Nouveau Parti démocratique - Mulcair chef

La course à la direction du NPD, trop longue et trop encadrée, n'a guère retenu l'attention du public. Dommage, car celui ou celle qui deviendra chef pourrait être le prochain premier ministre du Canada. Alors que s'amorce ces jours-ci le vote au suffrage universel des membres du parti, il y a lieu de se demander qui peut le mieux remplir cette fonction.

Le premier à s'élancer dans cette course fut Brian Topp. L'appui reçu d'emblée de presque tout l'establishment du parti, et cette idée qu'il aurait été adoubé par Jack Layton avant de mourir, put laisser croire qu'il serait vite couronné. Né à Longueuil, parlant français encore mieux que son mentor, ce stratège et organisateur chevronné semblait correspondre au profil idéal. C'était toutefois sans compter sur Thomas Mulcair, ce nouveau venu au parti qui, en quelques mois, a réussi à prendre la tête.

Des sept candidats toujours en lice, Topp et Mulcair sont les deux seuls choix à retenir. Parmi les autres, la Torontoise Peggy Nash est ce qu'on peut qualifier de bonne tête, mais sans le charisme nécessaire à cette fonction. Paul Dewar est de la même trempe, mais contrairement à celle-ci, il maîtrise mal le français, qu'il n'a jamais pris la peine d'apprendre bien qu'il soit né et ait fait toute sa carrière à Ottawa, à quelques lieues de la frontière québécoise qu'il n'a jamais franchie culturellement.

L'intérêt des candidatures de Topp et Mulcair est d'offrir des visions nettement contrastées. Le premier incarne la fidélité aux racines du parti, à ses origines socialistes, à son vocabulaire. Parti de centre-gauche, le NPD doit le rester. Avec lui, il ne se déplacera vers le centre que tout doucement. Le second comprend que la victoire se trouve au centre et que pour attirer les électeurs qui s'y trouvent, il faut moderniser l'image du parti, ses politiques et son vocabulaire. Mettre au rancart par exemple cette expression à connotation quelque peu péjorative des «gens ordinaires».

Par leur maîtrise du français et de l'anglais, ces deux candidats seraient à même de faire le pont entre les deux communautés linguistiques du pays. Difficile toutefois de mesurer après six mois de campagne si Brian Topp a ce charisme et cette flamme indispensables pour entraîner le NPD vers le pouvoir. Contraste ici aussi avec Thomas Mulcair, qui jouit d'une grande expérience parlementaire. Il a de plus ce qu'aucun autre candidat dans cette course n'a, soit cet instinct du tueur qui en fait un rude batailleur craint de ses adversaires. Plusieurs ex-ministres péquistes peuvent en témoigner.

Voter pour Brian Topp sera certainement le choix naturel du militant néodémocrate qui croit que les valeurs et les politiques traditionnelles de leur parti suffiront à convaincre les Canadiens de leur confier le pouvoir. Pour celui qui estime qu'il faille élargir la base du parti et consolider les gains faits au Québec à l'élection du 2 mai 2011, Thomas Mulcair sera leur choix. C'est ce que pensent en ce moment un nombre significatif de militants qui auront compris par ailleurs que l'enjeu ici n'est pas tant de rêver au pouvoir, mais de mener une lutte de tous les instants contre le gouvernement conservateur de Stephen Harper et de se préparer à le remplacer.

Thomas Mulcair représente une certaine rupture avec le passé. Il devra manoeuvrer délicatement les passages vers un NPD modernisé, n'ayant pas la qualité de leader historique que donnait à Jack Layton son long passé militant. Mais la nécessité d'un changement est là. Le député d'Outremont est le meilleur pari que peuvent prendre les néodémocrates.
14 commentaires
  • Christian Feuillette - Inscrit 7 mars 2012 06 h 27

    Mulcair, malgré tout

    Parmi les candidats à la chefferie du NPD, il est évident, par leurs attaques ciblées, que celui que les Conservateurs redoutent le plus est Thomas Mulcair. Même si je n'ai pas beaucoup d'affinités à son égard (je l'ai déjà rencontré, et l'ai trouvé cassant et hautain) et qu'il risque de faire mal au PLC qui demeure mon parti favori, il représente le meilleur choix, pas seulement pour son parti, mais pour le Canada tout entier. Il faut quelquefois laisser de côté ses préférences personnelles pour le bien supérieur du pays.
    Si, comme je le pense, il a l'intelligence et la volonté de forger une alliance électorale stratégique avec les libéraux (une formule simple: dans tous les comtés "Conservateurs" un seul candidat des deux partis), M. Mulcair sera alors en mesure de vaincre aux prochaines élections ce gouvernement de plus en plus honni par une bonne partie de nos concitoyens.

  • Catherine Paquet - Abonnée 7 mars 2012 07 h 03

    D'accord. Il faut au NPD un Thomas Mulcair. Et les Canadiens seraient heureux de l'avoir comme premier ministre.

    Thomas Mulcair possède les deux qualités, bilinguisme et expérience parlementaire, que beaucoup d'électeurs néodémocrates du Canada hos-Québec privilégient chez leur futur chef. Mais oui, n'en déplaise aux indépendantistes, plusieurs canadiens, anglophones et allophones, souhaitent que leur futur leader soit bilingue. comprenne bien le Québec, idéalement qu'il soit Québécois.

  • Marc O. Rainville - Abonné 7 mars 2012 11 h 50

    Perles éditoriales

    il maîtrise MAL le français...
    Pour celui qui estime qu'il FAILLE élargir la base...
    Pour celui qui estime (...) Thomas Mulcair sera LEUR choix.
    la Torontoise Peggy Nash est CE qu'on peut qualifier de bonne tête (objectivation de la candidate, la veille du 8 mars, il faut le faire !)
    Et s.v.p. mettre l'@ dans votre adresse électronique !

  • Artagan - Inscrit 7 mars 2012 13 h 03

    Muclair- Futur chef du NPD

    Si lors de la prochaine élection le NPD veut aspirer au pouvoir; le parti doit élire Thomas Muclair comme son prochain chef. Le parti politique qui veut accéder au pouvoir devra, lors des prochaines élections , se situer plus près du centre sur l'échiqier politique . Thomas Mulcair est le seul candidat qui pourrait réussir a donner à son parti une orientation moins dogmatique et socialiste, de sorte à mieux refléter les valeurs de la majorité de la population canadienne .

  • Geoffroi - Inscrit 7 mars 2012 13 h 07

    Le passé et la personnalité de M. Mulcair

    Votre choix s'est fait à partir d'une analyse incomplète. Quelques phrases sur le passé et la personnalité équivoque de M. Mulcair auraient été esentielles pour informer davantage vos lecteurs.