Crise de l'euro - Ça passe ou ça casse

Entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, rien ne va plus. Autant ce dernier veut renforcer l'arsenal des moyens indispensables à la survie de l'euro, autant la première s'y oppose. Autant Sarkozy décline ses propositions à l'aune de l'éthique de conviction, autant Merkel s'en tient aux propriétés inhérentes à l'éthique de responsabilité. Dans l'histoire moderne des relations franco-allemandes, le couple Sarko-Merkel s'avère le plus dépareillé qui soit. Donc porteur d'un énorme danger. Lequel? Ces derniers jours, des voix multiples et influentes ont assuré que, si ces deux-là ne gomment pas leurs dissemblances au cours des quatre prochains jours, alors on pourra composer l'avis de décès de la monnaie unique le jour suivant.

Signe des tensions aiguës qui existent entre ces deux dirigeants: l'incessant ballet de rencontres entre eux, leurs ministres, leurs conseillers, au cours de la semaine. Mercredi, alors qu'un gala organisé pour souligner le départ de Jean-Claude Trichet de la Banque centrale européenne (BCE) se tenait à Francfort, Sarkozy, qui n'avait pas été invité, s'est invité à la onzième heure pour mieux négocier une énième fois avec Merkel ainsi qu'avec Christine Lagarde, directrice du FMI, et Trichet. Le résultat? Merkel a refusé la photo de groupe et a pris une porte dérobée avant que les uns et les autres annoncent que la réunion des membres de la zone euro prévue pour demain sera remise à mercredi prochain.

Pour stopper la contagion de la crise, Paris suggère qu'on dote le Fonds européen de stabilité financière (FESF) de sommes plus imposantes qu'actuellement, de 450 milliards d'euros à plus de 2000 milliards en 2013. L'Élysée estime qu'ainsi l'Italie et l'Espagne seront protégées contre les assauts financiers et que les banques pourront se recapitaliser plus aisément. Merkel a écarté les suggestions de Sarkozy avec d'autant plus de fermeté qu'elle exige l'imposition d'un préalable: la restructuration de la dette grecque. Quoi d'autre? La chancelière, des ministres ainsi que des élus de l'opposition rappellent et martèlent que le plan dessiné à Paris, s'il était appliqué, constituerait un viol de certains traités européens.

À Washington, on a pris soin de faire savoir que le président Barack Obama s'était entretenu avec les deux Européens ainsi qu'avec le premier ministre britannique Dave Cameron afin de leur faire savoir qu'ils avaient le devoir de s'entendre à très court terme. Car si tel n'est pas le cas, alors un cataclysme financier s'ensuivra. À cet égard, on retiendra que, sur la scène des gros mots, les pesants, on s'entend, Sarkozy s'est également distingué: «Ceux qui détruiront l'euro prendront la responsabilité de la résurgence de conflits sur notre continent.»

Ce propos, il faut le souligner, fait écho à la montée en puissance des discours populistes, souverainistes, dans la foulée de la crise de l'euro. Plus précisément, la crise grecque a réveillé à vitesse grand V les égoïsmes nationaux. Bonjour l'ambiance!
2 commentaires
  • Bernard Terreault - Abonné 22 octobre 2011 17 h 12

    Facile à dire

    "Plus précisément, la crise grecque a réveillé à vitesse grand V les égoïsmes nationaux." Facile à dire. Est-ce que l'égoisme national ne commande pas les politiques des É.-U., du Canada, de la G-B., du Japon, de la Chine .... et des autres?

  • François Dugal - Inscrit 23 octobre 2011 13 h 25

    Le retour

    Ça sent le retour du DM et du FF.