Gilles Vaillancourt - Laval, MA ville

Le ministère des Affaires municipales a entrepris voilà quelques mois des vérifications administratives à Laval dont le résultat pourrait mettre en cause la gestion du maire Gilles Vaillancourt. Les fonctionnaires de ce ministère ne manquent pas de travail. La liste des décisions litigieuses de l'administration Vaillancourt s'allonge chaque mois alors que s'additionnent les révélations des médias.

Cette semaine, c'est notre collègue Kathleen Lévesque qui révèle que le maire Vaillancourt a financé certaines activités préparatoires à la campagne électorale de 2009 à même le budget de recherche et de secrétariat des conseillers municipaux. Plusieurs dizaines de milliers de dollars ont été ainsi utilisés en contravention avec le règlement définissant les modalités d'utilisation de ce budget.

À la mi-juin, c'est Le Journal de Montréal qui publiait une analyse du processus d'appel d'offres pour l'attribution du contrat de gestion des ressources humaines. Les exigences étaient si restrictives qu'il n'y a toujours eu qu'un seul soumissionnaire, toujours le même. La firme d'avocats Dunton-Rainville a ainsi obtenu pour 25 millions de contrats depuis 1999.

Au mois de mai, le Parti québécois interrogeait le gouvernement Charest à propos de l'octroi aux promoteurs du projet Islemère de certificats d'autorisation de construire en milieux humides. Parmi les actionnaires du projet visé se trouvait Giuseppe Borsellino, un proche du maire Vaillancourt. Une enquête de La Presse a récemment établi que M. Borsellino avait acheté au rabais de la Ville de Laval une terre de près d'un million de pieds carrés au prix de 1,20 $ le pied carré en 2004, alors qu'au même moment il payait 2,10 $ le pied carré à des tiers pour des terres voisines à celle acquise de Laval.

Ainsi va la vie à Laval, où les rumeurs de collusion et de copinage visant l'administration Vaillancourt sont sans fin depuis que celui-ci est maire en 1989. Et sans conséquences. Pour passer à un autre appel, il s'agit d'affirmer haut et fort qu'il n'y a pas de relation de cause à effet entre l'octroi de contrats et les liens entretenus par un entrepreneur ou une firme de services professionnels avec le Pro des Lavallois ou avec la Fondation de la famille Vaillancourt ou encore avec le citoyen Gilles Vaillancourt.

Il n'y a jamais rien d'illégal en apparence à Laval, mais jamais on n'est allé vérifier ce qu'il en est. Seule tentative, en 1995 le ministre Guy Chevrette aura nommé un vérificateur externe qui n'avait relevé que quelques cas d'apparence de favoritisme. Ces derniers mois, il aura fallu les révélations d'une tentative de financement illégal de la campagne électorale du député-ministre péquiste Serge Ménard et du député libéral Vincent Auclair pour mettre mal à l'aise le gouvernement Charest. Plutôt que d'accéder aux demandes de mises en tutelle, il a plutôt commodément inscrit Laval dans la liste de la douzaine de villes où les Affaires municipales font des vérifications administratives.

Cette tolérance, qui a été autant celle des péquistes que des libéraux, tient au pouvoir d'influence qu'exerce Gilles Vaillancourt. Laval est SA ville. Il contrôle tout. Tous sont en dette envers lui, surtout les politiciens provinciaux qui ont besoin de lui pour se faire élire. Cette tolérance est abusive. Les lois et les règlements sont faits pour être respectés, à Laval comme ailleurs. On ne peut accepter que Gilles Vaillancourt détourne aussi candidement des budgets de la Ville à des fins partisanes comme cela fut fait en 2009. La candeur n'est pas une excuse pour faire de sa ville un royaume personnel.

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6 commentaires
  • Marcel Bernier - Inscrit 6 juillet 2011 01 h 14

    Une bonne idée serait...

    Que les gens, au Québec, demandent et exigent du gouvernement en place un État de droit (et s'il le faut, que celui-ci regarde autour de lui, la législature de l'Ontario, celles des autres provinces, le gouvernement d'Ottawa, les États au Sud de nos frontières, la France, pour savoir ce qu'il faut faire et ne pas faire).
    Avant de s'aventurer plus avant dans des changements constitutionnels, comme fonder un pays, il serait sage d'établir que nous sommes capables d'agir comme des citoyens et des citoyennes responsables et épris du bien public.

  • Pierre Samuel - Inscrit 6 juillet 2011 08 h 30

    Le sens des mots...

    M. Descôteaux, «candide», dites-vous? A mon avis, vous êtes très magnanime, compte tenu de la teneur de votre éditorial. «Profiteur», à mon avis, serait beaucoup plus approprié..mais lorsque tous les partis à tous les niveaux se sont toujours fermé les yeux, par intérêt, à un moment ou l'autre, «that's the name of the game», comme on dit en bon français, n'est-ce pas?

  • Jean-Claude Archetto - Inscrit 6 juillet 2011 09 h 06

    La pompe à fric.

    Le problème à Laval le fief du roi Vaillancourt et de sa clique de profiteurs est le désintérêt de l'ensemble de la population.
    Quand à peine 33% de la population se déplace pour voter et qu'on a besoin de 15% du vote possible pour régner c'est facile de manipuler une élection.

    Pourquoi Vaillancourt s'en priverait-il ? Alors les Lavallois ont ce qu'il méritent. Un régime où la pompe à fric en place depuis des dizaines d'années fonctionne à plein régime.

  • France Marcotte - Inscrite 6 juillet 2011 13 h 09

    Mais encore?

    On peut concevoir le pouvoir qu,exerce ce petit monarque sur son paradis du centre d'achat et des milieux humides asséchés.
    Mais au-delà?
    "Cette tolérance, qui a été autant celle des péquistes que des libéraux, tient au pouvoir d'influence qu'exerce Gilles Vaillancourt. Laval est SA ville. Il contrôle tout. Tous sont en dette envers lui, surtout les politiciens provinciaux qui ont besoin de lui pour se faire élire."
    En quoi libéraux et péquistes ont-ils besoin de lui en dehors de limites de ce bled?

  • Stéphane Laporte - Abonné 6 juillet 2011 13 h 28

    rien de nouveau sous le soleil

    Les lavalois n'ont que ce qu'il mérite, c'est tout.