Pauline Marois - Rien de réglé

Pauline Marois a survécu cette semaine à un autre épisode de la crise qui secoue le Parti québécois depuis le mois de juin. Sa détermination à en demeurer la chef n'a pas flanché malgré les appels de plus en plus ouverts à sa démission. Pour autant, rien n'est réglé, loin s'en faut.

Cette crise est facile à diagnostiquer, n'étant rien d'autre que le remake d'un film de 1987 dont la vedette était Pierre Marc Johnson, qui venait de succéder à René Lévesque. Il avait adopté une politique d'«affirmation nationale» en attendant que la conjoncture redevienne propice à la souveraineté, politique qui fut perçue comme une remise en cause de l'option souverainiste.

Il y eut révolte des députés, démission de M. Johnson et arrivée d'un sauveur en la personne de Jacques Parizeau.

Pour les mêmes raisons que Pierre Marc Johnson, madame Marois a fait adopter ce printemps par ses militants une politique de «gouvernance souverainiste». La même cause produisant les mêmes effets, elle fait face depuis à une fronde. Heureusement pour elle, les contestataires ont quitté le caucus des députés pour mener leur combat à l'extérieur des rangs du parti. Cela étant, elle a pu mieux résister que M. Johnson; néanmoins, le ver est dans la pomme.

L'épisode de cette semaine est le plus sérieux à survenir depuis la démission des Beaudoin, Lapointe, Curzi et Aussant. Les réunions du caucus furent longues et difficiles. La chef péquiste aura dû convaincre un par un ses députés de lui faire confiance. Et de faire confiance au temps, car elle est convaincue de pouvoir démontrer à la face de tout le Québec qu'elle est la seule solution de rechange à Jean Charest.

Le temps, elle n'en a toutefois pas beaucoup, car la mesure de sa capacité à gagner les prochaines élections est prise à chaque sondage. Or des sondages, il y en a presque chaque semaine, qui démontrent que son ex-collègue François Legault écrasera le Parti québécois avec sa Coalition pour l'avenir du Québec. Ou, pire pour elle, que Gilles Duceppe à la tête du Parti québécois battrait, comme le montrait en septembre un sondage CROP-La Presse, sans coup férir Jean Charest et, pourquoi pas, François Legault. Si les trois ou quatre prochains coups de sonde ne montrent aucune amélioration de la position de la chef péquiste, l'inquiétude regagnera les rangs du caucus car, pour les députés qui restent, l'enjeu premier est leur réélection. À raison, une majorité est convaincue que, dans l'état actuel des choses, une défaite humiliante les attend tous.

Rien n'est donc réglé pour Pauline Marois, qui est prisonnière de sa stratégie qui consiste à asseoir son autorité sur un parti qui en a de moins en moins auprès de ses militants et des électeurs. Même certains de ses députés cherchent ouvertement de nouvelles voies, comme Stéphane Bergeron qui met en avant l'idée d'une coalition souverainiste et progressiste pour affronter François Legault et Jean Charest. L'idée plaît à certains, dont Québec solidaire. Elle sourit même, peut-on croire, à Jacques Parizeau, qui était du lancement cette semaine du livre de la cochef de Québec solidaire, Françoise David.

Cette idée déplaît toutefois à la chef péquiste. Ce serait une erreur de sa part de, tout au moins, ne pas l'explorer. L'impasse dans laquelle elle se trouve sur le plan électoral exige de trouver des alliés. Ce serait à la fois faire preuve de réalisme et d'audace que de prendre une telle initiative. Une façon de manifester ses qualités de rassembleuse dont elle dit qu'elles font sa force.

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17 commentaires
  • Henri Marineau - Inscrit 29 octobre 2011 03 h 58

    Le PQ...un parti moribond

    La machine à rumeurs de putsch à l’égard de Pauline Marois et de course à la chefferie du PQ est repartie. À mon sens, la chef du parti québécois y a contribué fortement en maintenant son plan de gouvernance souverainiste rétrograde et avilissant.

    Toutefois, force nous est d’admettre que le PQ souffre depuis longtemps d’une aigreur, d’une amertume irritable liée à ses déceptions et ses échecs et vit une rancœur viscérale qui a atteint ses racines profondes, particulièrement depuis l’échec du référendum de 1995.

    En plus d’être profondément aigri, le PQ n’a pas su adapter son discours à la nouvelle génération, il s’est laissé allé dans les méandres de la tergiversation et n’a pas su soigner ni entretenir son option fondamentale, à savoir la souveraineté du Québec. Le PQ s’est laissé contaminer par le pouvoir et, petit à petit, il s’est éloigné de sa base, de ses militants.

    De porte-étendard de l’élan nationaliste qu’il avait su insuffler sur le Québec à sa création, le PQ est devenu un repaire de carriéristes pour qui la souveraineté de la nation québécoise passe loin derrière leurs intérêts personnels...

  • Henri Marineau - Inscrit 29 octobre 2011 04 h 00

    Le PQ...un parti moribond (suite)

    ...Les militants et les sympathisants du PQ, tels des immigrants dans leur propre pays, se cherchent des repères pour se reconnecter avec leurs origines, avec leurs racines qui s’assèchent dans un sol aride, faute de sève souverainiste pour les abreuver.

    Face à cet état moribond, le PQ n’a guère d’autre choix que de procéder à une cure de rajeunissement…il doit absolument effectuer un retour aux sources en se ralliant aux forces indépendantistes émergentes au Québec et constituer un pôle d’attraction majeur qui saura mobiliser ceux et celles qui n’attendent que ce souffle de vie pour redonner à ce parti sa véritable raison d’être.

    Toutefois, et c’est là mon opinion personnelle partagée par plusieurs, je crois que, pour arriver à réussir cette mobilisation, le PQ devra se donner un nouveau chef, doué d’un charisme rassembleur, imbu de la mission de remettre l’option souverainiste sur ses rails et de la promouvoir en priorité, peu importe les voix discordantes étapistes et à saveur de conditions gagnantes qui pourraient s’élever dans le parti.

    À ces conditions, je me rallierai derrière ce parti…mais seulement à ces conditions!

  • Nunu - Inscrite 29 octobre 2011 08 h 44

    Une femme forte,

    Pauline est une femme forte et déterminée.Contrairement à charest elle n'est pas une girouette elle sait ou elle s'en va.Elle a été élue et elle doit faire son mandat,Moi je suis contre se ralier à Amir Khadir.C'est lui aussi qui a contribuer à défaire le bloc en incitant la population à voter pour le sourire de Jack.Pour moi il est brûlé.Soyez patient.A la prochaine élection Pauline aura la chance de proposer son plan et si il était bon pour les membres il sera bon pour la population.Je dirai aux énerver du P.Q d'arrêtez de paniquer,c'est vous tous qui brisez tous.Unissez vous pour réussir sinon c'est svous qui aurez détruit le parti.¨ca ira pas mieux avec un nouveau chef dans la population,il y aura que vous qui serez gonflez à bloc pour un temps.Moi le Problème je crois que Pauline n'est pas bien conseillée

  • Nimporte quoi - Inscrit 29 octobre 2011 09 h 20

    Pauline Chef du PQ

    J'ai trouvé saine la mutinerie de ce printemps. Le fossé entre les souverainistes de gauche et de droite ne cessait de se creuser. Ce schiste était inévitable. La seule erreur est de ne pas avoir pu le prévoir. J'ai personnellement eu beaucoup de retenue depuis Bouchard, mais le PQ a poussé trop fort.

    Je ne suis pas encore sûr que ce soit une erreur dans la mesure où c'était inévitable encore une fois, comme le dit Curzi d'ailleurs.

    Le geste populiste de Pauline ce printemps est une attitude de droite. Tout son discours est teinté de prospérité. C'est louable, c'est dans l'air du temps, mais ce n'est plus de gauche. Le PQ ne m’interpelle plus, au contraire, cet épisode m'a écœuré et a fait déborder le vase. Visiblement je n'ai pas été seul, de la bouche même de ses propres députéEs. Dire que Legault a précisément les mêmes ambitions. Le PQ lui était tout indiqué, mais trop difficile à gérer. Alors il veut seulement être le calife à la place du calife en fin de compte, comme si c'est plus facile à gérer que le PQ!

    Maintenant que c'est fait, il suffit de choisir son camp! Ayez le courage de démissionner à l'instar de Lapointe, Curzi et compagnie ou rangez-vous derrière Marois (ou Legault).

    Mais il y a en qui réfléchissent encore ou refuse de commenter. Au lieu de donner leur appui indéfectible à Mme Marois, ça tergiverse encore dans les médias. Pourquoi encore du grenouillage au sein du PQ? Marois est de loin la plus qualifier pour être le chef du PQ. Mais comment voulez-vous que la population se range derrière Marois si ses propres députéEs y réfléchissent encore?

    Ce n'est pas une crise de leadership, mais une crise d'identité. Marois n'est pas le problème malgré les affirmations des médias. Marois est le reflet de l'orientation du PQ depuis Bouchard. Celle que pour faire la souveraineté il faut aller chercher la business et la droite. La gauche quitte le bateau sans surprise c'est tout.

  • Jean Lapointe - Abonné 29 octobre 2011 09 h 53

    Il y en a trop qui attendent un sauveur.


    Monsieur Parizeau s'est présenté comme un sauveur pour remplacer Pierre-Marc Johnson.

    Et il a été tout près de réussir son coup.

    On dirait qu'il y a encore des gens qui espèrent encore qu'un sauveur se manifeste pour remplacer madame Marois.

    Mais est-ce bien d'un sauveur dont nous avons besoin ? Moi je ne pense pas.

    Pour y parvenir à la souveraineté, ou à l'indépendance nationale si l'on préfère, c'est d'abord dans sa tête qu'il faut l'être avant de la voir se réaliser dans la réalité.

    Trop de Québécois, à mon avis, raisonnent comme si on partait de rien pour devenir quelque chose.

    En réalité, on ne part pas de rien. On a déjà un État que nous pouvons gérer le plus possible à notre avantage et dans la perspective d'en faire un jour un Etat indépendant.

    Ce ne sera pas uniquement lorsque le Québec sera officiellement un pays reconnu par l'Orgaisation des Nations-Unis que nous seront indépendants. Nous tous Québécois nous pouvons l'être dès maintenant indépendants dans notre tête et agir en conséquence.

    L'indépendance officielle sera alors beaucoup plus un aboutissement qu' un but à atteindre coûte que coûte.

    J'ai beaucoup de respect pour ce que monsieur Parizeau a fait pour nous mais je ne peux que déplorer le fait qu'il est surtout un technocrate plutôt qu'un démocrate.

    Viser l'indépendance devrait être notre affaire à tous et elle devrait se faire tous les jours par chacun de nous. C'est quelque chose à construire, pas uniquement un but atteindre.

    Je trouve que les impatients font beaucoup plus de tort à la cause qu'ils ne la favorisent.

    Leur attitude est négative, elle n'est pas constructive.

    Ce n'est pas en déplorant toujours que les choses ne se sont pas faites correctement qu'on va avancer.