Halte à la production porcine!

Le gouvernement du Québec et son ministre de l'Environnement, André Boisclair, sont revenus sur leur position en décrétant la prolongation du moratoire sur la construction de porcheries et en confiant au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) le mandat de proposer un modèle de développement de cette industrie. L'Union des producteurs agricoles s'inquiète de ce recul gouvernemental, alors que les citoyens qui subissent les conséquences des excès de cette industrie s'en réjouissent. Avec raison!

Poussé dans les câbles par la population, le gouvernement du Québec a résisté aux pressions de l'UPA et a allongé de deux ans la durée du moratoire sur la construction de nouvelles porcheries dans les régions du Québec déjà saturées par les épandages abusifs de lisiers, et de 18 mois partout ailleurs.

En revanche, Québec modifie de fond en comble la réglementation de contrôle pour l'entreposage et l'épandage du lisier de porc, confiant à chaque producteur la responsabilité de produire lui-même son plan de fertilisation avec l'aide d'un agronome, une mesure de l'efficacité de laquelle on peut douter.

Il était temps que le gouvernement entende les protestations des citoyens inquiets du développement accéléré et anarchique de la production porcine sur le territoire. Alors que des régions entières sont depuis des années victimes de cette industrie intensive qu'on accuse de polluer l'air, le sol et l'eau, dans plusieurs autres régions où les terres agricoles ne sont pas encore saturées d'engrais, on craint la multiplication des projets de mégaporcheries en quête de lieux d'épandage. Car, qui dit élevage intensif de porcs, dit production de quantités phénoménales de lisier, ces déjections liquides très odorantes, mais riches en phosphore et en azote, utiles pour la croissance des plantes pour autant qu'on ne sature pas le sol, qu'on s'abstienne de l'étendre à proximité des cours d'eau et qu'on le fasse pénétrer rapidement pour éviter tout désagrément.

Il était temps que le gouvernement entende les protestations des citoyens inquiets du développement accéléré et anarchique de la production porcine sur le territoire. Alors que des régions entières sont depuis des années victimes de cette industrie intensive qu'on accuse de polluer l'air, le sol et l'eau, dans plusieurs autres régions où les terres agricoles ne sont pas encore saturées d'engrais, on craint la multiplication des projets de mégaporcheries en quête de lieux d'épandage. Car, qui dit élevage intensif de porcs, dit production de quantités phénoménales de lisier, ces déjections liquides très odorantes, mais riches en phosphore et en azote, utiles pour la croissance des plantes pour autant qu'on ne sature pas le sol, qu'on s'abstienne de l'étendre à proximité des cours d'eau et qu'on le fasse pénétrer rapidement pour éviter tout désagrément.

L'industrie du porc est rentable. Très rentable même pour les grandes entreprises intégrées qui contrôlent toutes les étapes de la production tout en confiant l'élevage à des producteurs sous-traitants. Même quand les prix mondiaux s'effondrent, comme cela s'est produit il y a quelques années, le cheptel augmente grâce au soutien financier des contribuables. L'an dernier, on a abattu sept millions de porcs au Québec, la moitié étant destinée à l'exportation. Pendant ce temps, les citoyens des campagnes et des villages situés à proximité se plaignent de l'odeur insupportable causée par les techniques d'épandage et craignent avec raison la contamination de leur environnement.

L'UPA et la Fédération des producteurs de porcs ont compris qu'elles devaient inviter leurs membres à collaborer pour trouver des solutions, sans pour autant relâcher l'intense pression sur le gouvernement afin qu'il réduise ses propres contrôles au profit d'une approche d'auto-contrôle. Les règlements adoptés la semaine dernière par le gouvernement confirment cette tendance, délaissant le calcul des déjections animales sur une base régionale au profit d'une évaluation ferme par ferme, avec un risque de surpopulation animale dans certaines régions.

Voilà pourquoi la mesure la plus intéressante annoncée la semaine dernière, mis à part la prolongation du moratoire, c'est le mandat confié au BAPE de se pencher sur des modèles de développement souhaitables pour l'avenir. Depuis qu'il a été créé, le BAPE n'a jamais déçu comme organisme voué à la protection de l'environnement. Grâce aux consultations et aux recommandations qui suivront d'ici à 18 mois, les citoyens peuvent enfin avoir l'espoir que, si l'industrie porcine continue de se développer au Québec, ce sera dans le respect de leur milieu de vie.

jrsansfacon@ledevoir.ca