel Séguin - Abonné 16 mai 2012 08 h 28

      Et donc, nous devons faire ce que le policier nous dit de faire, simplement parce que le policier nous dit de le faire. Qu'importe si le policier lui-même abuse outrageusement de toute forme de loi! Qu'importe s'il vient de matraquer des personnes qui n'avaient nullement rapport avec les bris matériels commis! Qu'importe s'il vient de poivrer des gens qui étaient totalement pacifiques!

      Manifester n'est pas un privilège conféré par l'État, c'est un droit. Un droit que vous souhaitez voir disparaître parce qu'il dérange votre quiétude.

      Et VOUS...VOUS là, vous nous dites qu'on ne comprend pas ce qu'est une semonce de l'anti-émeute? VOUS??? Qui êtes-vous pour dire aux jeunes qui affrontent l'anti-émeute à tous les jours ce qu'est qu'une semonce de l'anti-émeute? Vous avez assisté à plusieurs manifestations? Vous avez vu, de vos propres yeux, l'anti-émeute poivrer, matraquer, charger une foule pacifique?

      C'est drôle, normalement un enfant gâté ne ferait pas face à l'anti-émeute jour après jour pour obtenir quelque chose dont il ne bénéficiera pas directement. Car vous savez, bien sûr, que de tous ces étudiants universitaires, seule une infime partie sera toujours aux études lorsque la hausse des frais sera complétée, dans sept ans. Ne vous-êtes vous jamais demandé qu'est-ce qui les pousse à continuer à affronter la répression policière malgré tout? Vous pensez encore que les étudiants se battent pour maintenir un simple luxe?

      Les enfants gâtés, ce ne sont pas ceux qui affrontent l'anti-émeute jour après jour pour défendre une cause réfléchie en laquelle ils croient dur comme fer. Les enfants gâtés, ce sont ceux qui répètent des paroles creuses et irréfléchies pour cacher leur propre paresse intellectuelle.

    • Kate Malone - Inscrit 16 mai 2012 20 h 01

      Les étudiants, ce n'est plus un groupe monolytique de fils à papa et d'enfants gâtés: ce sont des travailleurs, des "payeurs de taxes", des mères monoparentales qui veulent un meilleur avenir pour leurs enfants. Vous pouvez bien nous traiter de nom, nous réduire à une masse indistincte de jeunes sauvages qui ne font pas la distinction entre le bien et le mal, mais en vérité nous sommes des citoyens qui font face à un gouvernement qui nous ignore complètement, se justifiant par des élans inspirés de démagogie, et se cachant derrière la masse ignarde qui regarde TVA et qui se dit "Regarde ca Roger! Les maudits jeunes, qu'y sont donc violents..." Comme Bush l'as fait aux USA après le 11 septembre, on veut jouer la carte de la "peur". Ayez peur qu'on vous matraque, les jeunes!!! (Pôpa arrive avec la strap, mon p'tit criss!)

      Il y a de ca 2 mois, j'assistais au parc Émilie-Gamelin à l'intimidation d'une centaine d'étudiants par le SPVM. J'ai vu le tout se déployer, boucliers, chevaux, "backup" en camions de location, alors que j'étais à la biblio de l'UQAM, en train de lire calmement près de la fenêtre. Je suis sortie dehors, je m'attendais à voir l'émeute, des chars revirés, des poubelles en feu, des petites filles qui pleurent.. qu'est-ce qui pourrais justifier tant de policiers, même ceux à cheval?! J'avais jamais vu ca avant.

      C'était quoi? Une centaine (même pas) d'étudiants dans un parc... Après ca on vient m'accuser MOI de prendre la population en otage? On vient me dire à MOI que je fais de l'intimidation et que je dois condamner la violence, alors que mes camarades se font matraquer sans relâche depuis 2 mois parce qu'ils défendent leurs principes? J'suis pas plus radicale qu'une autre, mais trop c'est trop. À quand une motion de non-confiance à l'endroit du gouvernement Charest? Je suis derrière M. Séguin ci-haut, "Les enfants gâtés, ce sont ceux qui répètent des paroles creuses et irréfléchies pour cacher leur pr