Plan d'aménagement - L'écoute des citoyens

La consultation publique a du bon quand l'exercice est mené avec un véritable souci d'écoute. C'est la première conclusion qu'il faut tirer du bilan dressé par la commission de l'aménagement de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) à la suite des audiences consacrées au Plan métropolitain d'aménagement et de développement (le PMAD), qui touchera 82 municipalités pour les vingt prochaines années.

Ces audiences ont mis en évidence la fracture profonde qui existe entre les partisans d'un développement d'abord immobilier des villes et les tenants d'un aménagement urbain soucieux de protéger l'environnement. L'opposition des maires de la couronne nord, appuyés par les milieux d'affaires, était si forte qu'on aurait pu craindre que le PMAD en sorte édulcoré.

Au contraire, les recommandations proposées par les membres de la commission d'aménagement renforcent le message que les sociétés du XXIe siècle ne peuvent plus se soustraire à un développement intelligent.

Il est vrai que le PMAD pourrait aller encore plus loin, hausser par exemple l'objectif que «40 % des ménages s'établissent dans des quartiers dont l'aménagement est axé sur le transport en commun». Mais il est déjà remarquable que la commission, où l'on trouve toutes les tendances (dont une mairesse de la couronne nord), ait choisi d'aller de l'avant en reconnaissant l'importance du transport en commun, du logement social, du refus du «tout économique» pour que l'écologique, le social, le culturel... aient aussi leur place. C'est là un heureux changement de paradigme dans notre façon collective de concevoir l'avenir.

Et c'est aux citoyens que l'on doit ce résultat. À l'heure où le désengagement inquiète et où l'on croit que les débats publics n'intéressent les foules que s'ils sont légers ou portés par des personnalités charismatiques, l'austère PMAD (140 pages bien tassées) a suscité 344 mémoires, et quelque 1400 personnes ont assisté aux audiences. Il ne s'agissait plus d'imaginer la ville, mais de la faire! Les gens sont donc venus dire que non, demain n'appartient pas qu'aux promoteurs, mais aussi à ceux qui veulent que l'on protège davantage les terres agricoles, les milieux humides, le patrimoine, les déplacements à pied, la vie de quartier...

«La société civile nous a indiqué qu'elle souhaitait un plan plus ambitieux», a dit la présidente de la commission de l'aménagement, Helen Fotopulos, pour justifier les bonifications proposées au PMAD — qui doit encore être adopté par la CMM avant le 31 décembre puis avalisé par le gouvernement du Québec (qui devra aussi en assurer la viabilité sur le plan financier).

Il ne faut pas rêver: dans la vraie vie, il y aura des négociations et des compromis dans la mise en oeuvre d'un tel plan. Le diable est toujours dans les détails. Mais il ne faut pas négliger la dernière suggestion de la commission: la création d'une agora élus/citoyens qui, tous les deux ans, se penchera sur l'état d'avancement du PMAD. Tant que la porte reste ouverte à la société civile, il faut applaudir.

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