Grand Montréal - Un plan ambitieux

Qui connaît la Communauté métropolitaine de Montréal? Presque personne. Créée en janvier 2001, en même temps que Québec procédait à la grande opération des fusions municipales, la CMM regroupe 82 municipalités. Elle a pour mandat de développer une vision commune du développement et de l'aménagement d'un territoire de plus de 4000 km carrés.

Ces dix dernières années, elle s'est fait peu remarquer, mais a néanmoins réalisé un travail important avec la rédaction de son premier Plan métropolitain d'aménagement et de développement soumis à partir d'aujourd'hui à un processus de consultation. Ce plan est relativement modeste dans la mesure où il se concentre sur trois questions: aménagement du territoire, transport et environnement, mais est par ailleurs très ambitieux, car il s'agit de créer cette vision métropolitaine qui est encore loin d'exister. Entre ces 82 municipalités, les rivalités, voire les chicanes de clocher demeurent la règle.

Pour comprendre l'importance d'orienter et d'encadrer le développement de la région métropolitaine, il suffit d'écouter le matin les bulletins de circulation. Les axes routiers et de transport en commun convergent tous vers le centre-ville de Montréal. Depuis 10 ans, le parc automobile a augmenté de 700 000 véhicules. En temps normal, c'est la congestion dix mois par année, sans compter les difficultés ajoutées par les travaux de restauration de nos principaux équipements. Ajoutons que d'ici 2031, la population de la région augmentera de plus d'un demi-million de personnes. Continuer à laisser chacune des municipalités faire son propre plan de développement accélérera l'étalement urbain et les problèmes qu'il engendre.

La particularité de ce plan est d'orienter le développement urbain autour de pôles de transport assortis de l'exigence d'une densité minimale de population. Tout ne sera plus permis, une mauvaise nouvelle pour des municipalités, notamment dans la couronne nord, qui sont en mode expansion à l'infini. Elles ont d'ailleurs mal accueilli ce plan.

Un indice du degré d'intérêt suscité par ce plan est le fait que près de 400 mémoires ont été déposés en prévision de la consultation. Au terme de celle-ci il y aura, on l'imagine bien, des arbitrages à faire. Ce sera pour la CMM un test quant à sa capacité à exercer son leadership et à concilier les intérêts de Montréal, ville centre, avec ceux des pôles que sont Laval et Longueuil, puis avec les petites municipalités qui toutes veulent avoir leur part du développement.

On entre ici dans un territoire nouveau. Planifier de façon concertée le développement du Grand Montréal ne s'est jamais réellement pratiqué, tout particulièrement parce que le principal intervenant en ce domaine, le gouvernement québécois, s'y est refusé. L'exemple venant d'en haut, on peut comprendre que chaque ville ait voulu faire de même. Si Québec veut que la CMM ait un véritable poids comme institution supramunicipale, il lui faudra donner un signal fort en appuyant le plan d'aménagement proposé.

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3 commentaires
  • France Marcotte - Inscrite 28 septembre 2011 07 h 39

    Contrer la corruption par la bande?

    Avec un plan, l'expansion des couronnes à l'infini devient entravée. Et à qui profite surtout l'expansion des couronnes sinon aux entrepreneurs à courte vue, leur vision s'arrêtant aux limites obtuses de leurs intérêts particuliers?

    Un plan, quoi de mieux pour reprendre le contrôle d'un dévelopement anarchique? Si ce gouvernement le refuse, comment réagirons-nous à cette nouvelle démonstration de laxisme?

  • Martin Prevost - Abonné 28 septembre 2011 22 h 40

    Enfin un peu d'urbanisme

    Depuis l'adoption de la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme, jamais une véritable vision du développement de la région métropolitaine de Montréal n'a été développée et encore moins mise en place. Il faut absolument que la CMM tienne son bout et que le Gouvernement du Québec lui offre le soutien nécessaire.

  • green e-motion - Inscrit 12 octobre 2011 08 h 13

    il est encore temps de se resaisir...

    la maîtrise foncière et la planification : 2 conditions indispensables au développement urbain durable.
    Entre les villes Nord Américaines qui ont laissé faire et celles - toujours les mêmes - citées en exemple pour leur développement urbain maîtrisé (Munich, Stockholm, Copenhague, Stuttgart), l'origine des divergences revient encore et toujours à la question foncière.
    Un territoire incapable de maîtriser son foncier, c'est un peu comme un capitaliste qui ne maîtrise pas son compte en banque. Toute comparaison avec lequel le monde réel n'est bien sûr que pure coïncidence...
    Cette Amérique qui va dans mur va t-elle un jour devenir sage et responsable comme le vieux continent?